Le vieil homme et la Cuba (5)

Un tank soviétique SU 100,

“un mortel tanquisto maximo”,

1400 opposants politiques cubains,

une bataille politique dans… la Baie des Cochons

 

     Entre le Musée de la Révolution et le parc 13 Mars, sans avoir à payer l’entrée de six pesos convertibles et encore deux pour le droit de prendre de photos, on peut voir de près un tank, en brillant comme neuf, qui rappelle de “el comandante en jefe”, qu’il vit, même s’il se  déplacement seulement porté sur un fauteuil roulant, qu’il va liquider tout opposant politique, comme l’a fait de tant et tant de fois.

     On a quitté le cocotaxi sur la rue Agramonte, à côté du parc 13 Mars, et nous avons parcouru environ 50 mètres, jusqu’on est arrivé près d’un tank, qui, dans l’éclairage publique précaire, comme dans la Roumanie dejisto – ceausiste (n.a. de la période des dirigeants communistes Gheorghe Gheorghiu – Dej et Nicolae Ceausescu),  semblait la statue couverte d’une épaisse couche de couleur jaune-brun, avec de nuances verdâtres, d’un mastodonte en colère, avec la trompe soulevée d’une mannière menaçante.

     Sur le socle blanc, d’environ un mètre de haut, j’ai vu une plaque en bronze coulé, sur laquelle j’ai réussi à distinguer de lettres majuscules: “SAU-100 SOVIETICO, CON EL CUAL FIDEL LOGRO IMPACTOS DIRECTOS SOBRE EL BUQUE «HOUSTON» EQUIPADO POR LA AGENCIA CENTRAL DE INTELIGENCIA YANQUI (CIA) PARA LA INVASION MERCENARIA POR GIRÓN EN ABRIL DE 1961” (n.a. LE SOVIETIQUE SAU – 100, AVEC QUI FIDEL A RÉUSSI DE COUPS DIRECTES SUR LE NAVIRE “HOUSTON” ÉQUIPÉ PAR L’AGENCE CENTRALE D’INVESTIGATIONS YANKÉE (CIA) POUR L’INVASION MERCENAIRE DE PLAYA GIRON  EN AVRIL 1961)

     Monsieur Euridiciónito est entré dans ses atributions:

    – Il s’agit d’un tank SU 100, fabriqué dans l’Usine de Constructions de Machines Lourdes de Sverdlovsk, aujourd’hui Ekaterinbourg.

    – Ooo… en Sibérie, près des montagnes de l’Oural. Qu’est-ce qu’il cherche ici?

    – À l’abri du blindage de 75 milimètres de ce tank,  Fidel Castro a conduit sur place la bataille de Playa Girón, de bout de l’est de la Baie des Cochons, dans le sud de Cuba, dans le jour de 17 avril 1961.

    – Euh… monsieur le professeur, allons commencer méthodiquement, comme à l’école, avec la description du tank et puis avec celle de la bataille!

    – Le tank est une version modernisée du tank soviétique T-34, qui a fait l’histoire dans la Deuxième Guerre Mondiale. SU 100 a été conçu en 1944 par Lev Izrailevitch  Gorlitski et Aleksandr Alexandrovitch Morozov. Il peut pénétrer un blindage vertical, épais de 125 milimètres d’une distance de 2000 mètres, ou un blindage incliné, épais de 80 milimètres, comme celui du tank allemand Pantzer, d’une distance de 1500 mètres. À un poids de 31,6 tonnes, une longueur de 9,45 mètres, une largeur de 3 mètres et une hauteur de 2,25 mètres, le tank atteint une vitesse de 50 kilomètres à l’heure. Il a une autonomie de 150 kilomètres sur un terrain accidenté. Il dispose d’un canon de calibre 100 milimètres avec 34 obus disponibles. De même, il dispose d’une pistolet – mitrailleuse PPSh 41 de calibre 7,62 milimètres, ainsi de cinq grenades antitank.

    – PPSh 41?

    – Pistolet – mitrailleuse modèle 1941 avec système de fonctionnement Gueorgui Semyonovich Chpaguin. Il a une masse maximale de 5,3 kg, une longueur totale 843 milimètres, un magazine de 35 cartouches et une cadence de tir de 1000 coups par minute.

    – Vous êtes un érudit, monsieur Euridiciónito, vous méritez votre nom.

   – La bataille de la Baie des Cochons, “Bahia de Cochinos” dans la langue espagnole, a été la suite de l’ordre donné le 17 juillet 1960 par le président Dwight David Eisenhower, pour la formation d’une organisation paramilitaire avec d’exilés cubains, basée à Fort Lauderdale, en Floride. Comme ça est apparue la Brigade d’Assault 2506, le bras armé du Front Démocratique Révolutionnaire. Comme une paranthèse, l’un des leaders était Sergio Arcacha Smith, qui une période a eu le bureau dans le  même bâtiment avec William Guy Banister, l’un des suspects, parmi d’autres, pour la meurtre du président John Fitzgerald Kennedy.

    – Le président John Kennedy?

   – Le 28 janvier 1961, le nouveau président élu, John Kennedy, a été mis au courant et a approuvé le plan appelé “Pluto”. Le 27 mars 1961 a été formé le Conseil Révolutionnaire Cubaine, dirigé par José Miró Cardona…

     – José Miró Cardona?

    – Il a été premier ministre de Cuba entre le 6 janvier et 13 février 1959, quand il a démissionné et a été remplacé par Fidel Castro. En 1960, il a été nommé ambassadeur au Mexique, où il s’est réfugié aux États-Unis et a demandé l’asile.

     – Fermez la parenthèse, s’il vous plaît.

    – Le 4 avril de même année, le président John Kennedy a approuvé un plan modifié, appelé “Zapata”. La base de départ a été à Puerto Cabezas, en Nicaragua. Le 15 avril huit avions Douglas A-26 Invader, marqués avec de signes des forces armées cubaines, ont bombardé trois bases militaire aériennes à Cuba. Le résultat a été médiocre, ils ont été détruits au sol cinq avions Hawker Sea Fury et deux Douglas A-26 Invader. Le même jour, le pilote cubain Mario Zúñiga, au bord d’un avion Douglas A-26 Invader, avec les mêmes signes d’appartenance, a quitté le Nicaragua, est arrivé à Key West et s’est présente comme un déserteur des forces armées cubaines.

    – Pour donner l’impression à l’opinion publique mondiale que les frappes aériennes ont été menées par des dissidents des Forces Armées Cubaines. J’ai compris la manœuvre.

     – Le président américain a fait le lendemain la déclaration suivante, laquelle je la donne en anglais: “I have emphasized before that this was a struggle of Cuban patriots against a Cuban dictator. While we could not be expected to hide our sympathies, we made it repeatedly clear that the armed forces of this country would not intervene in any way.”

     – Est-ce que je dois la traduire?

     – Non. En substance, il a dit que, même s’il ne cache la sympathie pour les patriotes cubains, qui se battent contre le dictateur Fidel Castro, les forces armées des États-Unis ne vont intervenir d’aucune manière.

   – Dans le même temps, Efigenio Ameijeiras Delgado, le commandant de la Police Nationale Révolutionnaire a ordonné d’être emprisonnés des milliers de suspects anticastristes pour empêcher tout mouvement anti-gouvernement à Cuba.

      – Un signe clair qu’à Cuba est une dictature.

     – Le lendemain, le 17 avril a commencé l’invasion. Un faux débarquement a eu lieu à “Playa Honda”, qui se traduit la Plage Fronde, dans le nord-ouest de Cuba. Le débarquement proprement – dit a eu lieu en deux endroits, La Plaja Larga et Plaga Girón de la Baie des Cochons. Le nombre de ceux qui sont arrivés a été estimé à 1.507, dont 1 330 sont venus avec des navires, plus 177 parachutistes. La manque d’un appui aérien approprié a conduit à la défaite des envahisseurs dans le même jour, accablés par les 250.000 soldats gouvernementaux.

     – Sous la pression de l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes, le président John Kennedy a tenu parole, il n’a pas impliqué les forces armées américaines dans l’invasion.

    – Vous avez dit que Fidel Castro s’est  personnellement impliqué dans la bataille de Playa Girón, en  menant l’opération de ce tank, exposé au Musée de la Révolution. Parmi les envahisseurs 114 ont été tués et 1.183 ont été capturés.

     – Les pertes gouvernementales?

    – On n’a donné un numéro officiel, mais on estime qu’au moins 500 combattants de l’armée cubaine sont morts pendant l’invasion.

     – Fidel Castro est sorti comme vainqueur, monsieur. Euridiciónito, n’est-ce pas?

   – Mon opinion est que Fidel Castro est sorti vainqueur dans une bataille politique, qui est restée de référence pour toutes les confrontations politiques du monde, parce qu’elle s’est produite dans… la Baie des Cochons.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Le vieil homme et la Cuba”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)