Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (26) – Le mausolée de Rabat

   Il Est connu le fait que Rabat est la capitale du Maroc. Toutefois, les Marocains aiment à dire, en plaisantant à moitié, à moitié sérieux, que leur pays a trois capitales: Rabat, Casablanca et Marrakech, la première, en étant politique, la deuxième – administrative – bancaire, la troisième – touristique. Située sur une colline rocheuse sur les rives de l’oued Bou Regreg, où on respire un air fort, d’hauteur, avec l’odeur de l’océan et de cyprès, Rabat crée l’impression d’une ville calme de montagne, défendue par les murs de la forteresse Casbah des Oudayas, huit mètres d’hauteur et deux mètres d’épaisseur. Rabat est le siège de la plupart des ministères (n.a. ouizara), le parlement (n.a. majlis) et l’un des nombreux palais du roi. Sur le lieu de l’actuelle métropole, le sultan Abd el Moumin a construit en 1146 une forteresse, qui s’est développée au fil du temps et peut être vue aujourd’hui comme la Casbah d’Oudayas. Sous le protectorat français établi après la Paix signée en 1912 à Fès, la petite ville a été choisie comme centre administratif. Après 1956, quand il y a été proclamée l’indépendance, Rabat a été désigné la capitale du Maroc. Le nom arabe de Rabat est Arribat, ce qui se traduit camp, en étant à court El Ribat El Fath (n.a. Camp de la Victoire).

     À Rabat, il y a un ensemble architectural composé de la mosquée Hassan et le mausolée dédié au feu roi Mahomet V, qui m’a tellement impressionné que je l’ai visité à plusieurs reprises. L’entrée en cet ensemble architectural est gratuit, mais il est gardé par deux soldats à cheval, vêtus de beaux uniformes blancs d’époque, turban et yatagan. La mosquée a été construite au XIIème siècle, à  la fois avec la mosquée Koutubia à Marrakech et la mosquée Giralda à Séville. De l’édifice religieux sont restés que le minaret, une partie de la paroi latérale et 200 colonnes de marbre. Le minaret est fait de pierre rouge brique est visible de très loin. Le mausolée est une splendide construction en marbre, plâtre, bois et bronze ciselé, qui a été achevée en 1971, d’après le projet de l’architecte Vo Toan. La salle principale a une forme rectangulaire et est disposée sur deux niveaux: au rez – de – chaussée sont des pierres tombales  et à l’hauteur d’une dizaine de mètres les murs sont pourvus d’un balcon commun, plus de deux mètres de large, où les visiteurs peuvent faire le tour de toute enceinte et regarder sous tous les angles en bas, vers la tombe. Le milieu du plancher est dominé par le tombeau du roi Mahomet V, en marbre jaune – brunâtre, qui d’un côté a une fissure profonde et étandue même dans une partie du couvercle. Dans un coin est un autre monument, beaucoup plus petit, en marbre blanc, qui abrite les dépouilles mortelle du prince Moulay Abdallah, décédé tôt, le frère cadet du roi Hassan II. Les murs sont chargés d’arabesques dorées et le dôme est prévu avec des vitraux épais, avec des ornements comme détachés d’un kaléidoscope, à travers des lesquels la lumière du soleil pénètre avec avec décence. Malgré sa petite taille, le mausolée me semblait plus agréable que ceux consacrés à Vladimir Lénine à Moscou ou à Mao Zedong à Beijing.       Il est arrivé que le 23 Juillet, 1999 s’est produit la mort inattendue du roi Hassan II, juste durant la visite de quatre semaines de mon fils et ma belle fille à Casablanca, où j’ai accordé assistance didactique pendant plusieurs années. Après une dizaine de jours après l’événement tragique, nous avons visité Rabat et, bien sûr, le mausolée dédié initialement au roi Mahomet V. Tous les trois étions avec les coudes appuyés sur la balustrade du balcon intérieur et regardions en bas, où en plus des deux pierres tombales, est apparu dans un coin un paillasson, étendu directement sur la terre qui recouvrait le cercueil du celui qui a été le roi Hassan II. Ensuite, nous avons reconnu monsieur Foudouli (n.a. Curieux) Elkebir (n.a. Legrand), un voisin sympatique  du studio où j’ai vécu à Casablanca, lequel on pouvait le rencontrait souvent, où on veut et on ne veut pas. Je lui ai demandé de nous expliquer pourquoi le tombeau du roi Hassan II n’avait pas été encore couvert avec le monument déposé auprès de la tombe. Monsieur Elkebir a expliqué que chez les musulmans est l’habitude de ne pas couvrir durant 40 jours les cercueils que par la terre pour permettre à l’âme du défunt de se déplacer librement avant la montée finale vers le ciel.

     – Le roi Hassan II a survécu à six tentatives d’assassinat, j’ai rappelé au monsieur Elkebir.

     – Le roi Hassan II a régné 38 années, au cours des lesquelles il a réussi à occuper l’ancien Sahara Espagnol avec une superficie 260.000 kilomètres carrés et moins de 75.000 habitants. Cependant l’ancien roi a eu de nombreux ennemis, qui l’ont  considéré comme un despote impitoyable. Suite à la tentative d’assassinat du 16 Août 1972, dirigée par le général Mahomet Oufkir, le roi a ordonné que sa villa à Rabat soit rasée de la terre et sa veuve avec les six enfants soient déportés dans le désert. Aux funérailles de l’ancien roi Hassan II ont participé les chefs d’ État ou de gouvernement de plus de 60 pays et des dirigeants d’organisations internationales. Parmi eux il y avait Bill Clinton, président des États-Unis, le Prince Charles de Grande-Bretagne, Jacques Chirac, le président français, Johannes Rau, président de l’Allemagne, Carlo Azeglio Champi, président de l’Italie, le roi  Juan Carlos d’Espagne, Eizer Weizman, le président israélien, Hosni Moubarak, président de l’Egypte, Yasser Arafat, président de l’Autorité Palestinienne, Abdalaziz Bouteflika, président de l’Algérie, Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies. À cette occasion, Bill Clinton a déclaré que “le roi Hassan II a travaillé sans relâche pour le bien-être de son peuple” et Jacques Chirac a déclaré que “nous avons perdu un homme qui a aimé la France et le peuple français”. Après ces mots, monsieur Foudouli Elkebir a fait une pause, tant pour changer de poids corporel d’un pied sur l’autre, après quoi il a posé une question digne de son nom:

     – Quels invités de l’étranger ont assisté à l’enterrement de Ceausescu, lequel vous, les Roumains l’avez fusillé après un procès sommaire?

     – Nicolae Ceausescu a été enterré secrètement dans le cimetière militaire “Ghencea” à Bucarest dans la nuit qui a suivi son exécution, de sorte que n’a pas participé aucun chef d’État ou de gouvernement de l’étranger. Mais c’est possible que des représentants des services de renseignement étrangers ont assisté, qui ont été cachés dans l’obscurité de la nuit et n’ont pas comparu dans le film réalisé à cette occasion et diffusé à la télévision partout dans le monde, que peut-être vous l’avez vu, j’ai dit, en pensant que “le fusillé” a incriminé les “agenturili” (n.a. correctement en roumain “agenturile”, c’est-à-dire les agences d’espionage) étrangeres dans les événements qui ont commencé le 16 Décembre 1989 à Timisoara…

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)