Au-delà du Prout et plus loin… (30)

Le palais Massandra

 

     La station station balnéo – climatérique  Yalta  signifie une bande étroite, de pas plus de dix kilomètres, comprise entre les montagnes de Crimée et le bord sud de la mer Noire, à environ 50 kilomètres de long, qui offre de surprises à chaque tournant. Une de ces joies a été le palais Massandra, situé dans une banlieue est de Yalta.

     …Je me dirigeai vers l’autocar parqué devant l’hotel Yalta, ensemble avec Taras Hryvnitchouk et d’autres universitaires. Dans l’autocar, nous avons appris que nous sommes en retard et qu’il n’est plus du temps de visiter  le palais Massandra et la vinothèque Massandra, mais seulement l’un des deux objectifs touristiques. À ma grande surprise et à celle du Kiévien Taras Hryvnitchouk, le professeur moscovite Iosif Vissarionovitch Tasklivii (n.a. Nostalgique) avait disparu, après que nous l’avons laissé sur le siège d’avant dans un prolongé sommeil éthylique. Les choses se sont éclaircies quand nous avons appris qu’il a quitté l’autocar, accompagné par sa camarade de vie Gaspodstvouiouchtchia.

     On avait seulement trois heures avant le départ de l’autocar vers Sébastopol. Il était 4 heure de l’après – midi et dans  le parking se sentait une grande crise de l’ombre. Par conséquent, ensemble avec Taras Hryvnitchouk, nous avons choisi les trottoirs situés à l’abri de la cime des arbres et nous nous sommes dirigés vers la station de minibus. De là on devait monter vers le palais Massandra.

     …On avançait sur l’une des deux allées latérales arquées, qui menaient à l’entrée principale du palais Massandra. Un bâtiment relativement petit pour un palais, chaulé à la couleur du moutarde, avec de bords blancs aux fenêtres et aux portes, s’érigeait sur une surface plane, dépourvue d’arbres. Le toit avait de formes sans lesquelles , il semble, on a investi plus de fantaisie que pour le reste du bâtiment. Au-delà des hauts murs, qui bordent le palais, se trouvait une forêt dense.

     – À partir de 1922, depuis il est devenu secrétaire général de Central Central du Parti Communiste de l’Union Soviétique, Staline a transformé le palais Massandra dans sa résidence de vacances en Crimée, a completé Taras Hryvnitchouk le bulletin informatif!

     – Donc, au cours de la Conférence de Yalta, Staline avait des rêves sur l’organisation de l’Europe après la guerre dans l’un des lits de ce palais, et le matin il essayais de les mettre en œuvre, ce qui a réussi dans la plupart des cas en face de l’opposition de l’homme mâché de maladie de Roosevelt et de bonhomme avec le cigare dans le coin de la bouche de Churchill.

     On est arrivé en face des marches en arc, disposées en deux rangées de l’entrée principale; par l’escalier de gauche on montait, par celui de droite on descendait. Nous sommes entrés disciplinés, avec de nombreux autres touristes, il m’a semblé, en l’esprit de casérne, de troupeau, instauré par Staline. L’intérieur – les murs, les meubles –  était dominé par la couleur sanglante,  appelée “krasnii oktiabri” (l’octobre rouge) par les bolcheviks, c’est à dire le mois d’octobre 1917, lorsque il y a eu “Velikaia Oktiabriskaïa Sotsialistitcheskaïa Revoliutsia” (n.a. la Grande Révolution Socialiste d’Octobre). La guide, une dame relativement âgée, qui jetait de regards aciérés vers les touristes qui ne restaient pas groupés, a donné pressée -euh, s’approchait l’heure de la fin du programme – d’informations en russe, que je n’ai pas compris grand chose. Heureusement, j’avais à côté de moi le Kiévien, qui a fait un résumé dans la langue – disait – il – moldave:

    – En 1889, à la commande d’Alexandre III, qui a vécu entre 1845 et 1894 et est devenu tsar entre 1881 et 1894, s’est fini la construction de ce palais. Il a été un grand ami et admirateur de la France, ce qui explique pourquoi il a signé une alliance avec ce pays en 1891. En étant un si grand francophone, Alexandre III a voulu que ce palais se ressemble à ceux de la vallée de la Loire. Par conséquent, on observe  que le palais Massandra a été construit dans le style baroque, en ayant quelques détails de Renaissance. En outre, le jardin derrière le palais a beaucoup de similitudes avec le palais de Versailles, seulement que, par comparaison, il a de dimensions lilliputiennes.

     On a traversé le palais et on est arrivé sur la terrasse de derrière. De là, on avait le panorama de tout le jardin. En effet, j’ai distingué une fontaine artesienne comme à  Versailles, ainsi qu’un mur en arc, duquel jaillissait de l’eau par la bouche de lions de pierre. Je voulais descendre de la terrasse pour mieux voir chaque statue ou ornement floral, mais le collègue ukrainien me rappelle qu’il n’y a plus de temps:

    – “Pachli?” (n.a. Partons?)

  …Nous sommes arrivés dans l’autocar quelques minutes avant l’heure de départ. Aucune trace de passagers. Taras Hryvnitchouk  a eu une conversation avec le chauffeur, après quoi il m’a dit:

     – Les autres collègues sont parti à la vinothèque  Massandra, donc on pourrait s’attarder.

    Durant une heure l’autocar s’est rempli. Tout le monde est venu en taxi. Le dernier arrivé a été le freluquet Joseph Vissarionovitch Tasklivii, qui est monté dans l’autocar soutenu aux aisselles par sa puissante femme. Après avoir été assis sur son siège, j’ai été surpris de voir que les vapeurs d’alcool faisaient le collègue moscovite plus inspiré, parce que, parmi ses grognements, j’ai  distingués quelques mots prononcés à plusieurs reprises, mais en français:

     – “Muscat rosé” de Hourzouf avec d’évocations de mûres.

    – Le “Muscat rosé” est un assortiment de vin obtenu dans les célèbres vignes d’autour du cap Hourzouf, m’a éclairés l’universitaire kiévien.

    Enfin, l’autocar s’est mis en marche sou la route du retour à Sébastopol. Je me rappelais ce qui s’est passé et je vivais la petite satisfaction du touriste qui a achevé son objectif: j’ai vu les lieux vus où ont été hébergés Churchill, Roosevelt et Staline lors de la Conférence de Yalta. En outre, j’ai peut-être appris, par la bouche de l’universitaire moscovite, Iosif Vissarionovitch Tasklivii, quel vin ont bu dans la période comprise entre 4 et 11 février 1945 les trois protagonistes, qui ont décidé le sort du monde pendant près d’un demi –  siècle, jusqu’à la Conférence de Malte.

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Au-delà du Prout et plus loin… ”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)