Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (54) – Témoin du mariage

       Le tourisme sexuel, ce véritable fléau de la société moderne a pris une grande ampleur dans le monde entier. Les gens sont assaillis par des publicités qui promettent de mers turquoises, de plages privées et “farniente” à de lieux où la prostitution est… non officièlle, déguisée ou même officielle. Chez certaines agences, le tourisme sexuel est devenu la spécialité de la maison . À cet égard, certains pays sont pointés du doigt: Thaïlande, Philippines, Sri Lanka, et d’autres les suivent de près: République Dominicaine, l’Afrique du Sud, Cuba, Brésil, Madagascar, Cambodge, Kenya. Et dans cette affaire sont impliqués de nombreux adolescents et enfants! Dans le tourisme sexuel participent, en général, deux acteurs: un touriste riche et un habitant pauvre du pays. Il convient de noter que le sex des patenaires peut être n’importe quel, y compris le cas où une femme âgée de l’Occident ou de l’Amérique du Nord part vers une destination exotique à la recherche de plaisirs érotiques avec un jeune autochtone.

      En Avril 1997, pendant les vacances de Pâques j’avais échappé du quotidien d’asphalte, béton et verre de la capitale économique du Maroc pour un séjour pseudoestival passé sur la plage avec du sable fin d’Agadir. Assis sur une serviette, avec les genoux près de la bouche, je regardais l’agitation humaine de la côte de la parallèle 34  de l’océan Atlantique, en faisant attention que même pas un seul millimètre carré de ma peau ne sort pas du périmètre de l’ombre du parasol, propriété personnelle, que je le considérais  comme un accesoire obligatoire pour la protection contre le soleil brûlant. Un panneau d’affichage numérique monté sur un poteau montrait l’heure 9 et une température de l’aire de 25 degrés Celsius. La mer semblait une turquoise infinie, les vagues ne dépassaient pas la hauteur d’une feuille de lotus, l’air avait une légère odeur d’algues pourries. J’étais dans un état de douce oisiveté; je voulais savoir si la température de la piscine qui s’étend de la côte de l’Afrique à  celle d’Amérique a de  valeurs suffisamment élevées pour y entrer, mais je ne me fatiguais pas pour se deplacer jusqu’au bord de la mer pour faire dans ce sense un teste avec le bout des orteils, mais je préfèrais regarder les réactions de ceux qui ont eu le courage de s’immerger progressivement ou par plongeon dans le fluide marine. La plage semblait dominée par de touristes de cheveux blonds, solitaires, d’origine anglo-saxonne ou scandinave, de l’âge proche de celui de la retraite; il y avait aussi de groupes bruyants, formés d’adolescentes ou tout simplement de ceux qui viennent  de célébrer leur majorité. À un moment donné, un jeune homme s’est approché de moi avec la stature imposante, blond, cheveux bouclés, les yeux couverts d’énormes lunettes de soleil, vêtu seulement d’un short “bermude”. À ma grande surprise, j’ai constaté qu’en ma face était Alquadir, l’étudiant de Institut Supérieur Industriel à Casablanca.

     – Bonjour monsieur, vous avez fait un bon choix pour passer les vacances à Agadir, il s’est adressé à moi avec une voix de ténor.

      – Bonjour, comment te semblent les vacances? je lui ai demandé .

– Courtes, comme d’habitude, a été sa réponse.

– Avec quoi t’occupe – toi à Agadir? j’ai continué avec des questions.

– Euh … avec d’affaires, a dit-il avec difficulté.

     – Très intéressant, est-ce que tu a ouvert une entreprise petite ou moyenne? j’ai montré mon intérêt pour sa réponse.

      – D’une certaine manière, et je vais vous dire pourquoi. Je suis un “beach boy” (n.a.  garçon la plage),  c’est-à-dire que je me mets au service des touristes à la recherche de plaisirs érotiques. Je me promene sur la plage et j’entre dans la conversation avec les femmes qui me communique par le langage non – verbale qu’elles veulent ces relations. Alquadir s’est arrêté pour essuyer de sueur ses lunettes de soleil. Dans ses yeux bleus on pouvait lire une petite lumière ludique.

     – On paye bien le service que tu l’offres? je n’ai pas pu m’empêcher de demander à mon étudiant.

     – Comme si, comme ça. Parfois, je reçois 20 dollars parfois 50 ou même plus. Certains membres de la guilde ont plus de chance et arrivent se marier avec de touristes plus ou moins jeunes. Pendant les vacances d’été, j’ai réussi par mon travail à ramasser assez d’argent pour m’acheter de nouveaux vêtements. À la maison nous sommes cinq frères, mon père est à la retraite en raison de maladie et ma mère est femme au foyer. Vous vous rendez compte qu’un sou en plus compte. Alquadir s’est arrêté et a jeté un coup d’œil inquiet à l’ horloge numérique du poteau.

     – Je vois que le temps est précieux pour toi, raison pour laquelle je te souhaite de réussir dans ton activité sur la plage d’Agadir, je l’ai encouragé à s’en aller.

     …Après-midi j’ai eu la surprise que, parmi ceux qui se promenaient avec leurs pieds immergés dans l’océan jusqu’à la cheville, de voir… Alquadir, en se tenant avec sa main avec celle d’une femme blonde, presque aussi haute que lui, de 40-45 ans, qui, en dépit de l’obésité avancée  marchait avec une facilité déconcertante. Un foulard noué autour du bassin couvrait ses cuisses épaisses. Le deuxième jour,  je les ai vu encore, mais mon étudiant tenait sa partenaire des épaules, et la blonde avait un bras autour de sa taille. Le troisième jour, je l’ai vu… seul, en se dirigeant vers moi.

      – Bonjour, monsieur, ici êtes – vous? il m’a salué.

– Bonjour, comment vont les affaires? j’ai répondu par une question.

     – Très bien, même  très bien. J’ai connu Fetta (n.a. Grasse), une Italienne d’origine allemande, de Milan, où elle travaille comme infirmière. Je lui ai dit: “Je t’aime”. Elle m’a demandé:  “Qu’est-ce que se cache derrière ces mots?” Je n’ai pas su quoi répondre. Je lui ai demandé: “Comment font le sexe les Européens?” Elle a répondu par une question: “Comment font le sexe les Berbères?” Ensuite, nous avons commencé à rire. J’ai dit: “Essayons!” Je suis allé à sa chambre d’hôtel. Ainsi nous avons constaté que nous aimons faire le sexe jusqu’à l’aube, quand nous sommes tombé comme morts par la fatigue. J’ai eu l’orgasme six fois, et elle dix fois. Fetta m’a demandé de ne pas dormir dans le même lit, parce que’elle ne pourrait pas résister à la tentation de s’approcher de moi et de recommencer “les hostilités”, donc j’ai dormi sur un fauteuil. Hier soir, elle est partie en Italie.

     – A partir de maintenant qu’est-ce que tu va faire? je posé une question .

     – Je reste et demain dans l’espoir que je vais trouver encore une femme allemande, même si mon cœur est lourd parce qu’il me semble que je suis tombé amoureux de Fetta, il a avoué.

     …Après de deux ans j’ai rencontré Alquadir. Il n’était plus mon étudiant. Il devait se marier avec Fetta et de s’installer en Italie. “Vous savez, dans le cas des mariages entre un musulman et une chrétienne il est necessaire d’être un témoin de chaque religion. Par conséquent, je vous prie d’être le témoin chrétien du mariage entre moi et Fetta”, il m’a pris à l’improviste.

     C’est ainsi que je suis arrivé au cadi, où j’ai signé l’acte du mariage rédigé en arabe.  “J’ai dit à Alquadir que je ne veux pas arriver dans un asile pour les vieillards. Il m’a promis de prendre soin de moi jusqu’à la fin des temps. Les Allemands sont impotents et les Italiens restent avec toi 4 – 5 ans, après quoi ils s’ennuient et te laissent”, a tenu Fetta m’informer durant le repas festif qui a suivi.

 

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)