Au-delà du Prout et plus loin… (19)

De Chisinau à Orhei

 

     Fin de mai, chaleur comme dans un four. L’autocar nous attendait devant la cantine estudiantine. Pas tout le monde avait terminé le déjeuner et, dans l’attente, les universitaires s’abriaient soit dans la fraîcheur produite par l’installation de climatisation du l’autocar, soit à l’ombre de quelques arbres.

     J’ai préféré le siège derrière le chauffeur et j’ai commencé à feuilleter la presse. Ainsi, dans le cotidien “Timpul” (n.a. Le Temps) du 31 mai, à la page 3 on montre qu’un député communiste pas très bon “parleur” de la langue roumaine “a déclaré haut et fort que toute question peut être “régulé” (n.a. jeu de mots en roumain: a regla – réguler; a regula – s’accoupler), en levant la main. Mais la question de la natalité en baisse continue, comme on le sait, on peut pas la résoudre seulement les mains levés”. Dans l’hebdomadaire indépendant “Democratia” (n.a. Le Démocratie) du 30 mai, mon attention a été attirée sur un paragraphe de l’article “Les élections dans le post-colonialisme”, écrit par Valeriu Saharneanu: “Le court retour dans les années ’90 aux valeurs roumaines, à l’historiographie nationale a été étranglé par la récession des otages mentals de l’ancien empire soviétique Depuis le rejet du premier hymne de la République de Moldavie «Éveille – toi, Roumain» jusqu’à la liquidation des «judete» (n.a. judete, en roumain, le nom pour les départements), avec la dénomination roumaine des unités administratives territoriales – tous partie de la même œuvre. garder la Bessarabie dans la zone d’influence russe, à côté de la Transnistrie, où l’occupation coloniale est directe. Soutenus financièrement et logistiquement, les résidus se sont transformés en une force politique, qui en 2001 a pris possession de l’État. Fidéle à la mission qu’elle a, cette force administrée mentalement depuis sept ans insiste sur deux choses: supprimer dans l’enseignement la langue roumaine et l’histoire des Roumains et à construire, polir et conserver soigneusement les monuments du régime colonial par le souci que ceux qui viendront après nous ne vont s’éclaircir qu’ils sont, quelle est leur identité ou de ne pas oublier qui est leur maître”.

     …Enfin, l’autocar a bougé de sa place, est sorti du campus universitaire directement sur la rue Studenţilor (n.a. des Étudiants), à la première intersection a viré vers la droite et est entré dans la Calea Orheiului (n.a. Voie d’Orhei). La route était assez bien parsemée  avec de nids de poule – l’héritage du passé… – pour maintenir l’état de l’éveil à ceux voyageurs, qui auraient préféré une sieste avec un assoupissement au lieu de regarder dans la fuite de l’autocar un paysage relativement plat, poussiéreux, où seules les cerises mûres donnaient de rares taches de  couleur vive.

   …Surprise de proportion! En face des yeux est apparu un paysage qui contraste avec le reliéf de la  Bessarabie, qui a attiré brusquement l’intérêt des enseignants de l’autocar. On était entré dans une vallée profonde et étroite, avec de versants rocheux abrupts, en ayant l’hauteur de plus de 100 mètres, en flanquant le lit d’un ruisseau avec de l’eau cristalline, appelé Raut; comme si je voyait le rocher Lorelei de la vallée du Rhin, multiplié mille fois. Dans ce lieu, le ruisseau contournait un promontoire, en formant une méandre en forme d’épingle à cheveux, avec la longueur d’environ 300 mètres et la largeur à la base de maximum 100 mètres. Encore une surprise: de deltaplanes détachés de versants hauts faisaient de cercles autour du lieu comme de faucons à la recherche de la proie.

     L‘autocar s’est arrêté en face d’un bâtiment sans étage, avec une architecture moderne en béton et en verre, qui abritait le musée “Orheiul Vechi” (n.a. Orhei Vieil). A l’intérieur était exhibités au – dessous du verre d’artefacts réalisés depuis l’âge de pierre.

    La guide nous a invités à la fois en roumain et en russe – pour les universitaires russes et ukrainiens – à monter sur le promontoire avec l’aspect de forteresse naturelle sur une route taillée dans la roche. Après environ une demi-heure d’escalade, on est arrivé près d’une cloche rudimentaire qui marquait le lieu le plus haut du sommet assez plat. Là, j’ai appris que les collines du rivage du ruisseu Raut sont fragments du plateau du calcaire sarmatien. Sur les versants on pouvait voir de traces de tous les périodes du Sarmatien jusqu’à nos jours. Les fouilles archéologiques ont découvert de nombreux vestiges matièrieux de l’histoire de l’humanité, le plus ancien en  étant de l’âge de pierre (n.a. 30.000 av. J.-C.). “Sur les endroits où vous marchez est passé même Dimitrie Cantemir”, est venu avec de details la guide. Puis je suis descendu par un autre trajet, en passant à travers d’une grotte où j’ai vu une petite église, se composant d’un nef, d’un narthex, et même d’un porche. A l’intérieur, un moine vendait de bougies, d’icônes et d’autres objets religieux.

     Quand je l’ai demandé quelle langue il parle, il m’a répondu simplement: roumaine. Le pauvre moine, dans la solitude de la grotte, n’était pas au courant de soi – disant langue moldave, inventée au cours des dernières années par certains “otages mentale de l’ancien empire soviétique”, comme Victor Stepaniuc ou Vasile Stati, l’auteur du “Dictionnaire moldave – roumain”, édité à la commande des  gouvernants communistes de Chisinau.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Au-delà du Prout et plus loin… ”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)