La Grèce du capricieux enamouré, Zeus (14)

Le Mont Olympe et le mythe

de la naissance de Zeus

     Je m’attendais à ce que, en voyant le Mont Olympe par le hublot de l’avion, j’aurais la sensation de regarder à travers le trou de la serrure dans le harem d’un sultan ottoman, tellement de dépravée était la vie de Zeus, à ma perception, après avoir lu, dans ma jeunesse, les deux volumes “Les légendes d’Olympe” d’Alexandru Mitru.

      J’étais dans une course “charter” vers l’île de Crète. A côté de moi, sur la même rangée, étaient alignés le petit-fils Stefanel, le fils Edi, la belle-fille Nico et ma femme Ella. Le pilote avait choisi la distance la plus courte entre Bucarest et Héraklion. Le ciel sans nuages faisait la visibilité maximale​​. On traversait le Danube – une large ceinture, assortie pour les dames aux yeux bleus – et je me préparais à survoler par-dessus l’endroit  des dieux: le Mont Olympe, qui en grec est écrit “Oros Olimpos” et est lit “Oros Olimbos”. J’étais émotioné comme avant de rencontrer de v.i.p. et, pour me detendre, j’ai commencé à feuilleter certains “aventures solitaires” de celui qui a été Octavian Paler: “À travers un trou dans les nuages, j’ai vu le sommet chauve, solitaire d’Olympe. J’avait peur de ne pas rater ce moment-là, quand je volais au-dessus les dieux, que, de trop de concentration, je me suis troublé. Jusqu’ à  je me suis revenu à moi-même, le mont sacré des Grecs est resté derrière moi… s’il en était. Je ne suis plus sûr que c’était une montagne qui pourrait être l’Olympe.”

      Une voix familière a retenti à mes oreilles:

     – Monsieur le professeur, arrêtez de lire et regardez par le hublot le Mont Olympe!

    …Le moment culminant – Mont Olympe – du vol est passé. Je n’ai vu que le verte des forêts de conifères parsemé de taches noires produites par les incendies et, plus haut, le rouge des oxydes de fer de quelques crêtes nues, dont l’un devrait être la plus élevée – Mitikas, avec ses 2917 mètres. J’ai été désagréablement impressionné, déçu, par un relief  brûlé par le soleil, tourmenté, dans un  état incipient de transformation en poussière du désert, semblable avec celui des Montagnes Atlas du Maghreb, sans l’auréole divine des dieux.

     …Le professeur Piochlecescu nous a posé une question, comme ça, pour faire passer le temps:

     – Où est-ce que Zeus est né, qui sait?

     – Sur le Mont Olympe, évidemment, s’est empressé  à répondre monsieur Blanchnuit.

     – Cible ratée. Zeus est né et a grandi, en cachet, sur l’île de la Crète. Ces faits constituent l’un des nombreux mythes merveilleux de la Grèce antique. Désirez-vous que je vous le dise?

     – Oui, il a été entendu sur plusieurs octaves.

    – Comme je le disais dans une autre discussion, Cronos a castré son père Ouranos, qui a fui, en maudissant son fils d’avoir le même sort que le sien. Puis Cronos a éliberé de Tartare ses frères et sœurs. Comme une récompense, Cronos a été élu leur chef. En arrivant dirigeant, Cronos a épousé sa sœur – Rhéa.

   – Inceste! a crié une voix bien connue.

  – Il n’est pas le seul dans la mythologie grecque. Par exemple, les Titans Hypérion et Théia, en ayant comme parents Ouranos et Gaïa, ont eu trois fils: Hélios – le soleil, Séléné – la lune, et Eos – l’Aurore. Continuons avec la naissance de Zeus. Cronos et Rhéa ont eu trois fils: Hadès, Poséidon, Zeus, et trois filles: Hestia, Déméter, Héra. En ayant peur d’avoir le même destin avec son père, Cronos a décidé de se débarrasser de sa progéniture, non par leur emprisonnement, mais par leur avalement. Rhéa, désespéré, en étant pregnante pour la sixième fois, a décidé d’accoucher dans le secret. Il a fui vers l’île de Crète, en étant accompagné par la grande-mère Gaïa. Là, dans la grotte Diktia du mont Dikti ou dans la grotte Ida du mont Ida – vous voyez,  les opinions sont partagées – Rhéa a né Zeus. Puis,  Rhéa, après avoir laissé l’enfant aux soins des nymphes Ida et Adrasteia – les filles du roi de Crète,  est retourné au Mont Olympe et a utilisé une astuce: il a donné à Cronos une pierre enveloppée un lange, en disant qu’il est le bébé. Cronos, pressé, a ouvert sa bouche et a avalé sans mâcher la bouchée, sans se rendre compte de la supercherie.

    – Comment a été nourri Zeus, si sa mère, Rhéa, n’était pas avec lui?

   – Très bonne question! Les deux nymphes lui ont porté Zeus sur le mont Ida, riche en pâturages, où elles avaient beaucoup de chèvres, dont l’une, nommée Amalthée, a donné un lait magique. Zeus a mangé du lait de chèvre et a grandi dans une année comme d’autres dans une vingtaine. Une fois, en jouant avec Amalthée, le futur souverain de l’Olympe a cassé à elle une corne. Pour la compenser, en quelque sorte, pour la mutilation, Zeus a fait un miracle: la corne en cause est devenu éternellement rempli de fruits. La chèvre mangeait les bonnes choses de corne, et celle-là était remplie sur place. Depuis lors, la corne a été appelé la corne d’abondance et est devenu un symbole de richesse non seulement aux Grecs, mais aussi aux Romains. La peau de chèvre Amalthée était miraculeuse, elle ne povant être percée par les armes du temps: de flèches, de lances ou d’épées, de sorte qu’elle a été utilisée par la déesse Athéna pour faire son propre bouclier.

    – Je comprends ce qui s’est passé à la peau de chèvre Amalthée. Mais la corne d’abondance se trouve encore sur l’île de Crète, dans un musée?

    – Nous espérons trouver une réplique de l’abondance dans le restaurant de l’hôtel avec un buffet “all inclusive”, a conclu Piochlecescu sa conférence, rassasié lui aussi,  certainement, de tant d’histoires…

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“La Grèce du capricieux enamouré, Zeus”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)