La Grèce du capricieux enamouré, Zeus (6)

Le stade des Jeux  Pythiens de Delphes

     Delphes est célèbre aussi pour les Jeux Pythiens, que les Grecs les ont organisé en mémoire de la lutte du dieu Apollon avec le dragon Python.

     On est arrivé au milieu de l’amphithéâtre, qui fait également partie du Sanctuaire d’Apollon. Au niveau des semelles se trouvaiet le sommet de la seule colonne du Temple d’Apollon, à quelle a été conservé le chapiteau. Au loin, les eaux du golfe de Corinthe brillaient comme un réflecteur avec une lentille bleue d’ultramarine dans le décor vert olivâtre du mont Parnasse. Est-ce, vraiment, la fameuse lumière grecque? L’amphithéâtre – une construction avec tous les  éléments de l’ancien théâtre grec, semblait peu touché par le passage de millénaires et de pilleurs.

     – Comme on le voit, l’amphithéâtre est semi-circulaire, avec 35 escaliers, huit voies d’accès et sept secteurs. La pierre utilisée est blanche, obtenue à partir de l’une des nombreuses carrières du mont Parnasse. Il a été construit au IVème siècle et élargi dans l’an 159 avant J.-C. Ici on peut prendre place 5000 spectateurs.

     …Après une montée sur un chemin sinueux, plusieurs centaines de mètres de long, on est arrivés au stade. Le magister Piochlecescu a ajouté:

     – Les festivités des Jeux Pythiens duraient sept jours. Dans le premier jour, trois taureaux étaient sacrifiés après quoi il y avait un spectacle d’une drame religieux, en ayant  comme sujet l’extermination du dragon Python par Apollon. Dans le deuxième jour avait lieu  une grande procession à laquelle participaient de prêtres, de représentants des villes et d’athlètes. Tous apportaient d’offrandes au dieu Apollon. On partait de la face de l’édifice du Trésor des Athéniens et on montait sur la  Voie Sacrée jusququ’au plateau de l’entrée du temple d’Apollon, où avait lieu une hécatombe, la sacrifice d’une centaine d’animaux. Pendant les Jeux Pythiens on sacrifiait seulement de taureaux. Le troisième jour on organisait un vrai régal,  où on mangait de la viande provenue du sacrifice d’animaux, pour obtenir la puissance divine contenue dans elle.

     – Faisons un calcul, est intervenu Sophistoc Blanchenuit. Si un taureau a 300 kilogrammes de viande, signifie un montant total de 30 tonnes de rôti. En considérant qu’une personne consomme une demi-kilogrammes de viande, on resulte qu’on pourraient distribuer 60.000 portions. En divisant par six, on peut estimer que pour la période qui reste des Jeux Pythiens étaient disponibles 10.000 portions par jour. Il s’ensuit qu’aux Jeux Pythiens environs 5.000 participants pouvaient manger barbecue – “souflaki”, comme disent les Grecs – deux fois par jour.

     – Ce que vous dites semble être un sophisme.

     – Sophisme?

    – Sophisme est apparemment un raisonnement correct, mais qui part d’une fausse prémisse. A l’origine, dans la Grèce antique, les sophistes étaient des professeurs de rhétorique et de philosophie. Plus tard, certains d’entre eux  sont venus à dire que n’importe quoi peut être à la fois vrai et faux, que toute opinion peut être soutenue ou réfutée. Parmi les plus célèbres sophistes sont Antiphon, Gorgios, Hippias, Prodicos et Protagoras.

     – Mon prénom aurait signifier un sophiste plus petit?

     – Ou un “stock” de “sophia”, qui en grec signifie “sagesse”.

     – Quelle aurait être la prémisse erronée dans ce cas?

     – Comment pourrait-elle résister la viande plusieurs jours sans s’altérer?

     – Revenons aux Jeux Pythiens, suggérai-je.

  – Au quatrième jour ont eu lieu de concours lyriques – d’hymnes dediés à Apollon, ainsi que  de dramatiques – de tragédies ou de comédies. Le cinquième et le sixième jours ont été consacrés à des compétitions sportives, qui ont eu lieu dans le stade.

   …On est arrivé à la triple entrée dans le stade, bordée par quatre colonnes massives. Professeur Piochlecescu a repris le rôle préféré:

     – La longueur du stade est de 178,35 mètres et la largeur – de 25,5 mètres. Les tribunes en pierre ont été faites beaucoup plus tard, au cours de l’empereur romain Hadrien, qui a régné entre les années 117 et 138, qui a été le fils adoptif de Trajan. La capacité du stade atteint 7.000 places. Les compétitions sportives comprennaient essentiellement des épreuves de course, gymnastique, boxe, lutte, hypisme, courses de  chariots tirés par deux ou quatre chevaux.

     …J’ai marché sur la piste de course. Le jeune Blanchenuit  m’a surpris, en m’invitant à une competition sur une longueur du stade. Avec quelle frénésie j’aurais reçu le défi! Moi, qui a fait de performances au niveau national, médaillé de bronze en saut à la perche lors du juniorat, que je refuse le contact avec la piste de course? Avec grand regret, j’ai refusé poliment, en invoquant les 62 ans et la cardiopathie ischémique – ma maladie de gourmand.

     …Je suis monté dans la fraîcheur  de l’autocar. En attendant le départ, j’ai décidé de lire un fragment des “aventures” d’Octave Paler: “Nous nous réunissons tous en haut, sur le plateau, dans les «tribunes» du stade, où ont eu lieu les Jeux Delphiens. Ici l’herbe est verte, non enrougie par les intemperies de l’automne et brille doucement. Je ne peut pas résister à la tentation d’essayer une «course». Je veut voir si je résiste  courir jusqu’à  la fin du stade et retour. Le bessarabien Leo Butnaru, beaucoup plus jeune, me provoque au concurs.  J’accepte, même si, en prenant compte de la différence d’âge, je sais à l’avance quel sera le résultat. J’arrive le deuxième, évidemment, mais je suis content qu’à 68 ans, je peux encore courir quelques centaines de mètres sans faire un arrêt cardiaque.” Etc… etc…

      …J’ai arrêté de lire. Non sans regret, j’ai admis que j’ai été battu à la “belle écriture” de celui qui a été… Même dans la longévité sportive…

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“La Grèce du capricieux enamouré, Zeus”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)