Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (21) – Les cascades d’Ouzoud

     Dans les années vécues à Casablanca, j’ai passé de plusieres fois près de la vitrine d’une agence de voyage, dans laquelle on pourrait voir un “poster” énorme avec une vue splendide des cascades d’Ouzoud. Cette publicité a suscité progressivement mon intérêt, et un jour j’ai passé le seuil de l’agence. Immédiatement, j’ai senti la fraîcheur et le parfum de jasmin de l’air climatisé. La structure de murs présentait d’arabesques, qui rappelaient de palais l’Alhambra de Grenade. En revanche, l’espace relativement petit de l’agence était occupé efficace avec de pièces de mobilier moderne en acier chromé et imitation de cuir: deux bureaux, deux armoires métalliques et autant de canapés. En face de chaque bureau se trouvait une chaise pour les clients, dont l’une était déjà occupée. J’ai été invité à s’asseoir dans la chaise libre par une employée vêtue d’une djellaba (n.a robe avec capuchon et manches longues, tenu caractéristique  dans l’Afrique du Nord) faite d’un matériau soyeux, qui plutôt mettait en relief les formes que les couvrait. Brunette, avec les cheveux seulement  en boucles, en ayant la bouche comme une fraise, le nez rond et les pommettes des joues proéminentes, la Marocaine était d’une jeunesse rayonnante. Malgré le sourire professionnel, les lumières ludiques de ses yeux trahissaient un intérêt particulier envers moi.

     – Oui, monsieur, elle m’a salué.

     – Bonjour, mademoiselle. Je voudrais m’intéresser sur les cascades d’Ouzoud, j’ai commencé timidement.

     – Vous êtes Français? elle me répondu par une question, qui m’a laissé la bouche bée.

      – Non, je suis Roumain, a été mon tour de la laisser  la bouche bée. L’enthousiasme de la mademoselle était évidement en chute libre.

     – Oh, votre pays est voisin de la Suisse? l’employée de l’agence de voyage a essayé de préserver un reste d’optimisme.

     – Non, mon pays est á côté de la mer Noire. Cette réponse a dérouté complètement la mademoiselle en face de moi.

     – Vous êtes venu pour… elle a essayé d’entrer dans le sujet.

     – Je suis venu pour ​​m’intéresser sur les cascades d’Ouzoud, j’ai répété la raison de ma présence là-bas.

     – Les cascades d’Ouzoud sont les plus hautes de l’Afrique avec ses 110 mètres, a commencé à m’expliquer mademoiselle.

     Pour moi est très important tout ce qui est au superlatif – le plus, la plus, les plus, ansi j’avais entendu ce que je voulais savoir.

     – Merci, mademoiselle, pour les renseignements, je vais revenir.

     J’ai quitté l’agence de voyage avec la volonté de visiter à la première occasion les cascades d’Ouzoud.

      C’est ainsi que dans une matinée d’Avril je goûtait un thé à la menthe sur la terrasse découverte d’un motel, en ayant en face le lit rocheux de l’oued Ouzoud, qui était à moitié plein avec de l’eau claire, de montagne. Sur la gauche, à une distance de moins de 50 mètres, les eaux de l’oued disparaient du rayon visuel, en dévalant dans l’abîme avec le bruit du tonnerre. Le soleil s’était levé de trois coudées, et ses rayons dansaient avec les vapeurs d’eau de dessus des cascades   une ronde en arc en ciel. Un platane séculaire assurait une ombre dense sur la terrasse. À ma surprise, j’ai remarqué dans le feuillage plusieurs macaques, qui surveillaient de près ce qui se passe au- dessous d’eux. Toutes les tables étaient occupées par des touristes. À la table voisine étaient deux jeunes touristes, dont une portait un chapeau de paille avec un ruban aux couleurs du drapeau tricolore belge. De ma table, qui était placée juste à côté de la balustrade du bord de la terrasse, s’est approché un homme âgé d’environ 50 ans, avec des yeux bruns-verdâtres, presque immobiles. Il avait les cheveux sel et poivre, coupés courts et une barbe de “trois jours”, qui battait en bleu. Sa front haut présentait quelques rides parallèles. Ses mains semblaient beaucoup trop longues par rapport à l’hauteur d’environ un mètre et quatre.vingt centimètres, celles d’un homme qui a beaucoup joué au tennis dans sa vie. Il portait un tricot bordeaux avec col, qui mettait en évidence sa peau blanche. Le pantalon  long, de couleur claire, et une paire de mocassins complétaient sa tenue. Il m’a demandé la permission de s’asseoir sur l’une des trois sièges libres de la table et ensuite il s’est présenté. J’ai donc appris que son nom est Tarec (n.a. Chemin) Jabali (n.a. Montagneux) et qu’il est professeur de géographie au Lycée  Industriel “Al Khouarizmi” à Casablanca.

     – Ma femme et mon fils sont allés à mes beaux-parents à Rabat. J’ai préféré aller à la montagne, me s’a confessé le professeur. J’aime beaucoup les merveilles naturelles. Malheureusement, je n’ai pas pu voir aucune des grandes merveilles naturelles du monde, telles que les suivantes: le Grand Canyon aux Etats-Unis, les chutes de Niagara à la frontière entre les États-Unis et le Canada, la Grande Barrière de Corail en Australie, les chutes d’Iguaçu à la frontière entre le Brésil et l’Argentine, le mont Fuji au Japon, les chutes Victoria à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, le mont Everest au Népal, les chutes Angel au Venezuela, la montagne Kilimanjiaro en Tanzanie, la baie de Fundy au Canada ou l’île Krakatoa en Indonésie. Les chutes Ouzoud prennent leur nom de la culture des oliviers sur les pentes environnantes, “ouzoud”, en berbère, signifie olive. Dans le lac de la base des cascades viennent de macaques pour boire et se baigner.

     – Monsieurs, comment se fait que le ciel est clair, mais de l’eau tombe du ciel? C’est une sorte de pluie formée par les milliards de gouttelettes d’eau, qui sautent des cascades Ouzoud et sont portées par le vent? est intervenue la femme belge sans chapeau, de la table  voisine.

     Le professeur de géographie, qui avait été plusieures fois à cet endroit, a été plus documenté que moi et a réagi rapidement:

    – Non, mademoiselle. Il ne s’agit pas des cascades Ouzoud. Ce n’est pas de la pluie, non plus. Excusez-moi, c’est du… pissat des macaques cachés là-dessus, dans les branches du platane!

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)