Le vieil homme et la Cuba (10)

Une promesse non tenue,

un départ définitif,

une résidence nationalisée,

un suicide (2)

 

       …Le premier jour passé entièrement à Cuba, un vendredi, après j’avais fini “the city tour of Havana”,  l’autocar m’a déposé à l’hôtel à 14 heures 30. J’étais avec monsieur Fideloso, ma connaissance du matin de ce jour. Dans notre esprit persistait la determination de nous faire du temps et pour  visiter Finca Vigia. Noua avons commandé un taxi à la réception de l’hôtel. Après une demi-heure est venu l’un, avec l’excuse qu’il avait un pneu crevé. Le chauffeur s’appelait Camilo Cienladrónes, en français Centvoleurs. Il n’avait rien à voir avec la famille du révolutionnaire Camilo Cienfuegos, dont le nom de famille en français est Centfugitifs. Il était un mulâtre âgé,  escogriffe, mince comme la planche, avec les lèvres bleutées, de fumeur impénitent, avec un regard vif, de l’homme qui ne souffre pas d’être contredit. Il nous a demandé 50 pesos convertibles pour un total de 30 kilomètres  allez – retour. Monsieur Fideloso n’a pas voulu négocier, mais moi, après j’ai proposé 30, on est arrivé à 40 pesos convertibles, c’est-à-dire 40 euros; une petite fortune pour un Cubain! L’exigence était d’arriver au musée, au plus tard à 15 heures 30.

     Si dans la zone centrale de la ville l’asphalte se montrait tant bien que mal civilisé, dans les banlieues les fosses nous ont accueilli partout. Le chauffeur a expliqué en espagnol et monsieur Fideloso a traduit pour moi avec les adaptations nécessaires:

     – L’asphalte du centre est réparé avec du bitume obtenu du pétrole en provenance du Venezuela de Hugo Rafael Chavez Frias, et maintenant de Nicolás Maduro. Nous importons de ce pays ami 8.000.000 de tonnes de pétrole chaque année. Nous envoyons de médecins au Venezuela. Il s’agit d’un troc. L’asphalte de la périphérie est préparé avec du bitume des temps des Soviétiques. Dès lors, il a été réparé de façon sporadique. À  cette époque – là, nous exportions vers U.R.S.S. près de 3.000.000 de tonnes de canne à sucre et environ 1.000.000 tonnes de pamplemousse et de là nous importions 18.000.000 de tonnes de pétrole au prix, dont nous l’avons traité partiellement les raffineries à La Havane, 9.000.000 de tonnes, et à Cienfuegos, 4.000.000 de tonnes. Avec les milliards de dollars obtenus de la vente de l’essence, Cuba a exporté la révolution communiste en Amérique Latine, comme le Chili, la Colombie, El Salvador, la Nicaragua, ainsi qu’en Afrique, comme l’Angola, l’Ethiopie, le Mozambique.

     – J’ai passé l’hiver d’entre les anées 1988 et 1989 en Sibérie occidentale et je peux confirmer que presque toutes les magasins alimentaires de type “Gastronom” ou “Magasin central universel” avaient un récipient cubique de métal, avec le côté d’environ un mètre, maintenu constamment plein avec de pamplemousses importés de la Cuba.

    – La production de sucre a atteint 10.000.000 de tonnes, l’agriculture était devenu presque une monoculture. Le manque de main-d’œuvre a fait qu’une grande partie de la population urbaine soit forcée de travailler dans les plantations de canne à sucre.

     – “¿Cuántos taxistas están en Cuba?”, j’ai posé une question en espagnol, qui est bien sortie, paraît-il, parce que monsieur Camello a réagi immédiatement, et j’ai écouté traduction en roumain de mon guide chiliano – canadien:

     – Avant le 1er janvier 1959, à Cuba, d’environ 10.000.000 de personnes, il y avait environ 1.000.000 de chauffeurs de taxi, à côté d’un nombre égal de millionnaires en dollars et de même nombre de prostituées. Actuellement chiffres ont été modifiés plus ou moins de 20 pour cent, à l’exception des millionnaires.

     – “¿Cuántos millionarios, ahora?” (n.a. Combien de millionaires, maintenant?) a été une autre question venue de moi, aussi en espagnol, après que j’ai  pris du courage.

     – On a volé de l’État autant que je pense que maintenant les nomenklaturistes avec de l’ancienetté  sont arrivés millionnaires en dollars. Ils sont des milliers.

    – “¿Cual es la marca de vuestro coche descapotable?” (n.a.  Quelle est la marque  de votre voiture décapotable?) j’ai changé le sujet, la réponse en étant l’un que j’attendais.

      – Ma voiture est une “Oldsmobile” 1957, à qui j’ai adapté un moteur “Peugeot” 404. Les plaquettes de frein sont chinoises, moins chers. Pour les taxis à Cuba, il est important d’avoir la carrosserie américaines, d’époque; le reste ne se voit pas. Très populaires sont les marques déposées de “Chevrolet Bel Air” 1957 ou “Ford Crown Victoria” en 1956, indiférentement si sont ou non décapotables.

    …Le taxi s’est arrêté. On était arrivé à une porte d’une clôture blanche, de béton et planches de bois, envahie par la végétation tropicale multicolore, toujours fleurie. J’ai eu l’impression que je suis en face d’une résidence avec parc, dont le propriétaire est parti depuis longtemps de la maison. Sur le poteau gauche, une plaquette de bronze nous a avertis avec de lettres à peine visibles: “MUSEO HEMINGWAY FINCA VIGIA”. On est entré par la porte en taxi. Après quelques mètres, nous nous sommes arrêtés de nouveau. D’une guérite est sortie une employée en tenu de rue, qui nous a remis en mains par la fenêtre ouverte du taxi deux billets pour quatre pesos convertibles chacun. Le taxi a roulé encore quelques dizaines de mètres, en montant jusqu’à un parking. Nous avons dû s’incliner pour proteger la tête contre les branches audacieuses, venues du parc, une sorte de jungle en développement, dans laquel j’ai distingué de ficus aussi grand comme les noyer, un arbre flamme (delonix regia) fleuri avant la saison, avec de fleurs rouges, de feu, de palmiers royals (l’arbre national de Cuba), le piquant acacia (senegalia greggii), répandu partout, et beaucoup d’autres arbres inconnus pour moi, entourés de lianes.

      De là, nous sommes arrivés à l’entrée principale de la maison, prevue avec un porche, à qui on arrive en montant cinq marches. Surprise! La porte était toute grande ouverte, mais l’accès à l’intérieur était… bloqué par un cordon épais que la main, d’un rouge criard, détachable, en ayant les extrémités avec un crochet pour s’accrocher de cadre de la porte. Le guide Euridiciónito a oublié de me dire ce détail la nuit avant! Peut-être qu’il n’a pas voulu de me décourager. Finalement, je n’ai pas regretté la visite. Du large balcon situé sur les deux côtés de la maison, nous avons pu regarder à l’intérieur et par quelques autres portes ouvertes, mais enfermérs avec le cordon de rigueur, ou par des grandes fenêtres si basses, qu’une personne de taille moyenne, s’il montait assez la jambe, il aurait pu marcher à l’intérieur. Dans des endroits stratégiques restait une employée en uniforme, blouse de la couleur du ciel serein et mini-jupe bleu foncé, qui surveillait que personne n’entre pas, en mettant de côté le cordon d’une porte ou… simplement, en faisant un pas par – dessus le cadre d’une fenêtre.

      Une jeune, de celles qui surveillait que personne n’entre dans la maison, s’est approché et a commencé à parler avec nous. Elle parlait anglais approximativement, en mélangant avec beaucoup d’espagnol. J’ai appris que son nom est Linda Peligrosa et… comme si rien n’est par hasard dans la vie! Qu’elle étais belle j’ai compri du premier regard, mais et dangeureuse j’ai trouvé quand, après qu’elle s’est offerte de nous donner quelques explications, nous mis la condition que nous lui fassions un “little present”.  Moi et monsieur Fideloso, après un court moment, tant pour  se regarder dans les yeux, nous avons convenu que “señorita” soit notre guide, bien sûr, pas pour rien.

     Nous sommes arrivés à une fenêtre de la maison et Linda Peligrosa est entré dans le rôle, monsieur Fideloso en me traduisant en roumain:

      – Voici la “sala principal” (n.a. pièce principale), où est le feuteuil préféré d’Ernest Hemingway, à côté d’un mini-bar. Sur les murs, vous pouvez voir quatre peintures de taureaux; elles sont réalisées par le peintre espagnol Roberto Domingo.

     …À une autre fenêtre:

    – Dans cette pièce, appelée “cuarto de trabajo” (n.a. cabinet de travail), vous pouvez voir la machine à écrire “Corona” no. 3.

      – “Corona” no. 3? j’ai demandé pour obtenir plus de détails.

   – Ernest Hemingway a reçu comme cadeau cette machine de couleur rouge just le jour de son anniversaire, le 22 juillet 1921, de la part de sa fiancée, Elizabeth Hadley Richardson. La cifre 3 indique qu’il est le troisième modèle dans l’ordre chronologique. Il est tombé amoureux tellement de cette “Corona”, qu’il lui a dédié un poème. Est – ce que vous voulez que je voua la dise?

     J’ai hoché affirmativement la tête, en même temps avec monsieur Fideloso.

     – Je vais lire en anglais, de mon petit carnet:

“The mills of the gods grind slowly;

But this mill

Chatters in mechanical staccato,

Ugly short infantry of the mind,

Advancing over difficult terrain,

Make this Corona

Their gattling gun.”

(n.a. “Les moulins de dieux broient lentement;

Mais ce moulin

Bavarde en staccato mécanique,

Moche infantery légère dans l’esprit,

En avançant sur un terrain difficile,

Fait de cette Corona

Leur mitrailleuse.”)

     – Bravooo! je me suis écrié à l’unisson avec monsieur Fideloso.

   – Dans cette pièce, Ernest Hemingway a terminé “Pour qui sonne le glas”, un roman publié en 1940. De même ici a été rédigé de début à la fin du roman “Au-delà du fleuve et les arbres.” Et surtout, ici a été écrit “Le vieil homme et la mer”, un roman publié en 1952, pour lequel il a reçu le prix Pulitzer en 1953 et le Prix Nobel de littérature en 1954. Quand Ernest Hemingway entraitdans cette pièce pour travailler, dans toute la résidence devait  être un silence absolu

     …Encore une fenêtre:

    – Dans le “estudio” (n.a. studio) Ernest Hemingway n’a pas utilisé l’espace pour la destination initiale, mais il a servi comme un petit musée avec des souvenirs de ses voyages vers d’autres méridiens. Sur un mur vous voyez  une tête de buffle d’Afrique, trophée de la chasse en Tanzanie, durant le premier safari.

    – “¿El primero safari?” (Le premier safari?) je suis venu avec une autre question, aussi en espagnol.

    – Le grand écrivain et sa deuxième épouse, Pauline, sont partis au premier safari en 1933, qui a compris le Kenya et la Tanzanie. Outre l’obtention de la satisfaction de certains trophées de chasse, Ernest Hemingway a vécu des événements extraordinaires qui ont été à la base du roman “Les vertes collines d’Afrique” et les nouvelles “Les neiges du Kilimandjaro” et “La courte et heureuse vie de Francis Macomber.” En 1953 a suivi un autre safari au Congo Kinshasa, le Rwanda et le Kenya, qui a confirmé sa réputation comme l’un des plus grands chasseurs dans le monde. Cette fois, il est parti avec la quatrième épouse, Mary.

     …De la terrasse de l’ouest, la guide Linda Peligrosa  a montré du doigt une tour collée de la maison:

     – La tour est une construction de 1947 Elle a quatre étages et une terrasse. La hauteur est de 12 mètres. Le rez -de – chaussée a eu la destination du stockage d’outils de jardinage. Le premier étage a été habité par des chats, Ernest Hemingway en les aimant beaucoup. Il s’occupait de leur reproduction et les donnait à ceux désireux. À un moment donné il avait 50 chats. Il y  sont venus même de gens de l’étranger pour adopter les chats élevés par un lauréat du Prix Nobel. Au deuxième étage a fonctionné comme un entrepôt pour les outils de pêche. Le troisième étage devrait être un autre studio, où travaille le célèbre écrivain, mais il est devenu un musée avec de souvenirs divers, comme le studio de la maison. En outre, on a ajouté d’oeuvres d’artistes, peintres ou sculpteurs, qui se réfèrent à la vie et l’œuvre d’Ernest Hemingway. De la terrasse, quand le ciel est clair, vous pouvez voir la quasi-totalité de la Havane, même la baie Cojima. Pas étonnant que la colline s’appelle Vigia (n.a. Observateur) et la résidence Finca (n.a. Bien immobilier) Vigia..

     …S’aprochait l’heure de la fermeture du musée, ainsi que j’ai descendu du balcon je suis arrivé devant du navire de pêche “Pilar”, une embarcation  peinte en noir et brique, abritée d’un toit soutenu par des poteaux métalliques. Linda Peligrosa a fait économie de mots:

     – Nous sommes sur ancien court de tennis couvert depuis l’époque d’Ernest Hemingway. À côté est la piscine, maintenant sans eau. Ernest Hemingway a acheté cet navire de pêche le 18 avril 1947, avec 7.495 dollars, du Chantier de Constructions Navales “Wheeler” de New York. Il est fait de bois. Il a une longueur de 12 mètres, une largeur de 3,7 mètres, une hauteur jusqu’au pont de 1,1 mètres et un moteur de 75 chevaux. La dénomination “Pilar” du navire de pêche vient du surnom donné par l’auteur à sa femme, Pauline. Pilar est aussi le nom d’une héroïne dans “Pour qui sonne le glas”.

     …Il y avait juste une minute jusqu’à l’heure de fermeture. La guide Linda Peligrosa nous a attiré l’attention sur un détail muséal, une série de quatre plaques horizontales, de marbre brique, avec le côtés d’environ un demi-mètre, placées directement sur le sol, de chacun d’entre eux en s’élevant une plaquette, comme une paume, avec des inscriptions courtes:

     – Ici esti le cimetière des chiens Black, Negrita, Linda et Neron. Les monuments funéraires ont été construits durant qu’Ernest Hemingway a vécu ici. Le grand écrivain a aimé beaucoup les chiens, comme notre grand dirigeant, Fidel Castro, qui a un labrador retrevier, appelé Spinee. Maintenant, malheureusement, le chien est gravement malade et va subir une intervention chirurgicale.

      Après avoir prononcé ces paroles, Linda Peligrosa a regardé la montre-bracelet. Monsieur Fideloso lui a remis deux pièces d’un peso convertible.

     Après nous nous sommes séparés à l’amiable de la guide, j’aurais voulu savoir où est cimetière des chats, en pensant que pas tous ont été adoptés, mais il était trop tard, señorita Linda Peligrosa avait disparu à grande vitesse.

    Sur la route du retour à l’hôtel, j’ai commencé une discussion en roumain avec monsieur Fideloso sur les chiens et les chats d’Ernest Hemingway. Le chauffeur de taxi Camello a compris un peu de quoi il s’agit et a fait un commentaire, que monsieur Fideloso me l’a immédiatement traduit: “Le grand écrivain a donné les chiens et les chats en adoption jusqu’au 1er janvier 1959, parce que après a été la famine dans le pays, et il craignait que ses animaux ne soient pas mangés grillées au barbecue. Par ailleurs, après que l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes a été dissoute et son successeur, la Fédération de Russie, n’a pas soutenu les régimes communistes dans le monde, a  été encore la famine à Cuba, même plus grande que celle d’un demi – siècle auparavant. La famine a duré jusqu’en 1996, elle a été la soi-disant «période spéciale». Alors, il y avait de cas où ils ont été mangés des animaux du Jardin Zoologique. Même maintenant vous ne allez pas voyer de chiens errants à Cuba. Il y a qui les manger”..

     Puis monsieur Fideloso a poursuit le dialogue avec moi:

     – Ernest a eu encore une maison, mais à Key West, vous avez entendu.

     – Oui, c’est une ville sur l’île du même nom, située dans le sud de la Floride.

   – Eh bien, la maison a été achetée en 1931 avec  8.000 dollars par un oncle de la deuxième épouse, Pauline. Il a donné la maison comme un cadeau de mariage, quoique  le mariage de Pauline et Ernest a eu lieu quatre ans auparavant. De même, la guide Linda Peligrosa a volontairement omis de préciser que le roman “Les vertes collines d’Afrique” et les nouvelles “Les Neiges du Kilimandjaro” et “La courte et hereuse vie de Francis Macomber” ont été écrits dans la maison à Key West.

     – Belle et dangereuse, cette Linda Peligrosa!

   – Du 24 novembre 1968, la maison de Key West est devenue un musée. Là – bas on s’occupe de la reproduction de chats polydactyles d’Ernest Hemingway, qui sont adoptés immédiatement. Pas pour être mangés…

     – Polydactyles?

     – Ils ont six ou même sept doigts.

     La discussion s’est arrêté ici, chacun est tombé dans ses pensées jusqu’à ce que nous sommes arrivés à l’hôtel. Il est venu à mon esprit la question: est – ce que si perfide la propagande de Castro, qu’elle associe à Fidel Castro la célèbrité mondiale d’Ernest Hemingway, même pour le banal amour de chiens?

     Tant sur le fait qu’Ernest Hemingway a eu les premiers symptômes de dépression après la nationalisation de la résidence Finca Vigia, dépression qui l’a rapidement conduit au suicide, la guide Linda Peligrosa n’a pas sorti un mot. Peut-être qu’elle de telle manière a reçu d’indications d’en haut…

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Le vieil homme et la Cuba”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)