Pages de l’histoire chuchotée des Roumains (10)

Les assassinats de Corneille Zelea Codreanu,

des décemvirs et des “nicadori”

ont été faits

sous l’authorité de

 l’Église Orthodoxe Roumaine

et des autres 242 dirigeants légionnaires

sous l’authorité de

l’Armée Roumaine

 

L’Église Orthodoxe Roumaine et l’Armée Roumaine sont deux institutions de base de la Roumanie, elles en se réjouissant, en général, d’une grande confiance parmi la population. et celui qui leur apporte une touche, même avec raison, risque d’être accusé de manque de patriotisme.

Toutefois, lorsque l’Église Orthodoxe Roumaine et l’Armée Roumaine ont intervenu dans la politique, en conduisant même de gouvernements par leurs représentants, de grands prêtres, respectivement, d’officiers supérieurs, se sont enregistré beaucoup de dérapages de l’État de droit.

À cet égard, révélant me semblent deux événements de la période entre les deux guerres, période de grande floraison de la Roumanie, à savoir les événements de la nuit d’entre le 28 et le 29 Novembre 1938, sous le gouvernement du patriarche Miron Cristea (2) (n.a. le président du Conseil des Ministres, dans la période le 30 Mars 1938 – le 31 Janvier 1939), et de la nuit d’entre le 21 et le 22 Septembre 1939, sous le gouvernement  général George Argeşanu (n.a. le président du Conseil des Ministres dans la période le 21 – le 28 Septembre 1939).

Dans le premier cas, Corneille Zelea Codreanu, surnommé Capitaine, ensemble avec les “nicadori” (n.a. “nicador”, au pluriel, “nicadori”, terme formé des premières deux lettres des noms Nicolas, Carincea et Doru; les “nicadori”: les légionnaires Nicolas Constantinescu, Jean Carinca et Doru Belimace) et les décemvirs (n.a. les légionnaires Jean Atanasiu, Bogdan Gavrila, Joseph Bozantan Jean Caratanase, Étienne Curca, Étienne Georgescu, Jean Pele, Grégoire Jean State, Jean Trandafir et Rodolphe Vlad) ont été exécutés parce que, selon la motivation  officielle, ils ont essayer d’évader.

Corneille Zelea Codreanu, né le 13 Septembre 1899, à Husi, avec le nom de  Corneille Zielinski, diplômé d’un lycée militaire et avec d’études en droit, a eu une ascension politique fulminante, dans laquelle le nationalisme, l’orthodoxie, l’anti -communisme, l’anti – sémitisme et le culte de la mort ont joué un rôle principal.

Le 20 mai 1922, il a fondé l’Association des Étudiants Chrétiens, en remplaçant, au même temps l’Association des Étudiants en Droit, dont le président avait arrivé. Au début de l’année académique 1922/1923, en apprennant que ce ne sera plus le service religieux, il s’est barricadé dans un amphithéâtre. Peu de temps après, Corneille Zelea Codreanu a été exmatriculé de l’université. En étant un très bonne connaisseur de la langue allemande à cause  d’Éliza, sa mère, née Brauner, d’origine allemande, il est allé en Allemagne, où il a essayé de poursuivre ses études en droit, mais aussi de commencer un’affaire commerciale. Ainsi il est arrivé de connaître l’activité hors de commun, théâtrale, de parade, d’Adolf Hitler, le nouveau membre du Comité Exécutif du Parti Ouvrier National – Socialiste (n.a. en allemand, “Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei”), également connu sous l’abréviation du Parti Nazi, de la première et la dernière syllabe. Corneille Zelea Codreanu a été tellement impressionné par l’agitation et l’uniforme des Chemise Brunes, une désignation non officielle des Bataillons d’Assault en Allemagne, que, beaucoup plus tard, au mariage du 14 Juin 1925, avec Hélène Ilinoiu, à qui sont venus pour assiter plus de 80.000 personnes, la mariés ont porté sur la  tête une couronne avec svastika.

Le 4 Mars 1923, il a été fondée la  League de la Defense Nationale – Chrétienne, le président en étant élu Alexandre C. Cuza, et Corneille Zelea Codreanu a été chargé responsable de l’organisation du parti au niveau national. L’orientation nationaliste et antisémite du parti a eu l’occasion de s’affirmer  après le 23 Mars 1923, quand s’a fait une modification de l’article 7 de la Constitution, dans le sens que les Juifs existants sur le territoire roumain puissent automatiquement recevoir la citoyenneté roumaine. Alors Corneille Zelea Codreanu a été l’un des principaux agitateurs parmi les étudiants et les organisateurs des manifestations de rue, dans lequelles se sont produits d’affrontements avec la police.

Ultérieurement, le 24 Juin 1927, Corneille Zelea Codreanu, mécontent, il semble, qu’il n’a pas réussi à être élu comme député avec la League de la Defense Nationale – Chrétienne, il s’est détaché de ce parti et a établi la Légion de l’Archange Michel, connue et sous le nom du Mouvement Légionnaire, une organisation paramilitaires, inspirée d’après le modèle des Bataillons d’Assaut de l’Allemagne (n.a. “Sturmabteilung” avec l’accronyme S.A.),  et de l’Escadron de Protection de l’Allemagne (n.a. en allemand “Schutzstaffel” avec l’accronyme S.S., qui a été une sorte de garde prétorienne pour Adolf Hitler).

En 1929, pour des raisons électorales, Corneille Zelea Codreanu a fondé le parti la Garde de Fer, comme une “haie (n.a. «gard» en roumain signifie haie) contre l’expansion communiste.” Le 11 Janvier, 1931, la Garde de Fer a été dissoute par le gouvernement de George G. Mironescu (2) (n.a. a gouverné pendant la période le 10 Octobre 1930 – le 17 Avril 1931), avec Jean Mihalache en tant que ministre de l’Intérieur. Après un procès, à ce  parti a été levé  cette interdiction et, aux élections partielles du 31 Août 1931, Corneille Zelea Codreanu est devenu député de Neamt. Dans ce terme, Corneille Zelea Codreanu a été remarqué par l’attitude prise contre la Loi  de la Conversion Agricole, par laquelle a été proposée la réduction pour les propriétaires fonciers à la moitié les dettes aux banques, il en montrant que, si les paysans avaient une dette moyenne d’environ 30.000 lei, autre “paysans” avaient des dettes de plusieurs millions de lei, comme par exemple, Constantin Argetoianu, avec une dette de 80.000.000 lei, ou bien Nicolas Titulescu, et lui avec une grande dette, de 20.0000.000 de lei, argent emprunté non seulement pour les dépenses agricoles. Quoique ces inégalités, la loi a été approuvée.

Le 17 Mars 1932, la Garde de Fer a été de nouveau dissoute par le gouvernement de Nicolas Iorga (n.a. a gouverné pendant la période le 8 Avril 1931 – le 5 Juin 1932). Encore une fois, le 10 Décembre 1933, la Garde de Fer a été dissoute par le gouvernement de Jean George Duca (n.a.  a gouverné pendant la période le 14 Novembre –  le 29 Décembre 1933).

Dans la même année, le 29 Décembre, en représailles, Jean Geoge Duca a été assassiné par les  “nicadori”, qui se sont rendus aux autorités et ont été arrêtés.

Quatre ans plus tard, le 16 Juillet 1936, les décemvirs ont assassiné leur camarades de parti, Michel Stelescu, qui a été desconspiré qu’a planifié l’assassinat de Corneille Zelea Codreanu, puis, après avoir été pardonné par le Sénat du Mouvement Légionnaire, il a commencé à critiquer durement le même Corneille Zelea Codreanu. Comme les “nicadors”, les décemvirs se sont rendus aux autorités.

Comme une parenthèse, il faut mentionner que bien avant, le 24 Octobre 1924, et Corneille Zelea Codreanu a été accusé de crime, quand il a tiré et a tué Michel Manciu, le préfet de Jassy. Le 25 mai 1925, à la suite du procès, qui a eu lieu à Turnu Severin, Corneille Zelea Codreanu a été acquitté pour la raison de légitime défense, qui lui a valu une grande notoriété dans tout le pays.

Dans la nuit du 29 au 30 Novembre 1938, les 14 légionnaires, le Capitaine, les  “nicadors” et les décemvirs ont été transférés de Ramnicu Sarat à Jilava. Sur la route, ils ont été tués par les gendarmes accompagnants. Au Jilava, leurs cadavres ont été jetés dans une fosse commune et recouverts de chaux et de terre.

Ces horribles assassinats ont été planifiés et exécutés par le gouvernement du patriarche Miron Cristea (2),  c’est-à-dire sous l’authorité  du prélat avec la plus haute fonction de l’Eglise Orthodoxe Roumaine. C’est un exemple malheureux d’ingérence dans la politique de l’Eglise Orthodoxe Roumaine. Il  est révélateure à cet égard et la déclaration du patriarche Miron Cristea, le 27 Février 1938, au cours du premier mandat du gouvernement (n.a. le président du Conseil des Ministres,  dans la période le 11 Février – le 29 Mars 1938), lors de la promulgation de la nouvelle constitution, par laquelle le roi non seulement régnait, mais aussi gouvernait: “Aujourd’hui a été détruite la hydre à 29 têtes électorales (n.a. le nombre de partis), qui ont antagonisé tous sans aucune utilité, au détriment de l’ensemble du pays.”

Il est évident que le blâme pour les exécutions de ces 14 légionnaires n’a pas appartenu seulement au patriarche Miron Cristea, mais aussi à Armand Calinescu,  ministre de l’Intérieur et, dans la plus grande grande partie, au roi Charles II, qui, sous la nouvelle constitution, a été “la tête de l’État”.

Il convient d’ajouter que le roi Charles II a décidé l’assassinat de ces 14 légionnaires, considérés par lui comme les principaux adversaires politiques, après la visite qu’il a fait le 24 Novembre 1938 à Adolf Hitler, à Berchtesgaden. Alora, il a été menacé avec l’annihilation (n.a.  en allemand, “Verninchtung”) parce qu’il a refusé les recommandations provenant du “führer”, parmi lesquelles, la pire pour le roi roumain, d’apporter la Garde de Fer au gouvernement.

Le fait qu’au référendum du 24 Février 1938, de ces 4.303.064 électeurs inscrits pour voter, la nouvelle constitution a été acceptée par 4.297.221 électeurs, a montré un certain appétit des Roumains de ce moment – là pour la dictature, fait expliqué par Émil Cioran ainsi: “La démocratie n’a pas pu faire de la foule ignorante éternelle un facteur actif de l’histoire (…) La foule ahistorique n’a qu’un seul idéal:. la perte de la liberté (inutile). Elle ne veut pas juger, que les autres le fassent et  prennent la responsabilité et, par peur de l’anarchie, elle s’enchante avec la dictature”.

Dans le deuxième cas, 242 dirigeants du Mouvement Légionnaire ont été assassinés, environ 90 pour cent de l’élite légionnaire. Les cadavres de personnes assassinées ont été exposés dans les rues, qu’ils puissent être vus par la population.

Cette réaction horrible, inadmissible  dans un État de droit, a été provoquée par l’assassinat d’Armand Calinescu, le 21 Septembre 1939, par un groupe de légionnaires, dirigé par Miti Dumitrescu, formé de Jean Ionescu, Ovide Isaia, Jean Moldoveanu, George Paraschivescu, César Popescu, Trajan Popescu, Marin Stanciulescu et Jean Vasiliu.

Armand Calinescu, dans le moment de l’assassinat, a été le président du Conseil des Ministres (n.a. le président du Conseil des Ministres au cours de la période le 7 Mars – le 21 Septembre 1939), en cumulant et la position du ministre de la Défense Nationale.

Le même jour, le 21 Septembre 1939, le roi Charles II a nommé le général George Argeşanu en tant que président du Conseil des Ministres, qui est resté en poste seulement une semaine, jusqu’au 28 Septembre.

Les assassins d’Armand Calinescu ont été arrêtés et apportés juste au lieu de la crime, à l’intersection de pont Cotroceni avec la rue Barbu Stirbei, où ils ont été fusillés, et leurs cadavres ont été laissés quelques jours à la vue. Encore 147 dirigeants légionnaires ont été  fusillés,  environ trois dans chacun de 52 “judete” (n.a. “judet”, au pluriel “judete”, unité administrative en Roumanie; la Grande Roumanie a eu 71 judete), dont les cadavres, de même, ont été laissés exposés quelques jours. En outre, 95 légionnaires ont été exécutés en détention.

Il est évident que le blâme pour les exécutions de 242 légionnaires n’a pas appartenu seulement au général George Argeşanu, mais aussi à un autre général, Gabriel Marinescu, ministre de l’Intérieur, et, comme pour les cas des  assassinats de la nuit d’entre le 29 et le 30 Novembre 1938, dans la plus grande grande partie, au roi Carol II, qui, sous la nouvelle constitution a été, comme je l’ai mentionné déjà, “la tête de l’État”.

Les deux nuits, d’entre le 28 et le 29 Novembre 1938, sous le gouvernement  patriarche Miron Cristea (2), et d’entre le 21 et le 22 Septembre 1939, sous le gouvernement général George Argeşanu, ont constitué les pages les plus noires de l’histoire de 22 ans de la Grande Roumanie.

Ces nuits ont jeté une grande tache noire sur la réputation de l’Eglise Orthodoxe Roumaine et de celle de l’Armée Roumaine, surtout parce qu’elles, à l’époque, n’ont pas pris position contre ces crimes.

Par conséquent, de l’implication de l’Eglise Orthodoxe Roumaine et de celle de l’Armée Roumaine dans ces crimes horribles, sans procès, on n’a parlé pas du tout pendant le régime communiste dejisto – ceausiste(n.a. dejiste“, de l’époque de George Gheorghiu – Dej, “ceausiste”,  de l’époque de Nicolas Ceausescu) pour protéger seulement l’Armée Roumaine, laquelle a été utilisée aussi aux buts criminels par Nicolas Ceausescu, dans la répression des manifestations, par exemple, à Timisoara, manifestations commencées le 17 Décembre 1989, quand ont été fusillés 59 martyrs de la révolution.

Dans la période d’après 1989 on parle très peu ou pas du tout, surtout de la part des  authorités au sujet de l’implication de l’Eglise Orthodoxe Roumaine et de celle de l’Armée Roumaine aux crimes horribles pendant la dictature carliste, pour maintenir la confiance de la population dans les deux institutions.

Mais, si nous ne disons pas la vérité au sujet de l’Eglise Orthodoxe Roumaine et de l’Armée Roumaine, qu’elles,  parfois, par l’intermédaire de leurs représentants, ont été utilisées comme d’institutions d’oppression criminelle, nous n’allons pas tirer les renseignements appropriés de l’histoire, nous ne serons pas prêts pour éviter la répétition de l’histoire.

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Pages de l’histoire chuchotée des Roumains”,

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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