Au-delà du Prout et plus loin… (22)

De Tighina à Tiraspol

 

     Il est arrivé de faire un arrêt sur ​​le pont qui relie Tighina de Tiraspol. Plus d’une demi – heure s’était passée et le train n’avait pas bougé de sa place. Au – dessous s’ouvrait un vertigineux abîme, terminé avec la longue langue du Dniestr, qui attentait d’avaler tout ce qui lui tombait sur son chemin. Le temps passait de plus en plus difficilement. À un moment donné, j’ai remarqué sur le rivage occidentale un bastion médiéval, comme lié du pont. Le Transnistrien Mels Iosipovici Moujtchina a tiré une gorgée du liquide avec l’odeur douteuse de vodka de sa gourde aplatie et m’a informé sans enthousiasme:

     – Cet fortresse a été construite par Stefan cel Mare (n.a. Etienne le Grand et le Saint). Puis, en 1538, elle a été conquise par l’armée de Soliman le Magnifique. Actuellement, il est resté seulment ce bastion. En outre, “l’athlète de la chrétienté” a également construit d’autres forteresses sur la rive occidentale du Dniestr, mais aucune plus à l’est, je répète, aucune plus à l’est.

    – Qu’est-ce que voulez – vous dire?

   – Ce fait prouve que la Transnistrie n’a pas appartenu à la Grande Moldavie, c’est à dire à la plus étendue Moldavie, qui a été réalisée par Stefan cel Mare en 1475, après la victoire à Vaslui contre les Turcs.

    – Je suis d’accord avec vous. En outre, la Transnistrie n’a pas appartenue ni à la Grande Roumanie formée sous le règne de Ferdinand I. Mais, quelle est l’histoire de Tiraspol?

    – En l’an 600 avant notre ère, les Grecs de Milet ont installés le long du Dniestr, appelé Tyras, une colonie homonyme. Beaucoup plus tard, en 1792, immédiatement après la Paix d’Jassy, à la suite dequelle l’Empire Ottoman a été contraint de céder les territoires appelés Transnistrie à l’Empire Russe, la tsarine Catherine II a établi un fort appelé en russe “Tiraspol”, qui en grec signifie la Ville du Tyras.

    Pendant ce temps, le train s’est mis en mouvement. Le vieil homme, comme un signe de salut, a terminé d’une gorgée le reste de vodka de la gourde.

   – Pouvez-vous me dire, brièvement, jusqu’on va arriver à Tiraspol, quelle est l’histoire moderne de la République Transnistrienne Moldave?

    – Commençons par 1924, quand, dans le cadre de l’U.R.S.S., a été créé la République Autonome Soviétique Socialiste Moldave aproximativement sur la bande du l’actuel territoire transnistrien, où les Moldaves étaient dans un nombre insignifiant. En 1940, à la suite du Pacte Ribbentrop – Molotov, a été formée la République Soviétique Socialiste Moldave, dans laquelle, outre le territoire de la Transnistrie, a été incluse et une grande partie de la Bessarabie. Après un an, le territoire actuel de la Transnistrie a commencé à être administré par le “conducator” Antonescu, celui qui a ordonné: “Soldats, traverser le Prout” et donc, la Roumanie est arrivée avec la frontière orientale jusqu’au Boug.

    – Je sais qu’alors a été le seul moment où la Transnistrie a été roumaine…

   – Ce que vous pouvez ne pas savoir, m’a interrompu “tavarichtchi” Moujtchina, c’est que dans ces moments – là, le territoire entre le Dniestr et le Boug, à la suite de l’ordre d’Antonescu ont été déportés par trains de milliers de Juifs  et de Tsiganes. Je travaillais sur les chemins de fer et je ne peut pas être contredit dans cette question. Alors et là – bas s’est achevé une partie de ce qu’on appelle l’Holocauste.

     – Et puis! – j’ai voulu changer le sujet embarrassant…

    – En 1944, après le retrait de l’armée roumaine sous la pression de celle soviétique, a été reconstituée, bien sûr, l’ancienne République Soviétique Socialiste Moldave. Comme une paranthèse, entre 1950 et 1952 Léonid Brejnev a été le premier secrétaire dans cette république. Il a le mérite d’avoir fait la collectivisation.

    – Eh bien, passons par – dessus de ça, j’ai évité de discuter en contradictore avec un homme qui… conduisait sous l’influence de la gourde!

    – Le 2 septembre 1990, a été proclamée unilatéralement, dans le cadre de l’U.R.S.S, la  République Soviétique Socialiste Transnistrienne, séparée de la République Soviétique Socialiste Moldave, mais Gorbatchev s’est opposé.

      – S’est opposé?

     – Oui, malheureusement. S’il n’aurait pas été contre, puis, en 1991, lorsque l’URSS a été dissoute, nous serions restés une république ex-soviétique comme toutes les autres. Maintenant, notre république aurait été depuis longtemps reconnue par l’O.N.U.

     – Et puis…

   – Les événements sont mieux connus, en étant plus récentes. Un an plus tard, le 27 août 1991, a été  proclamée l’indépendance de la République de Moldavie, en ayant dans sa composition et le territoire transnistrien. Le 2 mars 1992, l’O.N.U. a reconnu les frontières actuelles de la République de Moldovie. Immédiatement après ça a commencé la guerre entre Chisinau et Tiraspol. Le 21 juillet 1992 a atteint un cessez-le-feu. Les frontières ne se sont pas changées, mais nous avons le droit de nous séparer dans le cas d’une union entre la Moldavie et la Roumanie.

     – En quoi consiste l’économie de la République Transnistrienne Moldave?

   – Notre république, bien que très petite, produit plus de 40 pour cent du PIB de la République de Moldovie. Nous exportons, principalement, d’armes.

    – Directement ou par de sociétés intermédiaires, derrière lesquelles les politiciens peuvent sucer à la mamelle publique?

     – À cette question savent répondre les chefs de  Moscou et de Tiraspol.

     – Est – ce que vous êtes convaincu de la vérité de ce que vous avez dit?

     –  Je vous réponds en paraphrasant un vieil dicton latin: “in… vodka veritas”.

    …J’ai parcouru la distance Tighina – Tiraspol en une heure, avec un retard de 50 minutes. Je n’étais pas faché J’ai eu le temps de converser avec un Transnistrien. En outre, j’ai appris une version russe d’un vieil dicton latin.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Au-delà du Prout et plus loin… ”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)