Le vieil homme et la Cuba (13)

Les visions de Fidel Castro:

la préhistoire d’à côté de Viñales

et l’histoire moderne qui… absout

 

    Près de la localité Viñales, j’ai vu “Le mur de la préhistoire” (n.a. “Muro préhistorique”), une peinture géante sur un mur raide d’un mogote, contrôlé et supervisé par Fidel Castro, qui voulait, aussi, une histoire moderne qui… pardonne: “L’histoire m’absoudra” (“La historia me absolverá”).

    …L’autocar s’est arrêté sur le parking du Centre des Visiteurs (“Centro de Visitantes”), situé au pied des montagnes Sierra de los Organos, de la chaîne montagneuse Cordillera de Guaniguanico, à environ 26 kilométres de la localité Pinar del Rio.

     La guide nous a conduit à un belvédère, un endroit spécial ammenagé, avec de dalles et une barre de protection au bord de l’abîme. La guide a attiré notre attention:

    – Le paysage est unique dans le monde parce que la vallée est parsemée de mogotes, qui sont des monticules de terre, de différentes formes, certains atteignant plus de 100 mètres de haut, isolées, limitées par de versants abruptes.

     – J’ai vu de mogotes en Chine, a dit quelqu’un.

    Dans une vallée large de quelques kilomètres j’ai reconnu un paysage classique, dans les tons de vert, visible sur la plupart des brochures touristiques sur Cuba. Sur le fond plat de la vallée de Viñales j’ai vu trois mogotes: Rojas, Feita et Virgil, qui m’ont fait l’impression de quelques icebergs suis generis couverts par de forêts et qui flottent… sur terre ferme, parmis de cultures de toutes sortes, de tabac, de canne à sucre…

     Avant de quitter le belvédère, la guide nous a recommendé de boire “la meilleur piña colada à Cuba”. Pour cinq pesos convertibles, j’ai reçu un gobelet en plastique rempli aux trois quarts avec un cocktail obtenu d’une cuillère à café avec de poudre de noix de coco, sur lequel on a versé de quantités égales de l’eau gaseuse  et du rhum “Havana Club”. Une moitié de tranche d’ananas à completé le cocktail. Monsieur Fideloso m’a donné l’une de ses pencées: “Je sens une réticence à être d’accord avec la guide, mais j’ai la certitude que j’ai bu  la plus chère piña colada à Cuba.”

     …On a parcouru environ 20 kilomètres avec l’autocar, tandis que la guide nous a prévenu:

    – Nous allons arriver à une vallée avoisinante, appelée la vallée de San Vicente, qui est célèbre pour son relief karstique, dans lequel se trouve la grotte de Santo Tomás, de 46,2 km de long, la plus grande de Cuba. Aussi, il y a la grotte de Palissade des Animaux Sauvages et la grotte de l’Indien. Nous allons entrer dans la dernière grotte, courte, de maximum de 300 mètres, mais la plus visitée, car elle a la rivière souterraine de San Vicente, sur laquelle nous allons prendre une promenade  pendant 20 minutes dans une barque assez grande, avec moteur.

     Je me suis encadré à la file indienne formée par de touristes, après tout on  était, pour ainsi dire, dans… la grotte de l’Indien. Je suis entré dans une galerie avec de nombreuses strangulations, à travers  desquelles je suis passé, en me frottant des murs humides. J’ai immédiatement senti le froid, en étant protégé thermiquement que par une chemise à manches courtes, un pantalon du coutil mince et de sandales, chaussées directement aux pieds nus. L’éclairage électrique était plutôt rare, en ajoutant une atmosphère de mystère à la beauté naturelle de la grotte. J’étais attentif, comme on dit, au seuil supérieur, aux stalactites de diverses formes, qui  descendaient jusqu’au niveau de la tête. Cependant, je  regardais où je pose mon pied, parce que je marchais sur un écoulement stalagmitique glissant, en légère descente. De place en place, de crêtes millimétriques de calcaire formaient  de l’alvéoles pleines de l’eau tombée du plafond. Les murs présentaient de formations spécifiques, baldaquins, rideaux, d’orgues, même… une tête d’Indien. Après environ un quart d’heure, je suis arrivé à la rivière souterraine. Le voyage en barque a été inédite pour moi, parce que, même si j’avais visité antérieurement, dans ma jeunesse,  la grote Muierii (n. a. grotte de la Femme) et la grotte Scarisoara (n.a. grotte du Petit Escalier), je n’ai pas eu une telle opportunité. Au-dessus de l’eau, la grotte présentait de dimensions de cathédrale. Quoi qu’il en soit, j’ai été soulagé quand je suis arrivé à la lumière du soleil; les espaces étroits, froids et sombres ne sont pas pour moi!

     …Sur le chemin du retour, l’autocar a fait un autre arrêt près de la vallée de Viñales, sur la vallêe Dos Hermanas (Deux Sœurs), à un objectif touristique, appelé “Le mur de la préhistoire” (n.a. “Muro de la prehistoria”). Une route asphaltée étroite y conduisait. J’ai entendu de bribes de la présentation de la guide:

     – La mogote d’en face s’appelle Pita, qui se traduit Agave. Sur un versant rocheux, presque vertical,  on peut voir une fresque, avec une base de 180 mètres et une hauteur de 120 mètres. Elle a été commandée en 1961 par la figure historique de Fidel Castro. Elle est une représentation simplifiée en 12 étapes de la théorie de l’évolution, comme l’a pensé Léovigild González Morillo, qui a été le directeur du section de Cartographie de l’Académie des Sciences de Cuba. Avec une équipe de peintres, il a terminé le travail en cinq ans. De même, maintenant, une équipe beaucoup plus petite de peintres – alpinistes nettoyaient de végétation et répeignent le rocher  dans un cycle de cinq ans. Lorsque nous nous allons rapproches, vous allez distinguez de mollusques, de dinosaures, et dans la dernière étape de l’évolution est l’homme guanajatabeye, appartenant à une population indigènes de l’extrémité ouest de Cuba.

      – Fidel Castro est un athée convecu, il ne croit pas à la théorie créationniste que les espèces sont une création divine.

     – Distinguée madame, non seulement Fidel Castro, mais même les plus grands scientifiques croient que les espèces changent par des transformations successives, en partant d’autres organismes.

      Sur une route asphaltée bordée par un gazon bien soigné, je m’approchais de la mogote peinte. J’ai dit une opinion à monsieur Fideloso:

      – De loin il me semble un dinosaure tacheté, caché partiellement dans les bois.

     – Je pense que je suis en face d’un immense kitsch, d’une peinture naïve de jardin d’enfants, d’un graffiti griffonné rudimentairement, mais pas sur le mur d’un immeuble, mais sur une paroi rocheuse, netoyée de toute trace de végétation.

     – En commandant cette fresque de la préhistoire, Fidel Castro a voulu montrer au monde qu’il est athée.

   – Fidel Castro a voulu une certaine préhistoire, qui est sortie comme une kitch énorme, comme une mogote. De même, il a voulu une histoire moderne, qui l’absout.

     – Histoire qui l’absout, monsieur Fideloso?

    – “L’histoire m’absoudra”, en espagnol “La historia me absolverá”, a été la dernière phrase de Fidel Castro dans le discours de défense, tenue le 16 octobre 1953, durant quatre heures, discours qui, un peu arrangé, est devenu le Manifeste du Mouvement du 26 juillet…

     – Oui, je pense que vous parlez de procès contre Fidel Castro, mais je ne sais pas de détails.

    – Le procès a commencé le 21 septembre 1953, les inculpés en étant 122 rebelles, qui ont participé le 26 juillet, 1953 à l’attaque ratée sur les casernes  Moncada à Santiago de Cuba. Lors de l’attaque ont été tués 15 soldats et trois policiers. Cinq rebelles ont été tués dans le combat et 56 plus tard, après ils ont été capturés.

     – Fidel Catro a reçu le plus grand conviction …

     – Il a été condamné à 15 ans de prison, et son frère Raúl à 15 ans. Le 15 1955, Fulgencio Batista a ordonné une amnistie générale. Le 24 juin de même année, Fidel Castro et son frère sont partis au Mexique.

    – Je vous pose une autre question, plus difficile, parce que je veux connaître votre avis, de l’homme que vous avez été en contact avec les médias en espagnol, en français et en anglais.

     – Je suis à l’écoute.

      – Que pensez-vous, monsieur Fideloso, l’histoire absoudra Fidel Castro?

  – L’histoire n’absout pas les dictateurs. Par exemple, Nicolae Ceausescu, un des plus grands comprometteurs  du communisme de l’Europe Centrale et de l’Est, a été absous par l’histoire?

     Cet argument a été convaincant, paraît-il, parce que je n’ai pas posé de questions à propos de Fidel Castro tout au long du reste de la journée.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Le vieil homme et la Cuba”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)