Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (34) – Le temps est changeable comme… la femme

     Si vous dites à un Arabe ou à un groupe d’Arabes dans la langue du philosophe Abou Oualid Ibn Rachid, connu sous le nom latinisé d’Averroès, la simple proposition “El jaou moutaqualib bhal… imraa” (n.a. Le temps est changeable comme… la femme), vous allez reussir de tirer un sourire approbateur, même si jusqu’à là vous étes en contradiction d’opinions, et vous serez pour toujours considéré comme un homme spirituel, un membre à part entière du camp… des hommes.

      Cette proposition, dont je la considère, moitié en plaisantant,  moitié sérieusement, comme une modeste contribution personnelle apportée à  l’enrichissement du fond des expressions de la langue arabe, je l’ai utilisé avec succès à de nombreuses ocasions pour démarrer une discussion ou tout simplement pour changer de sujet.

     Un soir de Mars, lorsqu’à Marrakech la température atteint des valeurs d’un été ordinaire à Bucarest, j’étais sur la terrasse du restaurant “Renaissance”, située au septième étage d’un immeuble commercial dans le nouveau et moderne quartier Gheliz, où mon ami marocain Sadeq (n.n. Ami) Maghribi (n.a.Marocain) m’a invité à un verre de bière. De là, je voyais toute la ville, comme un opérateur de la tour de contrôle, qui surveille la piste d’aéroport. Le disque du soleil disparaît rapidement derrière l’extrémité sud-ouest des crêtes  enneigées des montagnes du Haut Atlas, qui étaient visibles à une distance d’environ 40 kilomètres, comme les franges d’aurora borealis, longues tant  l’horizon sud, en faisant se modifier  soudainement le bilan thermique et de nous entourer une fraîcheur alpine. A l’est se dressait la silhouette mince du minaret de la mosquée de Koutoubia, construite au XIIème siècle, au même temps avec la mosquée de la Giralda à Séville et la mosquée Hassan à Rabat, derrière lequel il y avait un fond jaune, du sable apporté par-dessus les montagnes de loin, de désert Sahara, et à l’ouest je distinguais cet étrange bâtiment appelé  Manara (n.a. Phare), qui garde un bassin d’eau, légèrement plus grande qu’une piscine olympique, où de centaines d’années auparavant ont appris à nager les soldats des califes. En bas je percevais l’agitation et les lumières du boulevard Mahomet V, comme un témoin relevant de l’édification du present moderne et tumultueux entre les vestiges d’un passé glorieux. Une tache de verdure, formée par les sommets de 180.000 palmiers, s’étendait à l’horizon nord. Puis j’ai réalisé que le charme de Marrakech réside dans l’existence de certains contrastes, où une composante obligatoire est exotique, situés concomitent à la portée de la vue des touristes: désert – hauteurs alpines, dunes de sable – neige, palmiers – conifères, vestiges de centaines année, construite de pierre ou de terre pisée – bâtiments modernes en béton ou en métal, le labirinte des rues étroites de Madina el Qadima – boulevards larges de Gheliz.

     À côté de nous s’avaient été assis deux Arabes, parce qu’aux autres environ 30 tables n’étaient plus de chaises libres. Chacun de nous avait en face  une bouteille de bière marocaine “Flag  spécial” et personne n’a pas sorti un mot pendant plusieurs minutes après quoi, comme à un signal, tous les Arabes ont eu quelques choses à dire dans leur langue, en m’ignorand totalement. J’ai réussi à comprendre seulement que les deux étaient de “Mouritania” (n.a. Mauritanie) et que le plus vieil, d’environ 60 ans, était “tabib” (n.a. médecin), et le plus jeune au moins avec dix ans portait à la maison en uniforme de “chourti” (n.a. police). Puis, en profitant des changements naturels, qui ont accompagné le coucher du soleil,, j’ai articulé la formule magique en arabe: “Al jau moutaqalib bhal… imraa”. Immédiatement ils m’ont donné leur attention et ont tous commencé à parler dans la langue de Jean de La Fontaine.

      – Oui, il est comme ça, m’a approuvé le “chourti”. Les femmes sont changeables, ont beaucoup de caprices, jetent d’oeillades et doivent être tenues en échec afin d’avoir la paix dans la maison. En outre, dans le Coran il est écrit que les femmes qui ne sont pas soumises aux hommes on doit les frapper et enprisonner dans de résseres pour les provisions jusqu’au moment quand le raisonement leur vient dans la tête.

     – Dans Les livres de Moïse de l’Ancien Testament est interdit même pour l’enfant de la femme dépravée d’entrer dans la congrégation de l’Éternel, j’ai intervenu.

     – Vous voayez, ici les textes sacrés musulmans et juifs ressemblent, a dit le “tabib”. Ainsi, la circoncision est obligatoire pour les Arabes et les Juifs. Puis, il m’a regardé et a dit: vous, en tant que chrétien, si vous voulez vous marier avec une Arabe, il est nécessaire de vous soumettre à cette opération, qui est une des conditions préalables à la conversion.

     – Tout d’abord je ne veux pas une deuxième épouse, j’ai répondu. Aussi, je n’aimerais pas d’être mutilé…

   – Mais ce n’est pas une mutilation, m’a pris la parole le “tabib”. Cette opération peut être effectuée à n’importe quel âge. Par exemple, des milliers d’hommes en provenance d’Inde, du Sri Lanka ou des Philippines chaque année se convertissent à l’islam et ils sont circoncis. Récemment, un médecin pakistanais a breveté un appareil avec lequel cette opération est plus précise, sans mauvais risques. De plus, moi qui j’ai eu de rapports sexuels avec de femmes chrétiennes, je peux vous dire que ça vaut le risque. Faites du sexe avec de femmes arabe et vous aller vivre de moments merveilleux! Les femmes arabes font tout pour que leur conjoint se sente bien dans le lit, pour l’attirer, parce qu’elles savent que si l’homme annonce oralement trois fois le divorce, cet acte est immédiatement de facto et de jure, même si elles s’opposent. Mais, il existe de différences entre les musulmans et les adeptes de la foi juive. Par exemple, les juifs orthodoxes ne font pas de sexe pour le plaisir, mais seulement pour la procréation, et dans de périodes bien établies. Par conséquent, ils utilisent un drap prévu au milieu avec un trou rond, grande tant pour entrer, par example, une figue verte, avec lequel ils couvrent le corps de la femme afin de réduire le contact entre les partenaires à un minimum necessaire. On ne peut pas en dire autant sur les musulmans fondamentalistes, qui déshabillent complètement les femmes. Toutefois, si un musulman fait la figure “69” avec l’une de ses femmes ou avec toutes, ça signifie qu’il a renoncé beaucoup à son orgueil d’homme.

      – Quelle stupidité! a soudainement parlé le “chourti”. Mon emploi du temps au service est très sollicitant et je ne peux pas me permettre de perdre du temps avec de fantaisies durant le rapport sexuel. Par conséquent, j’ai acheté quatre femmes avec l’opération de clitorisectomie faite depuis l’enfance. Mon compatriote sait, mais peut-être vous ne savez pas qu’en Mauritanie cette intervention chirurgicale  est pratiquée chez au moins un quart de la population féminine, mais si elle n’est pas spécifiée dans le Coran. Chacune de mes femmes est prête dans sa chambre pour l’acte sexuel, tandis que je choisis au hasard, me déshabille de l’uniforme avec les yeux sur la montre, je termine rapidement ce que j’ai à faire, je m’habille aussi vite et je m’en vais au devoir. Mes femmes n’ont pas de désirs génitaux, ainsi que mes devoirs masculins sont beaucoup plus petits.

     – Oh, que tu es ignorant! s’est écrié le “tabib”. Que tu sache qu’il existe une autre zone de forte excitation, située pas à l’extérieur, mais à l’autre bout…

     – Dites-moi, le médecin de Pakistan a inventé en quelque sorte un dispositif pour l’extirpation rapide de la zone d’excitation de l’intérieur? l’a interrompu  avec une voix tremblante le “chourti”, en essuyant le sueur de sa front.

     – Je constate que la bière t’aide à avoir de fantesies malefiques, a répondu après une courte pause de réflexion le “tabib”, en secouant la tête avec reproche…

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)