Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (60) – La diva du monde arabe

      Pour un étranger, les canaux formels les plus utilisés de la communication et de l’information sur la culture d’un peuple sont la télévision, la radio et la presse. Après un séjour prolongé en Algérie et au Maroc j’ai commencé “chouia – chouia” (n.a. lentement) à savoir quelque chose de la littérature, le cinéma, la peinture, la musique et la danse arabe. De ce point de vue, j’ai constaté que les étudiants avaient le rythme dans le sang, en étant toujours prêt à chanter et danser, même pendant les cours de… dessin techinique. D’eux, par des canaux informels de communication, j’ai entendu pour la première fois parler sur Oum (n.a Mère) Kalthoum (n.a. Pommettessaillantes) – la célèbre chanteuse égyptienne, appelée “Kaoukab el Chark”, Astre de l’Orient, ou sur Khalid (n.a. Éternel) – appelé “malik el musika raï” (n.a. le roi de la musique raï) – le connu interpret algérien de la musique “raï” (n.a. avis) et de la chanson “Aïcha”.

     J’étais dans l’une des nombreuses petites baies profondes, avec le rivage montagneux et abrupt, situées entre Agadir et Essaouira, appelés “plages sauvages”. J’étais arrivé armé avec un tube en caoutchouc et des lunettes étanches pour la plongée sous-marine. C’était un matin clair du Juillet. L’océan Atlantique était sans une ride, d’une clarté extraordinaire; on voyait clairement le fond rocheux à une profondeur d’au moins 30 mètres. Le baume des fleures et la purété  de l’air auraient créé une atmosphère paradisiaque, si n’auraient été pas certains facteurs polluants: les radio-cassettes avec le volume sonor au maximum et les grilles sur lequelles on préparait de la viande de poisson bien épicée. De groupes de jeunes de deux sexes, en particulier de Marocains, profitaient du soleil, de l’eau et de la  vue  de la flore et de la faune sous-marines. Une de leurs principales activités sur le rivage était “raqs charki” (n.a. danse orientale) – la danse du ventre. À côté de moi se trouvait mon étudiant Hakim, qui y était venu avec un des groupes bruyants. À cause de sa longue barbe, je le soupçonnais d’être un fondamentaliste musulman. J’ai lui demandé une explication:

       – Depuis plus d’une heure j’écoute le même concert, n’est-ce pas ?

    – Vous avez raison, monsieur le professeur, c’est la chanteuse Oum Kalthoum, qui avait l’habitude de donner de spectacles longs, d’une durée d’au moins trois heures.

     – Je voudrais que tu me dise, brièvement, à ce sujet, je l’ai prié.

    – Oum Kalthoum Ibrahim el Saïd  el Beltagui, connue sous le nom Oum Kalthoum, est née le 4 mai 1904 à un village dans le delta du Nil et a mouru de néphrite, le 3 Février 1975 au Caire . La chanteuse a chanté plus de 280 chansons, dont à moi, personnellement, ma plu le plus “L’amoureux est trahi par ses yeux”. Elle a visité Damas, Bagdad, Beyrouth, Tripoli, et Paris, où en 1967, elle a donné un concert dans la salle “Olympia”. Il a vécu adulée par des millions de gens simples et en même temps, bien vue par les dirigeants de l’Égypte, à la fois sous le régime du roi Farouk et du président Gamal (n.a Beau) Abdel Nasser (n.a. Serviteur du Victorieux), celui qui a dirigé le mouvement pour abolir la monarchie. Oum Kalthoum a été la plus célèbre chanteuse du monde arabe, ou comme disent les Italiens, une diva . Elle a été mariée en 1953 avec le médecin Hassen el  Hafnaoui, mais malheureusement, après sa mort elle n’a pas laissé de descendants, cependant, des millions de gens sont devenus orphelins, démunis de leur “Mère” spirituelle. Dans l’acte de mariage, elle a demandé à être mentionné que non seulement elle a le droit de demander, comme l’exige la coutume musulmane, mais aussi de prendre… la décision du divorce, indépendamment de la décision de son mari, ce qui prouve le pouvoir qu’elle a exercé sur lui, surtout parce  qu’elle avait, et non lui, ce que dans  le management  l’on appelle le contrôle des ressources financières.

      – Quand est-ce que c’est aggravée sa maladie?

     – En 1972, Oum Kalthoum a donné le dernier concert de sa vie, qui a eu lieu au Palais du Nil au Caire. Puis il est allé aux États-Unis pour être traitée de néphrite. Malheureusement, elle n’a pas pu être opérée, mais a vécu encore trois ans en raison d’un traitement médical moderne. Elle  s’est retournée au Caire, où elle a été enterrée dans “Qualaa el qubour” (n.a Citadelle des tombes).

    – Je trouve que Oum Kalthoum a été un parfait exemple de l’exportation artistique égyptienne dans le monde arabe, j’ai voulu remarquer.

    – Dans les années ’60 et ’70, l’Egypte s’est imposé comme le pricipal producteur de films et de programmes de télévision arabes. Par exemple, la série d’animation égyptien “Foauazir” (n.a. Devinettes) a été reprise par toutes les télévisions du Golfe et de l’Afrique du Nord dans les nuits de Ramadan et a battu tous les records d’audience. Actuellement la production du film du Caire est fortement affectée par la concurrence de la Syrie ou de la Jordanie. Pendant ce temps, un autre radio-cassette lançait les accords de la chanson “Aïcha”. Le visage de Hakim est devenu plus animé.

     – Je vois que tu aimes cette chanson, comme je le fais, je me suis confessé.

    – La chanson internationale “Aïcha” a été composée par Jean- Jacques Goldman, un – et Hakim a fait une brève pause – Juif français, tandis que le chanteur est Khalid, le célèbre interpret algérien de la musique “raï”. Cette chanson est très appréciée à la fois à Téhéran ou à Bagdad et à Tel-Aviv. Quand Khalid a voulu faire une tournée en Israël avec “Aïcha”, il a reçu des menaces de mort de la part de certaines organisations musulmanes fondamentalistes.

      – Quest-ce que c’est la musique “raï”? j’ai essayé de changer de sujet .

     – Ce genre musical a émergé au XIXème siècle dans les villages autour d’Oran. Est devenu de coutume que celui qui demandait  “raï”,  c’est-à-dire l’opinion des sages, devait être accompagné par un groupe vocal-instrumental, dans lequel une voix rauque de tabac et d’alcool faisait un commentaire sur le fond musical de “derbouka”, “bendir”, “oud” et “ghaïta”.

     – Attends un peu, Hakim. Tu m’a pris trop rapidement. Expliques-moi, s’il te plaît, qu’est-ce que sont tous ces instruments de musique?

     – “Ma chi mouchkila” (n.a. pas de problème), il m’a  répondu. Les instruments de la musique traditionnelle arabe sont les suivants: “oud” – luth à manche court, “guembri” guitare à trois cordes, “camanjav” – violon, “derbouka” – coupe céramique ou en métal avec une peau tendue, “bendir” – bande circulaire en bois ou de métal avec une peau tendue, “tour” – bande circulaire de bois ou de métal avec une peau tendue et de cymbalettes, “qraqebs” – des castagnettes – métalliques, “nira” – flûte en bois avec de roseau de canne, “ghaitav” – hautbois en bois avec  de roseau de canne et trous sans clapets.

     Dans l’air retentait le refrain de la chanson “Aïcha”: “Aïcha, Aïcha, écoute- moi, Aïcha, Aïcha, t’en vas pas, Aïcha, Aïcha, regard moi, Aïcha, Aïcha, reponds moi”. En devenant désormais mieux informé sur l’histoire de cette chanson, je me préparais pour poser  à Hakim la question suivante: pourquoi tu ne proteste pas à l’écoute de cette collaboration  entre un sujet de la religion du prophète Mahomet et un adepte de la religion du prophète Moïse et tu ne demandes à tes amis de changer la cassette? Mais, tout de suite  j’ai renoncé le déranger parce que je l’ai entendu fredonner “Aïcha.. “

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)