Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (19) – L’appel à la prière

     Pour tout visiteur dans à un pays arabe, une des plus frappantes curiosités locales est l’appel à la prière. Dans l’automne de l’année 1994, lorsque je suis allé au Maroc pour accorder assistance didactique, je suis arrivés à minuit, en étant hebergé dans le “foundaq” (n.a. hôtel) deux étoiles nommé… Moussafir (n.a. Touriste) de Casablanca. Le deuxième lit dans la chambre était occupé par monsieur Ion Pribeagu, un docteur ingénieur de Bucarest, coopérant lui aussi, chercheur scientifique de toute sa vie, qui est arrivé en chômage en raison de la restructuration de l’institut où il a travaillé. Esprit heuristique, avant se coucher, il a noté soigneusement dans un cahier quelques impressions de la journée. Monsieur Pribeagu était à la première sortie à l’étranger, mais il avait lu beaucoup sur le désert du Sahara, ce qui explique pourquoi, parmi les 70 kilogrammes de bagages, il y avait une tente et un thermos. (!) À l’aube, nous étions tous deux soudainement réveillé par une sorte de hurlement, qui avait la force du signal produit de la sirène d’une locomotive. Je me suis vite revenu, quand j’ai perçu les mots “Allah acbar” (n.a. Allah est plus grand). Je savais, depuis la première coopération, effectuée beaucoup d’années auparavant en Algérie, que ces mots font partie de l’appel à la prière musulmane. J’ai regardé par la fenêtre et j’ai distingué  à une distance de même pas 20 mètres la silhouette svelte d’un minaret, qui, au niveau du troisième étage où j’était, été équipé de quatre haut-parleurs, chacun dirigé vers l’un des points cardinaux. Le Bucarestean, en dépit de nombreuses lectures sur le monde arabe, avait sursauté du lit et, avec les yeux grands comme des soucoupes, tournait en rond, comme à l’imminence d’un danger, mais inconnu.

     – Calmez-vous, j’ai essayé de le faire sortir de cet état . Le grand bruit que vous entendez est seulement l’appel à la prière musulmane, qui se fait par haut-parleurs placés au sommet du minaret, que vous pouvez le voir par la fenêtre.

     – C’est bien que vous m’avez calmé. Je me suis réveillé ahuri et assez  effrayé, parce que je ne comprennais pas ce qui se passe. J’ai lu que dans Casablanca sont 340 mosquées, dont la plus impressionnante est la Grande Mosquée Hassan II, mais je n’étatai pas prévenu que les mosquées sont équipées de haut-parleurs tellement puissants. Il était 4 heures 30 minutes du matin, ainsi nous nous sommes assis dans le lit, en essayant de dormir.

     …Dans le même jour, tout le groupe de coopérants roumains s’était rassemblé dans le restaurant de l’hôtel pour le petit déjeuner. Il y avait un buffet suédois dans lequel se trouvaient de spécialités marocaines à côté de celles  françaises, espagnoles, italiennes, comme, par exemple,  “couscous bidaoui”, “salade niçoise”, “tortilla” (n.a. omlette espagnole) ou “raviolis con spinacio” (n.a. boulettes italiennes farci d’épinard). Monsieur Pribeagu et moi, nous sommes assis à une table où nous avons commencé à se délecter avec les spécialités culinaires choisies en nombre et quantités d’après la volonté de chacun. De notre table s’est approché un monsieur qui nous a demandé en français la permission de prendre place. En parlant, j’ai découvert qu’il est Marocain et que son nom est Almoumin (n.a. Croyant).

     – “Sidi” Almoumin, j’ai entendu des centaines de fois, peut-être des milliers de fois l’appel à la prière, mais en raison du niveau du débutant en arabe que j’aie, jusqu’au maintenant, je n’ai pas distingué quels sont les mots. Par conséquent, je vous prie de traduire le texte respectif.

     – Bien sûr, même m’a fait un grand plaisir votre demande. Tout d’abord, vous devez savoir que cet appel est exprimé uniquement en arabe sur n’importe quel méridien est la mosquée, sauf en Turquie, où il est en turc. Deuxièmement, l’appel à la prière a le même texte qui a resté depuis l’époque du prophète Mahomet, maintenant plus de 1400 ans. Cet appel, qui en arabe est appelé “idzan” contient un certain nombre de formules et d’exhortations, comme suit: “Allah acbar” – Allah est plus grand, “Allah acbar” – Allah est plus grand. “La ilah ila Allah” – Il n’y a pas d’autres divinités qu’Allah, “La ilah ila Allah” – Il n’y a pas d’autres divinités qu’Allah. “Mahomet el Rassoul Allah” – Mahomet est le Messager d’Allah, “Mahomet el Rassoul Allah” – Mahomet est le Messager d’Allah). “Hayya aala sallat” . Accourez à la prière! “Hayya aala sallat” –  Accourez à la prière! “Hayya aala falah” – . Accourez au salut! “Hayya aala falah” – Accourez au salut! “Allah  acbar” – Allah est plus grand, “Allah acbar” – Allah est plus grand. “La ilaha ila Allah” – Il n’y a pas d’autres divinités qu’Allah.

     – Merci beaucoup pour m’avoir édifier, mais je vous prierais de m’expliquer un peu le terme “falah”?

     – Comme je l’ai dit, l’exhortation “Hayya aala falah” se traduit en français par “Accourez au salut”, c’est-à-dire de venir pour sauver l’âme de danger de la tentation de pécher, pour la purification des péchés.

     – Quel sense ont les mots “Allah acbar”? je n’ai pas laissé “sidi” Almoumin du tir des questions réglé au feu automatique.

     – La formule “Allah acbar”, avec laquelle commence l’appel à la prière, rappelle aux gens que Dieu est plus grand qu’eux, et qu’Il va les juger après la mort, selon leur foi et leurs faits.

     – Pourquoi sont utilisés les haut-parleurs?

     – Pour réveiller les croyants, même les croyants plus  ensommeillés en vue d’accomplir l’obligation de faire la première prière, connu comme “el fajr”, c’est-à-dire “l’aube”. La prière peut être fait à la maison ou à la mosquée. L’appel à la prière est entendu même par les enfants encore dans le ventre de maman. À la naissance, ils connaissent déjà la voix du muezzin.

     – Qu’est-ce qu’ils font les musulmans après avoir terminé la prière “el fajr”? j’ai continué curieux.

– Ils se couchent pour continuer à dormir, m’a répondu simplement “sidi” Almoumin.

     J’avais quelques doutes sur la correctitude de la dernière réponse, parce que il est notoire que la population arabe croît de manière explosive. Sans le vouloir, je me suis souvenu de l’histoire drôle  sur l’augmentation de la natalité dans un village après l’établissement dans la respective localité d’une halte d’un train, qui passait tôt le matin. Selon la procédure obligatoire, le conducteur mettait en fonction la sirène de locomotive deux fois, à l’arrêt et au départ, et, par consequent, tous les habitants du village se réveillaient du sommeil et ne se retournaient plus dans les bras de Morphée…

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)