Au-delà du Prout et plus loin… (28)

Le palais de Livadia

 

    …L’autocar est entré à Livadia, une banlieue de la station balnéo – climatérique  Yalta. La ville semblait un immense parc parsemé de petites agglomérations de maisons de vacances, de villas, d’hôtels et d’autres bâtiments. On est arrivé à un parking en face de l’imposant (par les 15 étages) hôtel “Yalta”, l’un des symboles de la Crimée, semblable par l’architecture avec l’hôtel “Perla” (n.a. Perle) à Mamaia. À même pas plus d’un kilomètre on voyait “morskii vakzal” (n.a. gare maritime), un  bâtiment de verre et de béton, situé sur un promontoire artificiel, entré profondément dans la mer. Tous les passagers se sont descendus à l’exception du Moscovite, le déjà bien connu Joseph Vissarionovitch Tasklivii, qui ronflait dans les bras de sa femme Gaspodstvouiouchtchia, en serrant contre la poitrine la bouteille de “Stalinskaia”, laquelle il a réussi à la vider dans les premiers 60 kilomètres de la distance entre Sébastopol et Yalta.

     Après un quart d’heure de montée avec un microbus de transport local, on est arrivés devant le palais de Livadia, où entre le 4 et le 11 février 1945 a eu lieu le soi – disant Conférence de Yalta entre Churchill, Roosevelt et Staline. L’universitaire Taras Hryvnitchouk était bourré d’informations:

     – En 1894, Nicolas II a hérité ce palais, qui était presque une ruine. Il a décidé de construire l’un nouveau. Il a confié la conception et la mise en œuvre du nouveau palais à Nikolaï Petrovitch Krasnov, un architecte de Yalta. Les travaux ont commencé le 23 avril 1910, le jour du nom de la tsarine Alexandra Fiodorovna, et a pris fin le 15 septembre 1911. Le style est de la Renaissance italienne avec d’influences arabes, byzantines et gothiques.

     – Que pouvez-vous me dire à propos du clocher?

     – “Zvonitsa” (n.a. Clocher) et “Krestovozdvijenskaïa tserkovi” (n.a. l’église de l’Ascension du Christ) ont été construites dans le style byzantin. Ici s’est converti du catholicisme à l’orthodoxie russe  Alexandra Fiodorovna, quand elle était fiancée avec  le tsar Nicolas II. Satisfé par les l’information, j’ai changé le sujet:

    – Le 23 août 1939, par le Pacte Ribbentrop – Molotov, le bolchevisme russe et le national – socialisme allemand semblaient avoir donné leurs mains pour dominer le monde. Par conséquent, au 1er septembre 1939, Hitler a ordonné l’attaque sur la Pologne, en l’occupant en 26 jours sans opérations militaires majeures, malgré le fait qu’au  3 septembre la France et la Grande-Bretagne ont déclaré la guerre à l’Allemagne, raison pour laquelle cette opération a été appelée “drôle de guerre”. Après même pas une année, le 22 juin 1941, Hitler a violé ce traité, en entrant dans l’Union Soviétique, en commençant ce qu’il a pensé que sera “blitz krieg” (n.a. guerre éclair).

    – Hitler a été imité par Antonescu, le vôtre, “conducatorul”,  l’equivalent en roumain du “führer”, est intervenu malicieusement l’Ukrainien.

     – En effet, le 22 juin 1941, “conducatorul” Antonescu a prononcé une suite de paroles, restées célèbres: “Soldats, je vous ordonne: traversez le Prout, écrasez l’ennemi de l’est et du nord, libérez du joug rouge du bolchevisme nos frères envahis!”

    – Bien, mais pourquoi Antonescu,  après il a libéré les Bessarabiens de la dictature de Staline, ne s’est pas arrêté au Dniestre et a avancé jusqu’ici, dans la Crimée, et encore plus loin, jusqu’au montagnes du Caucase et même au coude du Don? a insisté le Kiévien.

     – Tout d’abord, parce que le “führer” Hitler n’aurait pas accepté cette décision, il en étant conscient qu’il avait besoin d’un soutien militaire des pays de l’Axe. Deuxièmement, Antonescu avait assermenté à Berlin, avait donné sa parole d’officier, qu’il serait soumis inconditionnellement à Hitler. Troisièmement, la dynastie de Hohenzollern aurait été posée dans une situation au moins embarrassante, compte tenu de son origine, de trahir pour la deuxième fois la cause allemande, après celle de la Première Guerre Mondiale.

     …On est entré dans le palais de Livadia par la “tsarskaïa ajidatelinaïa” (n.a. la salle de réception du tsar), où ont eu lieu les “dernières Cènes”, auxquelles ont participé Churchill, Roosevelt et Staline. Le mobilier se résumait à une petite table ronde de bois de noix et à trois chaises. Où est-ce qu’a été assis l’interprète? Staline savait l’anglais?

     …On se préparait pour visiter “Belii paradnii zal” (n.a. la salle blanche de gala), où ont négocié les membres des délégations des trois grands Alliés (les États-Unis, la Grande – Bretagne et l’U.R.S.S.) et où a eu lieu la cène festive de la fin de conférence. Les deux colonnes de marbre de l’entrée lui  donnait un air solennel. A l’intérieur, j’ai vu une salle assez grande pour avoir place une table avec 30 chaises sur chaque côté long et cinq chaises sur chaque côté court; en tout 70 chaises. Près des parois du côté long il y avait une file de 30 chaises, de sorte qu’au total, la salle avait 130 chaises. Le Kiévien savait beaucoup de détails:

     – S’il vous plaît, notez que sur les parois du côté long sont six fenêtres voûtées dans le style des fenêtres de la salle appelée “sala del maggior consiglio” (n.a. salle du grand conseil), aussi connue sous le nom de “sala dei cinquecento” (n.a. salle de cinq cents) du “palazzo ducale” (n.a. palais ducale), aussi connu comme le “palazzo dei dogi” (n.a. palais des doges). En outre, le chandelier dans le milieu de la salle est en verre de Venise.

     Mais ce que ne savait pas à me dire Taras Hryvnitchouk a été le lieu de Livadia où entre le 29 septembre et le 11 octobre 1876 a été conclu l’Accord russo – roumain,  suivi par la Convention signée le 16 avril 1877 à Bucarest, qui ont permis le passage des troupes russes sur le territoire de la Roumanie en cas d’une guerre avec l’Empire Ottoman, dans le respect de l’intégrité territoriale de la Roumanie. Ni le guide n’avait pas connaissance de ça…

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Au-delà du Prout et plus loin… ”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)