Le vieil homme et la Cuba (3)

Le monument de Máximo Gómez Baéz

et le tunnel routier de La Havane,

construit sous les présidences

de facto, respéctivement, de jure

de… Fulgencio Batista

 

     La Havane a une suite de monuments impressionnants, dediés à la Guerre d’Indépendance de Cuba et de constructions de grandes infrastructures, toutes construites avant 1959, l’an de la victoire de la révolution castriste.

    Je continuais la promenade dans le cocotaxi conduit par le professeur d’histoire Euridiciónito Verdadoso Delachampagne. Le premier arrêt a été au bout de l’avenida Malecón,  à côté du rond-point qui comprend le parc des Martyrs de 71, une surface circulaire gazonnée, avec un diamètre d’environ 50 mètres, où j’ai admiré la statue de Máximo Gómez Baéz à la lumière généreuse de la lune, qui me faisait une ombre large que la bordure de semelle de mes sandales. Sur un promontoire de proximité, je voyais le phare et sur la partie opposée l’entrée d’un tunnel routier, ainsi que plusieurs artères de circulation  disposées presque radialement: l’avenida Malecón, l’avenida Paseo Marti, en ayant au milieu la route piétonnnière Prado,  la rue Carcel, la rue Agramonte, l’avenida Bélgica, la rue Habana, la rue Aguiar, la rue Cuba Tacón, l’avenida del Puerto. De même, je distinguait les murs de trois constructions médiévales, “Castillo de San Salvador de la Punta”, au plan proche, et plus loin, par-dessus le “Canal de Entrada” se trouvaient “Castillo de los Tres Reyes Magos del Morro”  et “Fortaleza San Carlos de la Cabaña”. Entre elles sortait en évidence une statue colossale, dénommée “El Cristo de Habana”.

    –  Beau monument dedié à Jésus-Christ! j’ai exclamé.

     Mon guide a réactionné rapidement:

   – La statue a une hauteur totale de 23 mètres et un poids de 320 tonnes. Elle a été inauguré le 25 décembre 1958, en étant faite de marbre de Carrare par la sculpteuse cubaines Lilia Jilma Madera Valiente.

    – Passons au parc des Martyrs, s’il vous plaît.

   – Le parc des Martyrs de 71 est dédié à la mémoire des intellectuels des martyrs de 71 tués entre le 26 mars et le 16 décembre 1971 au Pakistan Oriental pendant la Guerre d’Indépendance du Bangladesh. L’armée pakistanaise ensemble avec les milices de certaines organisations extrémistes islamiques ont tué 998 intellectuels, dont 21 universitaires et 977 diplômés, dont 49 médecins, 42 juristes, 13 journalistes, le reste en étant d’enseignants, d’ingénieurs, d’artistes.

    – Ooo… horribles… fanatiques musulmans… mieux parlez sur le tunnel, s’il vous plaît.

    – Le tunnel a une longueur de 733 mètres, en étant réalisé par  Societé de Grands Travaux de Marseille. Il a été inauguré le 31 mai 1958, après environ deux ans du début des travaux.

    – C’est-à-dire durant le temps du dictateur Fulgencio Batista…

   – Comme tout historien, je travaille avec des preuves; je ne peux pas vous contredire; je précise seulement qu’alors  Fulgencio Batista a été président de jure.

   – Ça a été une simple remarque.

   – Le tunnel assure une profondeur d’environ 14 mètres pour “Canal de Entrada”, le canal d’entrée dans la “Bahia de La Habana”, l’une des baies les plus sûres de monde, en forme de bourse avec trois enceintes. La distance maximale entre les rivage est de 1 453 mètres, la profondeur est comprise entre 12 et 21 mètres et couvre une superficie d’environ cinq kilomètres carrés. La baie abrite trois ports: Marimelena, Guanabacoa, et Atarés. Ici a été coulé le croiseur “USS Maine”, dans le soir du 15 février 1898, motif de l’extansion de la guerre hispano-américaine et à Cuba. En outre, le 4 mars 1960, a explosé le navire français “La Courbe”, rempli d’armes importées.

   – Ooo… passons au monument, monsieur Euridiciónito, s’il vous plaît.

  – Le grand monument a été inauguré le 18 novembre 1935, dans la célébration de 99 ans depuis la naissance du général Máximo Gómez Baéz. Il a une hauteur de 20 mètres, en étant réalisé par le sculpteur italien Aldo Gamba. Au sommet du socle est un temple en marbre avec 12 colonnes. La statue équestre en bronze représente le général Máximo Gómez Baéz, d’origine dominicaine, qui s’est distingué dans la Guerre d’Indépendance de Cuba du joug espagnol de la période 24 février 1895 – 12 août 1898. Il a été le commandant en chef des troupes de rebelles cubains, que les colons espagnols les appelaient mambises.

    – Mambises?

   – Le terme vient de Juan Eutimiu Mambi, un officier de couleur, qui a fait défection de l’armée espagnole en 1846 et a rejoint les insurgés dominicains. Máximo Gómez Baéz est né le 18 novembre 1836 et est décédé le 17 juin 1905. Il a survécu à d’autres grands chefs, qui sont tombés dans la Guerre d’Indépendance, et je me réfère, principalement, à l’héros national cubain, José Julián Martí Pérez, mieux connue comme José Marti, qui a vécu entre le 28 janvier 1853 et le 19 mai 1895.

   – José Marti a été un écrivain…

  – C’est comme ça. Il est resté comme une figure importante de la littérature latino-américaine, en faisant  partie du courant appelé modernisme, “modernismo” en espagnol, à côté de Nicaraguayen nommé Félix Rubén García Sarmiento, avec le pseudonyme littéraire Ruben Dario, de l’Argentin nommé Leopoldo Lugones Argüello de l’Argentine, avec le pseudonyme littéraire Leopoldo Lugones, de l’Uruguayen nommé Julio Herrera y Reissig et bien d’autres.

   – Il me semble que le général José Antonio de la Caridad Maceo y Grajales s’est éteint assez tôt…

   – José Antonio de la Caridad Maceo y Grajales a vécu du 14 décembre 1845 au 7 décembre 1896.  En raison du teint, de la taille et de la stature, il a été surnommé “Titan de Bronce”, vous comprenez, n’est-ce pas?

    – Titan de Bronze… euh… bien sûr.

   – Il a été blessé près de Punta Brava, une petite localité située à 21 km sud-ouest de La Havane, au  même endroit où ont été installés les missiles russes et détectés par les Nord-Américains. Que je fasse une parenthèse sur  la crise des missiles de Cuba?

   – Une autre fois. J’ai une question que j’espère qu’elle ne vous dérange pas trop, monsieur Euridiciónito.

  – Dites, s’il vous plaît.

  – C’est possible que cette construction a été érigée durant le temps du dictateur Ruben Fulgencio Batista y Zaldívar?

   – Dans un sens vous avez raison.

   – Dans un sens?

  – Dans la période comprise entre le 18 janvier 1934 et 11 décembre 1935, le président de Cuba a  été Carlos Mendieta y Montefur, à la suite d’un coup d’Etat dirigé par… je pense que vous avez une intuition…

   – Fulgencio Batista.

 – Exactement. Immédiatement, Fulgencio Batista a été promu général, en gardant et la fonction de commandant en chef de l’armée. Il est largement reconnu par les historiens que depuis le 18 janvier 1934, Fulgencio Batista était le président de facto.

   – Assez compliqué. Commencez avec… le début, s’il vous plaît.

   – “Si, señor!” Ruben Fulgencio Batista y Zaldívar est né le 16 janvier 1901 à la ville de Banes. Ses parents ont été Belisario Batista Palerme et Carmela Zaldívar González, travaileurs dans une plantation de cannes à sucre. Après avoir terminé la IXème classe, il a commencé à travailler dans différentes professions, et à 20 ans, il s’est enrôlé dans l’armée, où il a appris la sténographie et de battre à la machine. Après deux ans, il a démissionné de l’armée et a travaillé même dans la Police Rurale Puis il s’est réenrôlé dans l’armée; en 1932, il est devenu sergent, en travailant comme sténographe à un tribunal militaire.

   – J’ai entendu parler d’une soi-disant Révolte des Sergents … j’ai lu quelques livres sur Cuba avant de partir pour ce voyage.

  – Le 12 août 1933, une révolte dirigée par des vétérans de la Guerre d’Indépendance et d’intellectuels a conduit à la démission du président libéral Gerardo Machado y Morales, le plus jeune général de la Guerre d’Indépendance Cubaine. Il avait introduit la loi martiale à la suite des attaques terroristes initiées par le Parti Communiste Cubain, une branche de l’Internationale Communiste.

   – Du Komintern?

   – Le Komintern a envoyé Fabio Grobart, né en Pologne avec le nom de naissance Abraham Grobart, pour organiser le communisme à Cuba. En 1925, il a réussi la formation de Parti Communiste Cubain, ensemble avec Blas Roca Calderio, Aníbal Escalante, Julio Antonio Mella, Ruben Martinez Villena et quelques autres.

   – J’ai compri.

   – A suivi le président Carlos Manuel de Céspedes y Quesada, qui à son tour a été contesté, mais cette fois par les étudiants. Le 6 septembre 1933, à la révolte des étudiants s’est ajouté une de la révolte des sous – officiers, la soi-disant Révolte des Sergents, qui a demandé et obtenu le même jour de la démission de Carlos Manuel de Céspedes y Quesada. Le pouvoir a été pris par une Pentarchie, une Commission Exécutive d’un gouvernement provisoire, composé de cinq membres: Sergio Cabo y Morera, Porfirio Franca y Álvarez de la Campa, Ramón Grau San Martín, José Miguel Irisarri y Gamio et Guillermo Portela y Möller. Pour les mérites eus  dans le succès de cette révolte, Fulgencio Batista a été promu au grade de colonel et nommé commandant en chef de l’armée. Un beau avancement, n’est-ce pas?

   – Incroyable, j’ai balbutié.

  – Plus incroyable il me semble  l’avancement de soldat non instruit, le 23 août 1944, au rang de général – major et à  la fonction de vice-ministre de la Défense Nationale, le 18 mars 1950. Est – ce que vous savez de qu’il s’agit?

   – Euh … hm, hm… vous savez… plus … hm, hm … de détails… hm, hn… de l’histoire de mon pays.

   – Nicolae Ceausescu a été très apprécié par Fidel Castro, surtout après le discours du 21 août 1968, dans lequel a  été condamné l’envahissement  de la République Socialiste Tchécoslovaque par les tanks du colosse de Moscou. Notre dirigeant a toujours craint une invasion de Cuba par le colosse de Washington. Les deux ont été de bons amis, les a uni la soif du pouvoir, d’être au premier plan à  la télévision, sur la  première page des journaux. Le désire avec les journaux a eu et un revers moins heureux pour eux, quand dans les deux pays a été la pénurie même du… hm, hm … papier toilette.

   – Les deux se sont rencontrés à plusieurs reprises, dans la période des années ’70 et à La Havane et à Bucarest.

   – À cette époque, si un Cubain voulait manger un steak dans un restaurant, il devait fair une réservation au moins une semaine en avant, pour… l’approvisionnement.

  – Et dans les boucheries en Roumanie on pourrait acheter sans avoir à faire la queue seulement… “d’ordinateurs” et “d’addidas”, têtes et sabots de cochon.

   – D’époques de… nostalgie pour beaucoup de Roumains et de Cubains…

   – J’ai pensé que vous êtes un admirateur de Fidel Castro.

   – J’étais au début, quand il est venu avec des promesses populistes. Puis a suivi une égalisation vers la pauvreté. L’essence se vende seulement avec de pesos convertibles. Depuis Fidel Castro a laissé le pouvoir à son frère Raul, le régime s’est relaxé tant bien que mal, certaines professions peuvent être effectués en dehors des institutions de l’État, ont été autorisés de nouvelles possibilités de sortir de la la pauvreté générale. Ainsi ont apparu les chauffeurs de taxi privés, les salons de coiffures privés. Parfois avec le cocotaxi je gagne dans un jour tant mon salaire de professeur d’un mois.

   – J’ai compri, vous êtes devenu un petit-bourgeois, donc vous avez de déviations petite-bourgeoises de  mentalité. Allons continuer avec Fulgencio Batista, s’il vous plaît.

   – La pentarchie a pris fin quelques jours plus tard, le 10 septembre 1933, lorsque le président est devenu Ramón Grau San Martín. Fulgencio Batista a gardé pour lui la fonction  de commandant en chef de l’armée. Washington n’a pas reconnu la nouvelle dirigence intérimaire. Fulgencio Batista, en se basant sur le soutien nord-américain, a contribué à la chute de trois présidents successifs incommodes, jusqu’à ce que, le 18 janvier 1934, suite à un coup d’Etat, le président est arrivé Carlos Mendieta y Montefur. Le colonel a été promu général, il en gardant la fonction de commandant en chef de l’armée. Normalement, non?

   – Après tant de mérites….

   – Enfin, le 10 octobre 1940, Fulgencio Batista est devenu président …

   – Président de jure…

   – Exactement. Il est resté en fonction just quatre ans, la durée de son mandat constitutionnel. Puis, il est parti à New York.

   – C’est comme ça qu’il a été le dictateur Fulgencio Batista? Il en sonne bizarre!

   – En effet. Combien de temps il a été le président de facto du 18 janvier 1934, et président de jure, du 10 octobre 1940 au 10 octobre 1944, Fulgencio Batista n’a pas été le dictateur féroce de plus tard, des années ’50. Le parlement a fonctionné, les élections ont été libres. Il a fait de réformes progressistes pour ces temps – là, a donné aux femmes le droit de vote, a limité la journée de travail à huit heures, a réduit le prix des aliments de base, a réduit les tarifs pour le gaz et l’électricité, a nationalisé Cuba Electric Company, une filiale d’une société américaine. Sur le plan externe il a été un allié de Washington, il en déclarant la guerre au Japon, à l’Allemagne et à l’Italie en 8, 11, respectivement, 20 décembre 1941.

   – De points faibles?

   – La période du 18 janvier 1934 au 10 octobre 1944 a été marquée par une corruption sans précédent jusque-là, dans laquelle la société a été divisée en de gens très riches et très pauvres. La classe moyenne, en étant extrêmement mince, n’a pas été un tampon fort entre les deux autres classe sociales. Le nouveau président élu, Ramón Grau San Martín, a trouvé  la trésorerie presque vide.

   – Donc, Fulgencio Batista, quand président de facto, quand de jure, a été un politicien corrompu. Rien de nouveau sous le soleil!

   – Oui, j’ai lu dans de journaux qu’en Roumanie aussi la corruption…

   – Ne me rappelez pas, s’il vous plaît.

   – Que je parle de la deuxième présidence de jure de Fulgencio Batista, de  la période le 10 mars, 1952 – le 31 décembre 1958, quand il est devenu un dictateur féroce?

   – Plus tard. Passons aux autres objectifs dans la Vieille Havane, j’ai lui dit, en ne voulant plus entendre parler de la politique et… de tant et de tant de choses.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Le vieil homme et la Cuba”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)