Au-delà du Prout et plus loin… (2)

La fragmentation de la Moldavie

 

     – Chisinau, avec plus de 800.000 habitants, est la plus grande agglomération urbaine de Roumains, après Bucarest, a tenue de m’informer l’universitaireIon Carteputreda.

    – De même comme Bucarest compte le plus grand nombre d’Hongrois, après Budapest, j’ai repondu.

   Ainsi a commencé la conversation que j’ai eu à Chisinau, dans le soi – disant square de la Metropolie, un parc avec une superficie de neuf hectares, traversé par huit allées radiales, bordées d’érables, de sapins, de bouleaux, de sorbiers, de tilleuls, d’ormes et d’autres arbres spécifique à la zone, toutes en menant vers la cathédrale “Naissance du Christ”, d’un blanc éblouissant, identique à celui du clocher d’à côté.

   C’était un matin ensoleillé de mai. Je me suis assis sur un banc situé entre le clocher et l’Arche de la Victoire, avec le dos au soleil. De là, vers le sud-ouest, à une distance d’au moins deux cents mètres, il pouvait voir la statue de Stefan cel Mare si Sfant (n.a. Étienne le Grand et le Saint).

    -Après cinq siècles, les descendants des  descendants du grand souverain vivent dans de différents pays: la Roumanie, la Moldavie et l’Ukraine, m’a rappelé avec de la tristesse le professeur.

    – C’est la triste vérité.

    – L’apogée  de la Moldavie, qui peut être appelé la Grande Moldavie, a été atteint en 1475, après la bataille de Vaslui, quand les Turcs ont été vaincus. Alors, les. frontières de la Moldavie incluaient à l’ouest les Carpates, au sud – Milcov, Chilia et de la mer Noire et à l’est et au nord – Dniestr.

   – La fragmentation de la Grande Moldavie a commencé même pendant le règne de Stefan cel Mare si Sfant, par la perte des citadelles Chilia et Akkerman en 1484, en resultant, le long de siècles, de dizaines de fragments territoriaux, comme de pièces de puzzle. Comment est – ce que s’est produit cette fragmentation?

    – Vous savez avec certitude que dans la ville de Bacau, d’où vous venez, Stefan cel Mare si Sfant a construit en 1481 une cour royale pour son fils Alexandrel, qui devait être souverain sur la terre du Pays de Bas et de partager ainsi le pouvoir avec son père. Alexandrel Voda  (n.a. Voda: title porté par les souverains des pricipautés roumains, title attaché à la fin du nom) a construit en 1491 l’église Precista (n.a. l’Immaculée), mais sa mort prématurée, survenue en 1496, a interrompu l’ascension du jeune prince, qui aurait pu  provoquer une grande fragmentation de la Moldavie.

    – Combien d’enfants a eu Stefan cel Mare si Sfant?

  – Le grand souverain a eu de nombreux enfants légitimes, avec les épouses, et illégitimes, avec ses amantes.

   – Voulez – vous être plus explicite, professeur Carteputreda?

   – Le premier enfant légitime a été Alexandru, fait avec Marusia, la première épouse, qui est décédé très tôt. Ici, il semble que les choses ne sont pas très claires: Alexandru serait, d’après d’autres historiens, le fils d’Evdokia, sa deuxième épouse…

   – Evdokia?

   – Avec Evdokia, la sœur de Simion Olelcovitchi, souverain de Kiev, il a eu certainement deux autres fils: Petru et Bogdan, aussi connu comme Bogdan Vlad, tous deux décédant en 1479…

   – Et puis?

   – Puis, avec Voichita, fille de Radu cel Frumos (n.a. Radu le Beau)…

   – Radu cel Frumos?

   – Oui, Radu cel Frumos,  qui a remporté en 1462 le trône de la Valachie avec l’aide des Turcs, en mettant à l’écart Vlad Tepes (n.a. Vlad l’Empaleur), son frère. Il a été défait par Stefan cel Mare si Sfant  à Soci en 1471 et à Vodna en 1473. Maria, sa femme, et  Voichita, sa fille, ont été amenées comme butin de guerre dans la citadelle de  Suceava par Stefan cel Mare si Sfant. En 1475, après s’est passé son divorce d’avec Maria Mangop…

   – Il me semble que j’ai lu quelque part…

   – Maria Paleologu de Mangop (Marie Paléologue de Mangop), la sœur de Petru Mangop, souverain du principauté Mangop, situé dans le sud de la Crimée, a été prise comme épouse en 1471 par Stefan ce  Mare si Sfant. En 1475, quand cette principauté a été transformée en raïa (n.a. Terittoire habité par de sujets non musulmans, mais gouverné d’après les lois turques), le souverain moldave aurait divorcé de Maria…

    – Surtout parce qu’il semble, qu’il avait Voichita dans la peau…

  – En effet, immédiatement après le divorce, Voichita est devenue la première dame de la Moldavie et a donné à son mari le fils Bogdan, qui est devenu souverain entre 1504 et 1517 sous le nom de Bogdan III, Bogdan cel Chior (Bogdan le Borgne) ou, d’après d’autres historiens, Bogdan Incrucisatul (n.a. Bogdan les Yeux Croches).

  – Mais avec non moins célèbre Maria Rares de Harlau, comment y a – t – il été?

  – À Harlau le souverain “se reposait” après les guerre, comme dit le chroniqueur Grigore Ureche. De cette rélation a résulté un fils illégitime, Petru Rares, qui va devenir souverain en 1527, après son demi-frère Bogdan III et après le fils de celui – ci, Stefan V, aussi connu comme Stefan ce Tanar (n.a. Étienne le Jeune).

  – Pierre Rares a régné jusqu’en 1538, quand, avec le soutien turc, a monté sur le trône Stafan VI, connu aussi sous le nom de Stafan Lacusta (n.a.  Étienne Sauterelle)…

  – Stefan Lacusta était le fils de Alexandrel Voda, dont nous avons parlé. Alors, la Moldavie encore s’est fragmenté, en perdant le Bugeac (n.a. Boudjak) et Tighina.

   – Vous voyez, monsieur Ciucescu, les luttes pour le trône des fils et des petits-fils de Stefan ce Mare şi Sfant, portées avec de sacs pleins d’argent envoyés à la Sublime Porte, ont accentué les “éparpillement” de la Moldavie et son asservissement aux Turcs. Même Petru Rares est redevenu souverain en 1541 après avoir fait don beaucoup d’argent à Istanbul.

   – Monsieur Carteputreda, il est nécessaire de vous rappeler que, toutefois, non les luttes pour le trône entre de fils ou de petits-fils de Stefan ce Mare şi Sfant ont conduit à la perte de la Bucovine le 7 mai 1775 vers l’Empire des Habsbourg ou l’inclusion de la Bessarabie dans les frontières de l’Empire russe, le 28 mai 1812, à la suite de la paix de Bucarest, pour donner deux exemples importants de “la découpe” de le Grand Moldavie.

    J’ai regardé les murs d’un blanc impersonnel de la cathédrale de la Mitropolie de Moldova à Chisinau et j’ai pensé que si elle aurait été construite pendant Petru Rares, celui qui a patronné  la réalisation de fresques extérieures du monastère Voronet, peut – être l’universitaire chisinuean Carteputreda aurait été moins critique envers les enfants légitimes et illégitimes de Stefan cel Mare si Sfant.

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Au-delà du Prout et plus loin… ”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)