La Grèce du capricieux enamouré, Zeus (28)

Les Roumaines émigrées du ferryboat

vers l’île de Corfou et…

Héraclès – le fruit de l’amour de

Zeus  avec Alcmène

 

Le ferryboat, qui nous a emmené d’Igoumenitsa à Kérkyra, le principal port de l’île homonyme, également appelée Corfou, j’ai écouté l’histoire de deux femmes roumaines en quête de travail saisonnier en Grèce et le mythe érotique Zeus et d’Alcmène.

La grande majorité des habitants à Igoumenitsa, ville sans station de chemin de fer, s’occupent – paradoxalement – avec le transport de personnes et de marchandises! Le port, situé dans le golfe d’Igoumenitsa, défendu par un barrage naturel – le pic Igoumenitsa de hauteur d’environ 100 mètres – est la plus grande source d’emploi, suivie par la pêche, le tourisme et l’artisanat.

On est entré en Igoumenitsa par la route européenne E92, qui passe devant le port et continue son trajet au bord de mer vers Ioannina – la résidence administrative de l’Épire. L’autocar est entré au quai principal du port – une surface d’asphalte énorme avec l’aspect d’un pont de porte- avion, et s’est encadré dans une file d’attente formée à côté d’un ferryboat. En attendant, j’ai regardé tout autour et j’ai vu les nouveaux immeubles, imposants sur la falaise, les bâtiments bas de l’administration portuaire, le sommet avec de versants abrupts et boisés, situé vis-à-vis, et beaucoup plus loin, la bouche pas trop large du golf d’Igoumenitsa. Je me suis approché d’un paneau avec l’horaire des bateaux. J’ai appris que d’Igoumenitsa on peut partir vers les îles Ioniennes – Kérkyra (Corfou), Paxos, Antipaxos, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zante, mais aussi vers certains ports en Italie: Brindisi, Bari, Ancône et Venise.

…La dernière amarre a été levée et on est parti vers Corfou. Du salon avec bar, protégé avec de hublots contre le courant d’air provoqué par le mouvement à grande vitesse du ferryboat, je regardait le golf, de forme approximativement semi-circulaire, avec un diamètre d’environ cinq kilomètres. À côté de notre groupe de touristes, étaient assises sur de canapés deux femmes, qui se ressemlaient très bien entre elles, une d’environ 30 ans, avec de rondeurs formées, l’autres – beaucoup plus jeune, mince, un enfant. Elles n’étaient pas particulièrement belles, mais avaient une chevelure rousse, un front haut et de grands yeux, verts, penseurs. Sur le nez et les pommettes une pléiade de taches de rousseur. Le visage pâle et fatigué. Ils ont pris une position de détente, avec les paumes de la main assises tendues sur les genoux. Seuls les doigts raclaient parfois les jeans. Elles dressaient les oreilles, signe qu’elles comprennaient roumain. Acribicel Piochlecescu juste avait commencé le mythe érotique de Zeus et d’Alcmène:

– Le fruit de cette aventure a été nommé Héraclès. Qui n’a pas entendu parler d’Héraclès, comme les Grecs l’ont appelé, ou d’Hercules, comme l’ont appelé plus tard, les Romains? Il était à la fois héros et dieu, et son statut demeure une source de débat. Il a fait de nombreux actes de bravoure, dont 12 soi – disant travaux, ainsi que,  finalement, il a gagné l’immortalité parmi les dieux de l’Olympe.

– Comme je le disais, Zeus a pensé d’avoir avec Alcmène un fils courageux. Électryon, roi de Mycènes, a été assiégé par Ptérélas, roi des Téléboéens. Quand Ptérélas a décidé de se retirer, il a pris avec lui les troupeaux d’Électryon. Alors Électryon a désigné Amphitryon, le fils de son frère, Alcée, comme roi à sa place. En plus, Électryon a promis qu’il va donner Alcmène à Amphitryon comme épouse, mais après que son futur beau-fils va récupérer les troupeaux pris par Ptérélas. Ainsi Amphitryon est allé après Ptérélas. Pendant ce temps, Zeus s’est déguisé et est entré dans la chambre d’Alcmène, en disant qu’il a réussi à récupérer les troupeaux. Alcmène, sans s’en douter, a embrassé son futur mari.

– Embrassement de lequel Alcmène est tombée enceinte! a tiré l’étudiant une conclusion bruyante.

– Il en est. Le lendemain est venu le vrai Amphitryon, aussi vainqeur, il ne sachant pas qu’Alcmène a passé une nuit avec Zeus. Puis, neuf mois plus tard, les jumeaux sont nés, à une différence d’un jour: le premier était Héraclès, fils de Zeus, et le second – Iphiclès, fils d’Amphitryon.

– Intéressant mythe! a crié l’étudiant.

– Ce mythe a un continuation aussi intéressante. Hera ne voyait pas d’un bon œil la nouvelle progéniture de son mari. Alors , une nuit, elle a envoyé deux serpents pour tuer le bébé pendant qu’il dormait avec son demi-frère. Mais Héraclès, avec une force qui va devenir proverbiale – herculéenne – les  a capturé et les a serré jusqu’à leur mort. Quand Héraclès a marié Mégare, il avait déjà quatre enfants. Héra  a envoyé Mania, la déesse de la folie, pour que Mégare tue ses enfants, ce qui s’est passé.

– À un tel mari, comme Zeus, une telle femme, comme Hera! a crié l’étudiant.

– Si vous me permettez, je suis entré dans  la discussion, pour qu’elle ne se chauffe pas trop, je peux vous énumerer les 12 travaux exécutés avec une grande habileté et courage par Héraclès, comme je l’ai les mentionnés dans le livre “Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”, je cite de mémoire: “1) il a étranglé le lion de Némée; 2) il a tué l’hydre de Lerne; 3) il a capturé vivant le sanglier d’Érymanthe; 4) il a pris en courant la biche de Cérynie de la  déesse de la chasse Artémis, identifiée dans la mythologie romaine comme Diane; 5) il a tué à la fléche les oiseaux du lac Stymphale; 6) il a dressé le taureau crétois envoyé par Poséidon, dieu de la mer, identifié dans la mythologie romaine comme Neptune, contre Minos, le roi de Crète; 7) il a tué Diomède, roi de Thrace, qui a nourri ses chevaux avec d’hommes; 8) il a vaincu les Amazones et a pris la ceinture magique de leur reine, Hippolyte; 9) il a nettoyé les écuries énormes laissées sales pendant 30 ans, d’Augias, roi d’Élide, en déviant le cours du fleuve Alfée; 10) il a lutté et a tué Géryon, en prenant ses bœufs; 11) il a cueilli les pommes d’or du jardin des Hespérides, en tuant le dragon qui les gardait; 12) il a mis en chaînes Cerbère, le chien à trois têtes, qui gardait les portes des terres d’Hadès, dieu des Enfers”.

…Il a commencé une conversation  entre le groupe de touristes et les deux Roumaines. J’ai découvert qu’elles étaient cousines​​, qu’elles s’appelaient Emigrantiana Journalieru et Fugacette Lepauvre et qu’elles étaient d’un village près de Bacau. La première, plus grande, venait pour la quatrième fois dans l’île de Corfou à travailler dans la saison touristique – à partir du début du mai jusqu’à la fin d’octobre. Pour la petite soeur tout était nouveau: le train pour Bucarest, la sortie de Roumanie à Otopeni, l’avion vers Athènes, l’autocar jusqu’à Igoumenitsa, le ferryboat; elle voulait s’engager au patron de sa sœur.

– Je travaille de sept heures à dix heures à la maison du propriétaire et, puis, jusqu’à deux heures dans la nuit à l’auberge, nous a révélé à voix oppressée, Emigrantiana. Après six mois de travail en Grèce, je reviens à la maison morte de fatigue.

– Pourriez-vous nous dire combien vous gagnez par mois? a demandé l’étudiant .

– Je mange et dors à la taverne, et à la main je reçois 1.000 euros.

– C’est bien.

– Mais vous savez que le sac de ciment en Roumanie coûte plus à la campagne qu’à la ville?

– Oh! Vous voulez construire une maison? j’ai interrompu.

– Oui, je suis marié, j’ai deux filles à  élever.

– Avez-vous appris le grec? était intéressé l’étudiant.

– Oui, très bien.

– Alors, je vous prie de traduire les noms suivants: Apostrophel Gramaticu.

– Apostrofaki Grammatiki.

– Mais Acribicel Piochlecescu.

– Acrivisaki Papagalismos.

– Merci beaucoup. La traduction du dernier nom de famille me semble très suggestive.

– Pourquoi?

– Parce qu’elle suggére la manière d’enseignement et d’évaluation utilisée par de nombreux enseignants d’enseignement scolaire et universitaire.

– Vous exagérez, monsieur l’étudiant! j’ai interrompu.

– À propos, allons, s’il vous plaît, nous détendre avec une blague, a proposé, à la surprise générale, Fugacette Lepauvre.

– S’il vous plaît.

– Je suis un étudiant de deuxième année à l’une des universités de Bacau, je ne donne pas son nom, pour ne faire de la publicité gratuite. Parmi certains de mes collègues court la blague suivante: “Un monsieur va chez le médecin, qui lui demande: «Vous parlez parfois dans le sommeil?» La réponse du patient: «Non, mais parfois, il m’arrive que je parle, et ceux autour de moi dorment.» Le médecin reste sans réplique. Le patient explique: «Je suis professeur universitaire”.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“La Grèce du capricieux enamouré, Zeus”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)