Le vieil homme et la Cuba (12)

“Real Fabrica de Tabacos Partagas”

de La Havane,

la plantation de tabac de Vuelta Abajo

et… le cigar 15,2 x 1,508 centimètres

de Fidel Castro

 

     Les cigares cubains sont connus dans le monde entier et la possibilité de voir leur mode d’obtention représente  une attraction pour les touristes. À La Havane j’ai visité la plus ancienne fabrique de cigares de Cuba, où j’ai appris que le cigare favori et promu par Fidel Castro est Cohiba, classe Corona Especial, avec les dimensions 15,2 x 1,508 centimêtres. Aussi, dans le district de Vuelta Abajo, de la province de Pinar del Rio, j’ai vu une plantation de tabac.

    Vendredi, la première journée complète à Cuba, 11 heures. Après avoir pris à pas les ruelles les plus importantes de la Vieille Havane, pendant deux heures, dans la chaleur du soleil tropical, la guide a arrêté le groupe de touristes du “the city tour of Havana”. On est arrivé derrière le Capitole, le kilomètre zero de Cuba, en face d’un bâtiment de trois étages, chaulé fraîchement, le fond  crème et les fenêtres encadrées de bandes en couleur de cigares, les balcons en fer forgé, peint de même. J’aurais pu juré que j’étais en face d’un hôtel avec  nombreuses étoiles, d’époque, seulement que sur le mur du frontispice était écrit en lettres en relief: Real Fábrica de Tabacos Partagás” (n.a. Fabrique Royale de Tabac Partagas).

    À côté de moi était ma connaissance de l’hôtel “Terral”, monsieur. Fideloso, prêt à être mon traducteur de l’espagnol en roumain. La guide a fait une brève présentation, comme d’habitude, en anglais:

   – Le bâtiment a été construit depuis 1845, dans le style néo-classique. Ici, le Catalan Jaime Partagás y Ravell a mis les bases d’une fabrique de cigares. Il a eu l’idée d’introduire un employé spécial appelé “lector”,  que lisait aux ouvriers les dernières nouvelles dans les journaux, même des livres de prose ou de poésie.

    – Lecteur? j’ai demandé.

   – Le lecteur restait assis sur une chaise haute pour être vu par tout le monde dans l’atelier. Cette idée a été reprise par presque tous les fabriques de tabac d’Amérique Latine. José Marti a dit que les lecturs ont été, je cite: “de tribunes de la lutte pour l’indépendance du joug colonial”.

  – Jaume Partagas a été une sorte d’inventeur de la radio! s’est écrié une dame, en ajustant sur sa tête un chapeau avec de bords très largs, comme si en voulant attirer davantage l’attention sur elle.

  – Comme une paranthèse, distinguée dame, j’ajoute le fait que Jaume Partagas est mort à 48 ans, en étant abattu sur l’une de ses plantations de tabac de Vuelta Abajo, un district de la province de Pinar del Rio. Il semble qu’au milieu a été une histoire d’amour.

  – Ooo… un homme intelligent comme Jaume Partagas a eu de nombreux admiratrices et, bien sûr, beaucoup d’hommes jaloux de son succès à plusieurs niveaux.

   – Sans aucun doute, distinguée dame. Nous en discuterons sur ce sujet. Attention, s’il vous plaît! Le billet d’entrée est de dix pesos convertibles. La visite de l’usine est facultative. Je ne vais pas aller avec ceux qui veulent entrer, pour ça, je vais vour retenir encore un tout petit peu l’attention. Actuellement, il ya environ 400 travailleurs, principalement constitués de femmes. Les cigares produits ici sont Cohiba et Montecristo. Les dimensions des cigares sont la longueur et le diamètre.

    – Quelle est la taille du cigare de Fidel Castro? a demandé la propriétaire du grand chapeau.

   – La figure historique de notre révolution a commencé à fumer à 15 ans et s’est arrêté à 59 ans. Son cigare favori, lequel il l’a promu avec passion est la marque, évidement, Cohiba, de classe Corona Especial, avec les dimensions de  15,2 x 1,508 centimètres.

   – Tant petit? la dame a insisté.

   – Le plus long cigare a 20,4 centimètres et le plus épais est 2,143 centimètres.

   – Maintenant oui, ça va. Je vais acheter un tel cigare. Je vous demande encore quelque chose. Que voulez-vous dire qu’il a promu le cigare avec de la passion?

   – Au début des années’60, à la figure historique de notre révolution a plu un cigare reçu d’un soldat de la garde personelle. Il a constaté qu’il a été produit par Eduardo Ribera, un artisan, qui travaillait à la maison pour un sou de plus. Fidel Castro l’a dirigé vers  une location secrete à La Havane. Là – bas a commencé la production à petite échelle de ces cigares, destinés que pour un petit groupe de dirigeants du pays, y compris Che Guevara et Raúl Castro. “El comandante en chefe” a appelé ce cigar Cohiba, qui dans la langue des indigènes Taino signifie “tabac”.

   – Taino? s’est fait entendu une autre dame.

  – Taino est l’un des groupes des indigènes d’îles Grandes Antilleles. Que je continue sur la promotion du cigare de Fidel Castro?

   – Oui, on a entendu plusieurs voix féminines.

   – En 1962, à l’indication de Fidel Castro a été instituée “Cubatabaco”, société d’Etat pour la  promotion, la distribution et l’exportation de cigares. Également on a été mise en place une nouvelle usine, appelée “Laguito”, qui se traduit par “Petit Lac”. En 1982, lors de la Coupe du Monde de Foutball, organisée par l’Espagne, a été lancée Cohiba, comme la marque officielle de cigares. Depuis 1994, l’exportation de cigares cubains a été prise par la société d’Etat “Habanas”. En raison de l’embargo imposé depuis le 19 octobre 1962, pendant la crise des missiles de Cuba, dans le marché aux États-Unis, les cigares Cohiba sont vendus par “General Cigar Company”, qui depuis 2005 fait partie “Swedish Match”, basée à Stockholm. Est – ce que vous avez compris?

   – Le cigare Cohiba est obtenu manuellement? a voulu également savoir la dame au chapeau énorme.

  – Chère madame, dans cette fabrique la forme finale des cigares est atteint que grâce à un traitement manuel. Les ustensiles, c’est-à-dire les outils simples utilisés par les “torcedor”, la dénomination en espagnol des travailleurs, sont les suivants: “tablero”,  c’est-à-dire une petite planchette de travail, “chaveta”, c’est-à-dire un petit couteau spécial sans manche, à lame en arc de cercle, pour ne pas pas déchirer les feuilles de tabac pendant la coupe, “guillotina”, c’est-à-dire une petite guillotine, à main, pour couper un bout de cigare, celui qui s’allume, “bote con goma végétal”, c’est-à-dire une petite boîte avec de la colle végétale, “prensa”, c’est-à-dire une petite presse à main, et  “moldes”, c’est-à-dire de paires des demi-moules avec de creux semi-cylindriques, qui par pressage permettent l’obtention du diamètre souhaité de cigares. Y a-t-il encore de questions?

    Personne n’a plus voulu poser des questions.

    …J’ai payé l’entrée et, avec monsieur Fideloso, nous sommes arrivés dans une halle industrielle coquette, avec les murs chaulés dans le vert des feuilles fraîches  de tabac, et le faux plafond en bois peint dans la couleur de cigares. L’air avait l’odeur, même le goût de cigare. Les longs cordons électriques, accrochés de haut plafond, qui soutennaient les luminaires descendus au plus près des objets de travail, ils m’ont semblé un peu comme de cigares sui generis. Les quelques 80 tables individuelles de travail, avec les surfaces imbibées de jus des feuilles de tabac, après de années et des années d’utilisation, m’ont donné le sentiment qu’ils sont construits de cigares, comme font certains gens avec d’allumettes. Parmi les débris végétaux éparpillés sur les tables, j’ai réussi distinguer de cigares faits ce jour-là et quelques ustensiles. Les doigts des travailleurs avaient acquis aussi la couleur de cigares, comme chez les fumeurs invétérés.

    Après avoir glissé discrètement sur “tablero” une pièce d’un peso convertible, une tache argentée  sur la couleur de fond comme le cigare, monsieur Fideloso a posé quelques questions en espagnol à une travailleuse mulâtre, avec juste un maillot de la couleur de cigare sur le buste, maigre qu’on pouvait voir ses côtes, et elles comme de  cigares. Le tableau était complété par un cigare allumé dans un coin de sa bouche. Puis, il m’a fait un résumé en roumain du dialogue eu:

    – La norme quotidienne est comprise entre 70 et 100 cigares, en fonction de dimensions. Un cigare a les couches suivantes: “tripa”, c’est-à-dire la charge, “capote”, c’est-à-dire le renforcement, et “capa”, c’est-à-dire la couverture.

    Pendant ce temps la travailleuse a terminé de fumer et a dit à monsieur Fideloso qu’elle  va produire une “cigarillo”, c’est-à-dire un cigare plus courte et plus mince. Elle a pris une feuilles de tabac et l’a étendu sur la planchette de travail. En tournant et en appuyant le couteau avec la lame en arc de cercle sur la feuille, elle a enlevée la nervure principale. De celles deux moitiés de la feuille elle a découpé deux bandes. Puis, elle  a dit qu’elle va préparer la soi-disant charge. D’abord, elle a immersé ses doigts dans la colle végétale. Puis, elle a ramassé les debris de la découpage de la feuille et les a enroulé avec la paume, en obtenant un cylindre. Après cela, en disant qu’elle va  préparer le soi – disant renforcement, elle a enveloppé en spirale la charge à l’aide de l’une des deux bandes. Enfin, elle a dit qu’elle va réaliser la soi – disant couverture. Par conséquent, elle a enroulé en spirale le renforcemment à l’aide de l’autre bandes. Ensuite, elle a  coupé les deux bouts la guillotine. Le produit obtenu elle l’a allummé immédiatement. J’ai remarqué qu’elle ne tirait pas la fumée dans les poumons, mais qu’elle la tenait dans la bouche, après quoi elle la faisait sortir par ses narines. Soudain, la fumée a commencé à m’envelopper comme un sortilège, le sortilège d’un vice!

    Pour moi, ça a été assez. Je me suis précipité hors de la halle, je ne me suis arrêté pas même sur le stand avec de cigares à vendre, d’une annexe de la halle d’usine. Monsieur Fideloso, non-fumeur lui aussi, a procédé de même. L’odeur aromatisée de cigare s’est maintenu dans mes vêtements longtemps, même après mon retour en Roumanie!

    …Le lendemain, un samedi, le programme du sejour comprenait une excursion à une distance d’environ 200 kilomètres de La Havane, dans la province Pinar del Rio, où il devait visiter une plantation de tabac de Vuelta Abajo, ainsi que certains vallées près de la ville de Viñales.

    Le paysage urbain m’a offert de petites oasis de végétation exotique, tropicale, jaunie en partiellement, en souffrance, à cause de la chaleur solaire durant la journée, à qui s’ajoutait le rayonnement nocturne des bâtiments  et de l’asphalte chaud. Quand je suis sorti de La Havane, sur l’autoroute, j’ai vu le vert foncé, sain, des plantations de canne à sucre dans les plaines plates ou vallonnées, étendues sur presque trois quarts de la surface de Cuba. Quand je me suis approché de le Pinar del Rio, la plus occidentale province cubaine, au paysage a été ajouté l’aspect de jungle dense, non traversée par l’homme, des forêts de la chaîne de montagne Cordillère des Guaniguanico, à 160 kilomètres de long. En Cuba il pleut abondantenent au moins une fois par semaine pendant la saison sèche, d’octobre au mars, et dans la saison humide… une tornade se produit au moins une fois et il pleut presque tous les jours.

    …L’autocar, aussi chinois, comme celui du tour de  La Havane, est entré sur une route secondaire, étroite, avec de végétation sauvage aux bords, impetueuse, presque prêt à envahir l’asphalte vieil, avec de de nids-de-poule… quinquinaux, blanchi par la poussière, rongé par de pneus,  balayé par le vent et lavé par de pluies.

    Après environ un quart d’heure, nous sommes arrivés à un parking en béton, entouré à perte de vue avec de culture du tabac, haute à peu près à la taille.

    À côté étaient deux bâtiments, l’un en briques, à un seul niveau, en ayant l’aspect d’arrêt touristique, et l’autre, tout en bois, avec deux rangées de fenêtres sans verre, seulement avec de volets, toutes ouvertes, à travers  de lesquelles on voayait de feuilles de tabac enfilées sur de fils de fer “C’est le séchoir pour les feuilles de tabac”, j’ai pensé, en me basant sur mon expérience de cadre didactique dans dans “l’époque d’or”, quand j’ai été envoyé avec les étudiants au ramassage de la récolte sur de champs et de collines. À l’époque, il était la boutade: “La paysannerie est classe sociale, qui aide les ovriers, les soldats, les élèves et les étudiants au ramassage de la récolte”.

    Un peu plus loin, seul, comme un épouvantail aux oiseaux dans le champ de tabac, on voyait une guérite  blanchie à la chaux avec une inscription illisible sur la porte de planches rares, certainement une fosse d’aisance.

   La guide a donné le mot à un homme d’âge moyen, teint foncé, cheveux “plume de corbeau”, rendu en arrière, ondulé à fer à friser, avec les yeux noirs, cachés en peu dans la graisse des joues, moustache aussi noire, grosses lèvres noires, vêtu avec chemise blanche, “adaptée au ventre”, sans manches, cravate assortie à la chevelure, qui a été présenté comme le propriétaire de la ferme. Il a donné une brève description de la technologie de culture du tabac, avec un texte mémorisé en anglais, donc je l’ai compris:

   – Mon nom est Nicolas Másmaduro (n.a. Plusmature). Ne me confondez pas avec le président vénézuélien Nicolás Maduro, le fils de l’âme du défunt président Hugo Chavez.

   – Vous voulez dire que vous êtes  plus mature à l’esprit que le président vénézuélien, a été entendu ironie.

    Monsieur Nicolás a fait semblant qu’il ne comprend pas, peut-être il n’a pas compris, et il a continué:

   – Ma famille a travaillé dans cette  ferme depuis des générations, du 20 mai 1902, quand il a été déclarée l’indépendance de Cuba. Sur cette terre a été cultivé le tabac avant de l’arrivée de Christophe Colomb.

   – Connaissez-vous le nom du premier européen qui a fumé? a demandé une voix ironique.

   – Euh…

   – C’est moi qui vais vous le dire. Il s’agit de Rodrigo de Jerez, marin du navire “Santa Maria”, sur lequel a voyagé et Christophe Colomb dans le premier voyage transatlantique. Il a vu les indigènes, en fumant, et il les a imité. Quand il est revenu à l’Espagne, le 15 mars 1493 en  Palos de la Frontera, avec le navire “Nina”, dans laquelle a voyagé et Christophe Colomb, il a apporté de feuilles et  de graines de tabac. Quand a vu qu’il fume, l’Inquisition espagnole l’condamné à la prison pour “actes de péché et infernals, puisque seuls les diables peuvent donner aux gens le pouvoir de sortir de la fumée par le nez.” Après sept ans, il a été libéré parce qu’entre temps, de centaines de milliers de personnes, y compris de têtes couronnées,  ont pris son exemple.

   – S’il vous plaît, ne m’interrompez pas. Les opérations principales après le semis sont:  le défeuillaison, l’écimage, l’ébourgeonnement et la récolte. Le défeuillaison vise à éliminer les feuilles de la base, qui sont tachées de la boue et peu développées en raison du manque de lumière appropriée. L’écimage est l’enlevement de l’inflorescence, qui apparaît au sommet pour permettre un meilleur développement des feuilles. L’ébourgeonnement consiste dans le retranchement des feuilles superflues, de mauvaise qualité, developpées just au-dessous des anciennes feuilles. La récolte se fait lorsque les feuilles arrivent à la maturité et commencent toujours avec celles inférieures.

    Monsieur Nicolás a toussoté légèrement, pour s’accorder un moment de répit, et a repris la présentation:

   – Après la récolte il y a les operations suivantes: l’enfilage et le séchage, quand a lieu le processus physico-chimique de fermentation, c’est-à-dire d’amélioration des propriétés des feuilles. Le temps de séchage peut atteindre trois semaines. Nous allons au séchoirs, où vous verrez les feuilles enfilées sur un fil en vue d’être séchées naturellement. Les changements de température et d’humidité dans le séchoir nous les faisons par l’ouverture et la fermeture des fenêtres.

   …Je suis entré dans le séchoir et j’ai senti l’odeur de la fabrique de cigares, seulement beaucoup moins aromatisée. En avant, en arrière, à droite, à gauche que de feuilles de tabac. Mes yeux me piquaient, de particules microscopiques de feuilles de tabac étaient  entrées dans mes yeux. Dans la bouche j’avais un goût amer de moisissure. Les poumons refusaient l’air, je ne pouvais pas respirer.

   Résolument, pout moi, le fumer est une habitude venue du Nouveau Monde, qui, contrairement à beaucoup d’autres, je la déplais.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Le vieil homme et la Cuba”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)