Pages de l’histoire chuchotée des Roumains (12)

Bessarab I, le Fondateur de la Valachie,

a eu, très probablement,

et l’origine coumane

 

Notre histoire, des Roumains, nous fournit de données certes que nous avons été dirigés par de chefs d’État d’origine étrangère, de qui on parle bien documenté et unaniment accepté sur  les souverainetés phanariotes dans la Principauté de Moldavie et la Principauté de Valachie (n.a. Pays Roumain), hongroises dans la Principauté de Transylvanie,  les rois allemands en Roumanie.

En échange, s’il y a de voix qui disent que, par exemple, Bessarab I a eu et l’origine coumane, les réactions sont violentes, comme un cri désespéré à quelque chose qui dépasse la limite de supportabilité; j’ai entendu certains respectables mesdames et messieurs, en disant: il nous manque une seule dernière chose,  d’entendre un jour que Bessarab I a été  d’origine rome ou que notre pays, dans son histoire, a été conduit par de Roms (n.a. les Roms sont également connus sous le nom de Gitans)!”

À cet égard, qui ne fait pas partie de cette page de l’histoire chuchotée des Roumains, pour éviter toute confusion entre les Coumans et les Roms, en étant donnée la confusion propagée à l’échelle internationale entre les Roumains et les Roms, la confusion soutenue par de milieux hostiles à la Roumanie, on doit préciser la grande différence: les Coumans sont un peuple d’origine turque, et les Roms – un peuple d’origine hindoue.

Comme une observation personnelle, la plupart des Roumains acceptent les chefs d’État d’ethnie étrangère, mais avec d’origine de l’Ouest, un exemple éloquent étant la victoire dans l’élection présidentielle du 16 Novembre 2014, de Klaus Werner Johannis, le président d’un parti beaucoup moins nombreux, comparé à celui de son contre-candidat, Victor Viorel Ponta.

Le premier des historiens roumains importants, qui s’est saisi de l’origine coumane du nom de Bessarab a été Nicolas Iorga: “Le nom est couman (…)”. Puis, dans la même phrase, Nicolas Iorga a posé une question restée rhétorique pour lui, mais aussi pour de nombreux historiens des générations qui l’ont suivi: ” (…) seulement le nom?”

Il est évident qu’un nom d’origine étrangère ne signifie pas nécessairement que la personne est d’origine étrangère.

Il a suvi Neagu Djuvara, qui a affirmé que Thocomer père de Bessarab I, le Fondateur, a eu et l’origine coumane. Il est aussi connu comme Rodolphe Bessarab ou Rodolphe le Noir, un surnom donné par le peuple en raison de sa peau; la peau de couleur foncée a été confirmée dans les écrits de Miron Costin et de Paul d’Alep. Thocomer peut avoir la traduction “fer dur”, en venant des  termes coumans “toc” et “tamir”, et Bessarab peut provenir des mots coumans “bassar” et “ab”, qui signifie “le père de celui qui dirige”.

Le même Neagu Djuvara a montré que le Monastère Cozia (n.a. consacré le 18 Mai 1338, par Mircea l’Ancien) et le Monastère  Horezu (n.a. consacré le 8 Septembre 1693, par Constantin Brancovan), les plus grandes constructions des descendants de Thocomer, ont de noms coumans, qui signifie “forêt de noyers”, respectivement, “chouette hulotte”. Aussi, Neagu Djuvara, en se basant sur les mentions histoirique comme que dans la victoire à la bataille de Posada, de la période du 9 au 13 Novembre, 1330, contre l’armée de Charles Robert d’Anjou, le roi de Hongrie,   l’armée de Bessarab I a eu le soutien tatar  et que de nombreux dirigeants de la Horde d’Or ont eu d’origine tatare, il est arrivé à la conclusion que cette possible origine tatare de Bessarab I a favorisé les liens du Fondateur de la Valachie avec les Tatars.

L’historien Matei Cazacu, qui j’ai eu l’occasion de le connaître au Salons du Livre à Paris, les éditions de 2014 et de 2015, il en étant toujours inclu dans les programmes élaborés à ces occasions par l’Institut Culturel Roumain de Paris, a critiqué Neagu Djuvara, en arguant  que la “Lex Antiqua Valachorum”, collection de lois et de traditions valaques, par exemple, pour les Gorals en Pologne, les Valaques élissaient leurs dirigeants seulement de leur ethnie. Cependant, en 1291, Thocomer a changé de résidence du Pays de Fagaras, a franchi les Carpates Méridionales (n.a. connues et comme les Alpes de Transylvanie) et “a déscendu du cheval”, c’est à dire qu’il s’est établi à la tête d’une entité étatique avec la résidance dans Campulung, ce qui montre, dans l’opinion de l’historien roumaine à Paris, qu’il ne pouvait pas être d’origine coumane, parce que les locaux, les Valaques ne l’auraient pas elu à ce poste élevé.

La surprise est venue de l’historien Denis Capraroiu, qui a fait les précisions suivantes: 1. Thocomer a obtenu le Pays de Fagaras au détriment de son propriétaire légitime, Ugrinus Csáki, en raison du soutien eu de la part de Ladislas IV, dit Ladislas le Couman (n.a. en hongrois, Kun László; sa mère a été Elizabeth Coumane, en hongrois, Erzsébet Kun), roi de Hongrie dans la période 6 Août 1272  – le 10 Juillet 1290;

2. Après l’assassinat de Ladislas IV, Ugrinus Csáki a demandé sa propriété, et Thocomer, manqué de son protecteur royal, a été contraint de quitter le Pay de Fagaras et est arrivé à Campulung;

3. Aussi en 1290, il est prouvé par de documents qu’il y avait une grande invasion, de l’embouchure du Danube à la mer Noire jusqu’aux Portes de Fer, de la part de la Horde d’Or, à savoir de la part de l’émirat dirigé par Nogaï (n.a. le nom vient de “nohoï”, ce qui signifie en mongol “chien”), l’émir avec la résidence dans la ville danubienne d’Isaccea; cette invasion, très important de mentionner,  a imposé Thocomer en face des chefs des petites formations étatiques valaques comme l’Olténie et le Pays de Hateg. Seulement son fils, Bessarab I, est devenu le souverain d’un État avec ses frontières beaucoup plus proches de celles de la future Valachie, connue à travers l’histoire et Ugro-Valachie ou le Pays Roumain.

Ainsi, tombe l’argument comme que Thocomer, par le fait qu’il, en étant élu dirigeant d’une nouvelle formation étatique, il ne pouvait pas avoir l’origine étrangère, dans ce cas, coumane; en fait, Thocomer a été imposé dans cette position par l’émir Nogaï.

Comme une parenthèse, la méthode de l’émir Nogaï de conduire les territoires envahis par l’intermédiaires de souverains avec d’origines coumanes a été utilisée et une décennie plus tôt, en 1280, quand,  au trône à Tarnovo (n.a. Tarnovo a été la capitale de la Bulgarie), il a imposé George Terter I (n.a. dans l’écriture bulgare, Георги Тертер I, en translittération, Georgi Terter I), apparenté au clan couman Terteroba.

Ainsi, par déduction simple, si par des documents il résulte avec grande probabilité que Thocomer a eu et l’origine coumane, c’est à dire, s’il n’as pas été entièrement Couman, il est provenu au moins d’une symbiose valaquo – coumane, implicitement, son fils, le souverain  Bessarab I, le Fondateur, est provenu au moins d’une symbiose valaquo – coumane.

De symbioses avec une composante coumane à l’origine des souverains ont également été produites à la même époque et chez nos voisins bulgares et hongrois, comme dans le cas des déjà mentionnés George Terter I, respectivement, Ladislas IV.

Je souhaite que cette déduction ne soit pas suivie par de réactions incontrôlées, génératrices de haines personnelles ou d’allusions “métaphoriques” avec de la fusillade, comme on entend parfois depuis  1990 en Roumanie, ou même de faits avec la fusillade, comme a procédé la Police Légionnaire dans la période entre les deux guerres mondiales, qui a, important de mentionner, de nombreux nostalgiques et après la révolution de 1989, police qui a assassiné Nicolas Iorga, le 27 Novembre 1940, celui qui,  entre autres, s’est mis le problème de la possible origine coumane de Thocomer et, implicitement, de Bassarab I.

Patriotisme ne signifie pas que nous enfilions de mensonges sur l’histoire de la nation, mais d’assumer cette histoire et, basés sur les enseignements appris, que nous luttions afin que les événements de l’histoire, qui ne nous conviennent pas, ne se répetènt plus.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Pages de l’histoire chuchotée des Roumains”,

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)

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