Au-delà du Prout et plus loin… (16)

De Bacau à Chisinau

 

     Conférence organisée par l’Université Technique de Moldova, occasion de nombreux rappels. Un voyage de Bacau à Chisinau ne m’a semblait jamais un départ tout à fait vers l’inconnu. Pour la première fois, j’ai traversé la rivière Prout, en 1979, quand la Bessarabie était partie… de “la grande Union Soviétique”.

   Alors, sous l’influence de la propagande de mass – media, je m’attendais à voir de réalisations gigantesques, de grues en s’élevant partout vers le ciel, d’hommes de type  nouveau, en travaillant avec héroïsme et abnégation pour la construction de la plus… entre les régimes sociaux. En tant que “simples citoyens” – j’ai réalisé – les gens étaient préoccupés seulement un peu ou même pas du tout de généralités telles que, par exemple, la victoire du communisme sur le capitalisme, leur intérêt en étant dirigé vers la façon dont on peut gagner un peu de l’argent supplémentaire, par ce qu’on appelle – comme générique – “bisnita” (n.a. en roumain, petite affaire illegale) ou comment évader de “goulag”.

     En ces jours – là, le touriste roumain était bien informé sur les marchandises qui se vendent bien dans U.R.S.S. et qu’est – ce qu’on peut apporter de là – bas pour obtenir un meilleur bénéfice. En 1979, on vendait bien en l’U.R.S.S. de sachettes en plastique, qui, si elles avaient imprimées de beaux dessins, elles arrivaient au prix d’un rouble chacune. En outre, les Soviétiques pour les survêtements de sport synthétiques payaient même cent  roubles.

     …Je me souviens que le départ de. Bacau était fixé à minuit. Dans les yeux de tous les touristes du groupe se lisait le désir de partir le plus rapidement et le soin pour les marchamdises de bagages biens volumineux. Le train international avec de wagons soviétiques est entré dans la gare. J’ai marché sur l’escalier avec le sentiment que j’entre  dans une forteresse. L’emblème de l’U.R.S.S., de l’épaisseur de blindage de tank, les parois avec l’aspects de cuirasse, le vitrage double m’a donné la sûrété que je suis protégé contre les menaces potentielles provenant de l’extérieur, mais aussi le sentiment que je ne peux pas  sortir trop facilement de là – bas. Quand j’ai voulu ouvrir la fenêtre, elle est descendue tant pour sortir une main, dans aucun cas la tête; la précaution du constructeur afin que personne n’évade du train!

     …Bercé par le wagon, en rythme de taca – taca, j’essayé de dormir. Ella avait grimpé dans l’un des lits d’en haut, l’autre en étant occupé par l’épouse du colocataire du compartiment. J’ai éteint la lumière, mais une ampoule envoyait un brouillard ultraviolet just  bon pour dormir et de rêver. Mes pensées sont devenues plus confuse; comme si je battais tam – tam dans un rythme africain, quand j’ai entendu un rugissement d’éléphant. Je suis revenu éffrayé à l’état de réveil. J’ai senti sur ma peau quel est le comble de la malchance dans un voyage de nuit en train: se placer au-dessus d’un bogie et le wagon soit près de la locomotive!

     …Depuis plus d’une heure on stationnait dans la gare d’Ungheni, où on change les bogies. Le temps de voir les Soviétiques en travaillant avec enthousiasme pour construire le communisme – le grand avenir de l’humanité! Pas de chance, cependant: l’un des moteurs du cric qui soulèvait notre wagon a été brûlé. Des bouches des cheminots ont commencé de sortir de jurons en roumain et en russe, signe que nous étions sur le territoire prouto – dniestriean. Finalement, le “problème” a été résolu!

     …On avançait vers Chisinau, sous les yeux paradaient hâtivement de villages comme abandonnés, de champs envahis par de mauvaises herbes, de chadoufs noueux de puits et, de temps en temps, de camions poussiéreux, lesquels sortaient de la fumée noire, comme s’ils avaient de moteurs à charbon.

     …Toc-toc à la porte du compartiment et   un jeune dodu et avec de mouvements lents, de félin, nous a adressé en roumain avec l’accent moldave: “Bon matin!” Il s’est présenté: Mahmoud Saharnii (n.a. Sucré). Ensuite, il nous a  demandé mielleux si nous avons pour vendre de sachettes en plastique. Quand il les a vu, il s’est interessé pour de survêtement de sport. Après il a palpait tous les pantalons sur leur bord intérieur au niveau du talon pour se convaincre qu’ils ne sont pas usés, il a voulu savoir si nous avons des petites boîtes vietnamiennes avec de la baume à base de camphre. Je n’en ai pas. Avec un sourire mince le bizzare marchand soviétique nous a dit qu’il voulait, effectivement, de la baume à base de camphre! Puis, comme pour nous consoler, il a dit qu’il peut nous faire une faveur et acheter la marchandise que nous avions. Mais, le prix offert par lui était moins de la moitié par rapport à celui que nous en connaissions. Un stratagème de négociation à laquelle nous n’avons pas tombé en piége.

     …On est arrivé à la la gare de Chisinau. Dès le quai nous a pris en charge une dizaine de “bisnitari” (n.a.  en roumain, de gens qui s’occupent de petites affaires illegales), surtout de jeunes filles. Autour de l’hôtel “Intourist” où je logeais, les touristes vendaient ses marchandises à la vue. Les militiens faisaient semblant qu’ils ne voyent rien. Les blocs de façade, rangés le long du boulevard Stefan cel Mare (n.a. Étienne le Grand),  cachaient de maisons sordides, en ne pas effaçant l’impression de la ville provinciale. Les habitants étaient habillés très modestement, beaucoup d’entre eux parlaient mieux le russe que le roumain. Toutes les inscriptions publiques rencontrées par moi utilisaient des lettres slaves et les mots étaient russes. Mais nous n’étions tout simplement dans l’empire soviétique, l’invention de Lénine pour que les Russes dominent le monde.

     …Dans la soirée, on nous a offert un dîner avec la dégustation de sept assortiments de vins. Un orchestre de ménétriers ont chanté la “Ballade” de Porumbescu et seulement à ce moment – là j’ai eu la certitude que que l’esprit roumain en Bessarabie, malgré toute opposition des russophiles, est sorti de dessous  du radier opressant des empires tsariste et soviétique, comme une fleur fragile.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Au-delà du Prout et plus loin… ”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)