Au-delà du Prout et plus loin… (33)

La mentalité des Russes de la Sibérie

 

     Kourgan est une ville de Sibérie, à une distance de 150 kilomètres des montagnes de l’Oural et 1700 kilomètres de Moscou. Ici, en 1982, on a permis au docteur Gavriil Abramovich Ilizarov d’appliquer sa méthode à grande échelle, qui porte son nom, en construisant un édifice ultra moderne pour “Vsiosaïouznii Kourganskii Tsentr «Vastanavitelinaïa Travmatologuia i Ortopedia»” (n.a. Centre Unionale  Scientifique à Kurgan “Traumatologie réparatrice et orthopédie”).

     Kourgan est une metropole sibérienne qui a bénéficié du développement hâtif à la suite du déménagement précipité  des usines militaires par – dessus les montagnes d’Oural en raison de défaillances de l’armée rouge dans la première partie de la Deuxième Guerre Mondiale. Les blocs de logements construits alors ressemblent comme les dortoirs de brique d’une garnison. Se promener à travers certains quartiers de Kurgan signifie de respirer un peu de l’atmosphère soviétiques de la années 40 du XXème siècle. Les habitants ont une mentalité dépassée, parce que leur isolement au cours du Rideau de Fer a été maximale, en tenant compte des distances énormes jusqu’à la frontière la plus proche.

     En étant forcé à passer la période août 1988 – avril 1989 à ce l’hôpital, où mon fils Edy a été hospitalisé, j’ai eu l’occasion de connaître assez bien, je pense, la Russie intérieure et ce que le Russe pense.

   En ce qui concerne la politique de Moscou dans l’espace de l’est du Prout ont fait de nombreux commentaires dans les médias en Roumanie, mais aucune n’est pas partie de la mentalité des Russes ordinaires, qui par leur nombre peuvent incliner décisivement  la balance du résultat de “vibori”, comme on dit aux “élections” dans la langue de Pouchkine et, implicitement la  structure du parlement.

     Comme la plus grande partie de la mentalité roumaine a été formé, en particulier, en commençant par les années de  le règne de Stefan ce Mare si Sfant (n.a. Etienne le Grand et le Saint), Vlad Tepes (n.a. Vlad l’Empaleur) ou Mihai Viteazul (n.a. Michel le Brave), de même, les  particularités de la pensée des Russes ont leur origine,  principalement, dans les périodes des souverains Ivan III Vassilievitch (n.a. 1462-1505), Ivan le Terrible (n.a. 1533-1584) et Pierre le Grand (n.a. 1682-1725). Le désir de ces chefs d’Etat a été l’une impériale, d’élargir le territoire  du grand – duché de Moscou, respectivement, de la Russie jusquà la mer Baltique, la mer Noire, l’océan Pacifique et même plus loin, et de russifier la population locale. Les Russes sont fiers même de nos jours d’avoir un pays si étendus, dans lequel le soleil  se couche à Vladivostok et se lève à Kaliningrad. Ils savent et admettent qu’ils ont été “okoupanti” (n.a. occupants), qu’ils ont pris par la force armée de pays et de territoires, mais ils considèrent que dans nos jours ne peuvent pas laisser sans protection la population russophone d’entre les fontiéres des anciens empires tsariste et soviètique.

    En passant, beaucoup de Russes sibériens aiment  vivre en paix, sans événements spéciaux dans l’intervalle entre deux ivresses. Les groupes de “pianiie” (n.a. ivres) se constituent à la maison, chez l’un d’eux, depuis vendredi soir et durent jusqu’à dimanche après-midi. On consomme de la vodka, mais surtout “samagon”, boisson spiritueuse obtenue par la fermentation de betterave. L’hôte auquel j’était locataire, était un vétéran de la guerre en Afghanistan. En raison de l’habitude d’être “pianii adin raz  nedeliu” (n.a ivre une fois par semaine), sa femme l’a quitté avec l’enfant. Pour la faire changer d’avis, il a tenté, en vain de se suicider dans la présence de sa femme, mais, en étant ivre, il n’a pas tiré dans le cœur, mais l’épaule gauche, en provoquant la paralysie de la main respective. En ce qui concerne l’appartement qu’il venait d’acheter de l’Etat, il me disait souvent, par l’effet de halo de la fierté du Russe vivant dans un pays comme un continent: “Eta moïa territoria” (n.a. Celui – ci est mon territoire). Quand il arrivait dans un état ​​d’ébriété avancé, disait: “Le désir des ennemis que l’U.R.S.S. soit réduire aux dimensions de la Place Rouge à Moscou ne va s’achêver jamais!”

     Les Russes sont très fiers, et il semble naturel, pour leurs faits d’armes. Par exemple, à propos de “Velikaïa Otecestvennaïa Voïna” (n.a. Grande Guerre de Défense), une connaissance de Sibérie m’a dit: “(…) Nous avons défait les Allemands quoique, au début, il étais un fusil à deux soldats. On attentait de. mourir certains d’entre nous d’avoir une arme à feu. (…) Nous avons vaincu parce que nous étions habillés en de vestes matelassé bien avec de l’ouate, qui nous ont protégé contre les gelée terribles, tandis que les Allemands étaient habilles mince, d’été, comme pour un “blitz – Krieg” (n.a. guerre éclair), mais ils ont été pris par l’hiver dans le coude du Don”.

     En ce qui concerne le démembrement de l’Union Soviétique, la plupart des gens, avec qui j’ai parlé, considerent Mikhaïl Gorbatchev comme un “izmennik” (n.a traître). De même, pour eux c’est normale la politique de Moscou  de maintenir de troupes en Transnistrie et en Crimée.

     Une autre caractéristique des Russes sibérieens c’est qu’ils n’aiment pas de reculer. Par exemple, s’il arrive qu’il y a agglomération dans un moyen de transport en commun, ils s’infiltrent “vperiod” (n.a. en avant), même s’ils doivent se plier au niveau de genoux des autres passagers, avec le risque d’arracher les boutons des manteaux, même si c’était plus facile de faire un ou deux pas en arrière.

      À ce qui concerne les Roumains, les Russes n’ont pas une bonne impression. Ils souvent utilisent, même si nous sommes d’accord, l’expression “Rumini – kurvi” (n.a. Roumains – putains), en faisant ainsi allusion à une certaine incohérence politique étrangère de notre pays au cours des années…

     Compte tenu de ces aspects de la mentalité des Russes, il est à attendre que les dirigeants du Kremlin vont suivre, encore, la volonté de la plupart de l’électorat: de ne  pas changer la poltique volontiers, mais par la nécessité,  en accord, tant que possible, avec les grandes pôles de puissance, les États-Unis et de l’U.E. Le fait que la Roumanie est membre O.T.A.N.. et le fait qu’elle va joindre le groupe d’élite des pays européens constituent d’atouts qui vont changer au fil du temps la mentalité des Russes et, implicitement,  la politique de Moscou sur la zone géographique à l’est de la rivière Prout et, même, plus loin…

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Au-delà du Prout et plus loin… ”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)