Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (100) – Sur les traces de Mihai Tican Rumano

     Mihai Tican (n.a. Michel Tican), qui a ajouté lui – même le nom de Rumano, ce qui signifie Roumain dans la langue espagnole, a été le plus productif auteur roumain de journaux de voyage à l’étranger, qui a ramassé dans ses livres d’impressions recueillies dans l’Afrique, l’Amérique, l’Australie, l’Inde, la Nouvelle-Zélande, le Moyen – Orient et le Proche – Orient.

     J’ai eu la chance de marcher sur quelques traces du célèbre écrivain d’expression  roumaine et espagnole – le premier livre il l’a publié en 1929 à Buenos Aires – et de constater que beaucoup de choses n’ont pas changé au cours de la période entre les deux guerres, tandis que d’autres ont évolué de façon spectaculaire. Parmi les nombreux titres de journaux de voyage, je vais mentionner “La vida del blanco en la tierra del negro” (n.a. “La vie du blanc dans la terre du noir”), “Perdidos entres las fiares” (n.a. “Perdus entre les bestiaux”),  “El hombre-mono y sus muheres” (n.a “L’homme – singe et ses femmes”), “La danza de los canibalas” (n.a. “La danse des cannibales”), “El monstruo del aqua” (n.a. “Le monstre de l’eau”), “El lago de los elefantes” (n.a. “Le lac des éléphants”), “En el corazón de la selva virgen” (n.a. “Dans le cœur de la forêt vierge”), “Sous le soleil de l’Afrique de l’Est”, apparus en 1937 à la Maison d’Édition Cugetarea de Bucarest, je vais m’arrêter au dernier livre, mais pas aux chapitres sur la Palestine (n.a. Israël), l’Abyssinie (n.a. Ethiopie), Tanganyika (n.a.  Tanzanie), mais seulement à ceux qui visent l’Egypte, parce que j’ai voyagé dans ce pays arabe dans le mois février de l’année… 1985 quelques-uns des itinéraires parcouru par Mihai Tican Rumano dans le mois de décembre de l’année… 1934.

     Par exemple, j’ai constaté qu’il y a encore de minidunes  mouvantes, qui invadent le chemin de fer entre Ismaïlia et Port-Saïd, en faisant d’entrer tellement beaucoup de sable fin dans les wagons, qu’il arrive… de “craquer” entre les dents des passagers.

    En échange, le grand voyageur, en étant à Port-Saïd, a constaté qu’à “l’entrée du port est la statue de Ferdinand de Lesseps, le constructeur génial, par le travail de lequel la voie vers l’Orient a été raccourcie d’au moins un mois, parce qu avant (…) les navires ont été contraints de contourner toute l’Afrique (…)”. Après plus d’un demi- siècle, j’ai pu voir que… le socle de la statue en bronze réalisée par le sculpteur Emmanuel Frémiet, le reste en étant… endommagé par l’aviation frano – anglais au cours de la soi-disant “guerre de Sinaï” en 1956, puis démonté par les autorités égyptiennes.

      Quelques pages plus loin, notre compatriote roumain, celui qui a reçu personnellement  des mains de l’empereur Hailé Sélassié la décoration “L’étoile de l’Ethiopie”, a déclaré: “Grâce à ses liens d’amitié avec le vice-roi d’Egypte, et au fait qu’il était parent à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, Ferdinand de Lesseps a réussi à obtenir (…) une concession de 99 ans, laquelle il l’a transferé à la compagnie fondée par lui”. En d’autres termes, la concession devait prendre fin le 17 novembre de 1968. Qu’est-il est arrivé après? En raison de la nationalisation du canal de Suez du 26 juillet 1956 par l’Egypte, dont le président était alors Gamal Abdel Nasser, la concession a pris fin plus tôt avec… 12 ans. En conséquence, “le splendide bâtiment de la Compagnie de Suez” est devenu le siège… de l’Autorité du Canal de Suez, sur lequel je n’est pas vu les drapeaux de la France et la Grande-Bretagne, mais seulement celui… égyptien.

     En ce qui concerne “Mathaf Misrii” (n.a. Musée Égyptien) au Caire, où est abritée la plus riche collection de vestiges pharaoniques, en incluant, entre autres, les objets célèbres de la tombe de Toutankhamon, l’infatigable écrivain précise: “Le célèbre et le grand musée d’antiquités égyptienne je l’ai visité  à quelques heures avant le départ du train (…).Je n’essaye même pas de décrire toutes les salles du musée (…) parce que je les ai visité trop en fuite”. Je n’ai pas réussi à être si rapide. Juste pour entrer dans le musée j’ai du  rester… deux heures à une longue file d’attente de plusieurs centaines de mètres.

     Qui a quitté le pays à 13 ans dans le port de Constanta comme aide – cuisiner sur un bateau et est devenu attaché de presse honoraire de la Roumanie à Madrid à l’ âge de 33 ans, Mihai Tican Rumano a marché sur les  dalles rocailleuses des ” rues étroites et sinueuses où se trouvent de bazars merveilleux” du quartier de Khan Khalil (n.a. Caravansérail de Khalil). Je cite encore: “Même si tu n’est pas une femme, la curiosité ne te donne  pas la paix et chaque fenêtre, chaque stand t’attire (…) Et si tu veux acheter quelque chose, tu dois savoir offrir le prix proche de la valeur réele de l’objet parce que bien souvent les étrangers paient en plus”. Moi, aussi, j’ai constaté le même truc du vendeur du bazar: sa prétention  initiale est beaucoup plus grande que celle voulue  vraiment, alors, à la réception de refus du client, il revient à moitié prix, ce qui,  en raison de la réduction ahurissante, semble acceptable. Ce qui est changé en 1985 en comparaison avec 1934 c’est le mode de paiement si le client n’a pas la monnaie exacte. Si, par exemple, il a à payé 40 livres égyptiennes,  le touriste étranger déjà trompé une fois dans les bazars du Caire, procède la deuxième fois de façon suivant: avec un billet de banque de 100 livres égyptiennes tenu à la vue dans une main, il attend que le vendeur lui donne d’abord… le reste de 60 livres égyptiennes,  après quoi il remet le billet  respectif.

      De même, au Caire, j’ai visité le jardin zoologique, sur lequel  Mihai Tican Rumano a consemné : “J’ai fait une promenade sur le Nil (…) jusqu’à (…) où j’ai vu la plus grande variété d’oiseaux et d’animaux dans le monde”. Et… c’est tout, pas un paragraphe en plus! Je savais qu’il a été construit en 1890, en étant l’un des plus anciens dans le monde. J’ai demandé l’opinion à un ami cairot, qui m’a exhorté avec enthousiasme: “Vous devez le voir, mais sauf vendredi – jour non travaillé – parce que c’est trop aggloméré!”

    Je l’ai écouté et un après-midi de mercredi j’entrais pour une somme modique dans l’enceinte accompagné de ma femme – Ella et mon fils – Edy. Au fur et à la mésure qu’on avançait, le bruit des klaxons et le rugissement des moteurs du traffic routier s’estompaient, en laissant la place au au hurlement et au rugissement  d’animaux. Ne manquaient pas, bien sûr, les crocodiles du Nil, mais ni… les ours polaires. En outre, nous avons vu derrière les barreaux… de chiens de race: berger allemand, dalmatien, husky, labrador etc. En échange… de chats errants miaulaient libres partout pour de diverses raisons. Le soir descendait et les nombreux bancs, situés aux  bords des allées, étaient déjà occupés par de jeunes couples qui profitent de l’obscurité et du camouflage des plantes pour s’embrasser dans de positions… indécentes.

     Est-ce que de faits pareils sur de bancs se passaient et un demi-siècle avant? Il semble que la réponse est non, parce que le livre “Sous le soleil de l’Afrique de l’Est” ne contient pas un tel récit, mais pas à cause d’une réticence à présenter d’aspects… salaces; dans ce sense je cite: “Le fléau de la prostitution est très grande en Egypte (…) Les Anglais (…) ont été contraints (…) de localiser le mal, en  fixant pour les maison de tolérance un certain quartier”. Il en résulte deux conclusions. Premièrement, dans l’Egypte de l’an 1934, à  cause de l’existence des bordels, les bancs dans les parc étaient… vides ou occupés par de personnes decentes, comme aux Pays-Bas. Deuxièmement, dans l’Egypte de l’an 1985, quand on a déjà dissous de tels établissements, les bancs dans les espaces verts sont devenus… bourrés de personnes indécentes, comme… en Roumanie.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)