La Grèce du capricieux enamouré, Zeus (13)

Homère – le nom générique

de certains poètes anonymes?

    À Athènes, du mai jusqu’au septembre, les valeures maximales de la température dépassent presque chaque jour 30 degrés Celsius, de sorte que, entre les heures de 14 et 18 la plupart des établissements commerciaux sont fermés. D’exceptions à cette règle font, d’abord, les tavernes du vieux quartier, le mieux préservé – Plaka, où de nombreux habitants et les touristes prennent une sieste prolongée, boivent un boisson “frappé” et, en regardant le massif de roche nue, dans le sommet duquel reste coincé “Akropolis” (n.a. La Ville d’en Haut), ils essayent d’imaginer les constructions intactes de marbre, comme ils ont été à l’époque de Périclès, le chef du Parti démocratique (n.a. 490-429 av.J.-C.), le réconstructeur de l’Acropole.

    16.00 heures. Chaleur typique athénienne. On est arrivé  à  une terrasse d’une une taverne dans le quartier de Plaka. On a choisi la double ombre d’un platane et d’un parasol. À un verre de thé glacé, à côté de moi étaient assis Ella, ainsi qu’Apostrophel Gramaiticu, Acribicel Piochlecescu et Sophistoc Blanchenuit.

    – Messieurs professeurs, a commencé l’étudiant, dans “L’Iliade” et “L’Odyssée” il y a de nombreuses inexactitudes.

       – Vous pouvez venir avec un exemple? est intervenu encourageant le philologue Gramaiticu.

   – Par exemple, je lis de “L’Odyssée”, le chant III, les vers 1 et 2: “Le soleil, abandonnant la mer majestueuse, s’élevait dans le ciel à la voûte d’airain”.

      – Monsieur Blanchenuit, en fait, qu’est-que c’est l’airain? Je me sentais obligé, en tant que spécialiste des matériaux, de faire un éclaircissement.

      – L’airain est… à propos de notre grand poète, Mihai Eminescu: “Si on passe les forêts d’airain”…

     – L’airain vient du terme latin “aeramen”, qui signifie “cuivre”, a pris la parole le philologue, légèrement irrité, de la bouche de jeune interlocuteur. En grec, ce terme est appelé “halkos”.

     – Continuez votre idée, monsieur Blanchenuit, j’ai essayé de ramener la discussion sur un chemin un peu plus paisible…

    – D’autre part, le chant XVII, vers 755, le ciel est fait de fer, et je cite: “Jusqu’au ciel de fer (…)”. En appliquant un syllogisme, nous concluons que les deux œuvres ont été écrites par différents poètes.

      – Vous pouvez nous dites d’abord ce qui est le syllogisme? le philologue universitaire a encouragé le jeune lancinant.

      – Le syllogisme a été révélé par le philosophe grec Aristote, qui a vécu entre 384 et 322 avant Jésus-Christ. Le syllogisme est un type de raisonnement déductif, composé de trois raisonnements: 1) la prémisse majeure, qui contient le prédicat de la conclusion; 2) la prémisse mineure, qui contient le sujet de la conclusion; 3) la conclusion, qui est déduite de la majeure par la mineur. Il existe aussi le terme moyen, qui apparaisse dans les prémisse, mais pas dans la conclusion. Par exemple: 1) Si tous les hommes sont mortels; 2) si tous les Grecs sont des hommes, 3) donc, tous les Grecs sont mortels.

     – Réponse exceptionnelle! Mais, dites-moi, quel est le syllogisme dans le cas en question?

    – J’ai pensé au syllogisme suivant: 1) Si un poète ne peut pas faire des comparaisons avec des matériaux  inconnus dans l’époque dans lesquelle il a vécu, 2) si le poète Homère a vécu dans l’âge du bronze, 3) donc, Homère ne pouvait pas faire des comparaisons avec le fer qui n’a pas existé dans l’âge du bronze. En d’autres termes, le vers 755 du chant XVII n’a pas été écrit par Homère, il a été ajouté plus tard, par quelqu’un d’autre.

   – Le syllogisme entendu me semble à être un sophysme, parce que la principale prémisse est fausse, Homère a vécu, très probabilement, entre le IXème et VIIIème siècles avant Jésus-Christ, quand certains Européens étaient déjà entré dans  l’âge du fer, a précisé l’historien Piochlecescu. Il est vrai, cependant, que la civilisation décrite dans “L’Iliade” et “L’Odyssée” est du bronze, même au début de cette période, lorsque le traitement des matériaux métalliques se limitait au cuivre et non à ses alliages: les bronzes ou les laitons.

  – Cependant, la soi-disant “question homérique”,  de la paternité des deux poèmes  existe même aujourd’hui, a souligné le philologue universitaire. La conclusion audacieuse que le “L’Iliade” et “L’Odyssée” sont des œuvres de différents poètes est apparue même aux anciens Grecs, par exemple, Zenodotes philosophe d’Ephèse, qui a vécu au IIIème siècle avant Jésus-Christ.  Il est l’auteur de l’édition critique d’Alexandrie des épopées homériques, en étant l’initiateur du groupe appelé en grec “horizontes”, en signifiant “séparateurs”. Ce groupe a été critiqué depuis l’antiquité, par exemple, Aristarque de Samothrace, qui a veçu dans le IIème siècle avant Jésus-Christ. En 1715, le dramaturge français François d’Aubignac a supposé qu’Homère est le nom générique d’une pléiade de poètes privés de la vue, qui parcouraient les anciennes foires de Grèce et gagnaient leur vie en improvisant de légendes. Ensuite, ces légendes transmises oralement ont été “cousue” à l’initiative de Peisistrates, le tyran d’Athènes entre 560 et 527 avant Jésus-Christ. En 1795, Friederich August Wolf a publié le livre “Prolegomena ad Homerum, sive de operum Homericorum prisca et genuina forma variisque mutationibus et probabili ratione emendandi” dans lequel les deux épopées sont présentées comme de groupes de chants composés par de poètes anonymes. Le comble de la critique a  été apporté par les Allemands. En 1916, Ulrich von Wilamowitz-Moellendorf dans “Die Ilias und Homère” a déclaré que “L’Iliade” est un “travail de compilation”. Albert Fick dans son livre “Die Entstehung der Odyssee”, publié en 1910, n’a pas hésité à écrire que “L’Odyssée” est un “crime contre l’intelligence.”

    – Oh… c’est trop! s’est exclamé Blanchenuit. Critiquer Homère d’une telle mannière m’énerve aussi beaucoup comme l’impertinence des désacralisateurs de Mihai Eminescu. Point!…

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“La Grèce du capricieux enamouré, Zeus”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)