Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (65) – La Résurrection du Christ

      En l’automne de l’an 1982, j’ai eu l’occasion de percer le rideau de fer, la frontière qui séparait les Etats socialistes d’Europe Centrale et de l’Est de ceux capitalistes du continent. Avec le passeport de service dans la poche, armé avec la vision marxiste – léniniste sur le monde et la vie, endoctriné avec la justesse de l’inébranlable route  de la Roumanie vers le communisme, mis en garde contre le danger permanent que sur la route je pourrait être provoqué par les reporters – espions du poste de radio  “L’Europe Libre”, avec des milliers de questions rhétoriques activés simultanément dans le cortex, j’ai monte à bord de l’avion du vol “Air Algérie” à la destination d’Alger pour commencer ce que le réputé journaliste Mihai Buznea l’a qualifié d’être… “l’apostolat” de pédagogue en Algérie, qui a duré trois ans, suivi à un grand intervalle de temps d’un autre, au Maroc, pour une période de cinq ans. L’avion a fait une escale à l’aéroport de Belgrade, qui a représentait un premier choc, étant donné l’opulence qu’il l’affichait. Puis je suis entré dans… le monde arabe, où j’ai eu un autre choc lié à la différence du relief, du climat, de population, du régime social et, en particulier, de… la religion.

     Lors des réunions de l’enseignement politico-idéologique j’avais appris déjà que Frederich Engels a écrit dans “Anti – Düring”: “Toute religion n’est que (…) le reflet fantastique, dans le cerveau des hommes, des puissances extérieures qui dominent leur existence quotidienne”. De même, il était également archiconnue la syngtagme  utilisée par Karl Marx – “l’opium du peuple” – quand il faisait référence à la religion. Aussi n’étaient pas inconnus pour moi certains enseignements venus de la pensée  de Vladimir Ilitch Lénine, tels que: “L’idée de Dieu a fait (…)  engourdir «le sens social» (…), elle en étant toujours une idée de l’esclavage”. Je savais aussi la syngtagme  de “l’absurdité historique”, utilisée par Engels pour qualifier, à son avis, l’existence dans les concepts et les pratiques du judaïsme, du christianisme et de l’islam a de certains éléments de culte, de rituels, qui se perpétuent depuis la commune primitive. Avec un tel baggage de connaissances  j’ai été mis dans la situation à écouter les critiques apportées au christianisme par les Algériens, avec qui j’entrais en contact et d’essayer esquisser d’arguments “pro domo”.

     Je me souviens que dans l’une des discussions sur cette question on est arrivé à ce qu’on appelle… le pari de Blaise Pascal (n.a. 1623-1662), de qui j’avait entendu jusqu’à là qu’il a été un mathématicien et physicien. Il est arrivé que le mercredi, 30 Avril 1985, d’être invité par Mouhandis (n.a. Ingénieur), possèseur d’une société de production d’Oran et mon partenaire de tennis, pour voir comment il comprend de célébrer le 1er Mai avec ses employés. Il était 12 heures. Au début de la pause de déjeuner a eu lieu une réunion qui s’est tenue devant une halle où Mouhandis a souhaité de la santé, de succés professionnels à environ 80 employés. Ensuite, à toutes les personnes présentes, y compris à moi, on a distribués gratuitement une assiette de papier avec un gros morceau de mouton rôti, du pain en forme de baguette et une bouteille de demi-litre avec du jus. Les gens sont restés debout pendant qu’ils ont mangé et ont commencé à discuter entre eux, en formant de petits groupes aux quels est passé  successivement le patron, après  quoi  ils se sont  retirés à l’ombre des murs pour se reposer jusqu’à 13 heures. La festivité prennant fin, Mouhandis m’a conduit à la fraîcheur de son bureau.

      – J’ai bien aimé ton discours court et au point, et le mouton rôti était délicieux, j’ai exprimé une opinion, en attendant que le thé à la menthe dans le verre se refroidisse en peu.

   – J’ai essayé à allier l’aspect festif avec un repas pour lequel j’ai sacrifié cinq béliers, afin que mes subordonnés  sentent et à… l’estomac que demain est le 1er Mai, a expliqué le patron.

    – Aujourd’hui, en Roumanie on fait d’intenses préparatifs pour le défilé, j’ai remarqué à une voix qui trahissait une certaine nostalgie.

     – Vous, les Roumains, êtes éduqués de célébrer à haute intensité les fêtes laïques, mais secrètement les fêtes religieuses, n’est-ce pas? j’ai été pris par de questiones.

     – Tu a raison. J’ai appris à l’école que Marx et Lénine ont repris ce qui a été le plus précieux dans la vieille athéisme de Giordano Bruno, qui a été brûlé sur le bûcher à Rome comme hérétique, et d’autres philosophes, après quoi ils ont élaboré l’athéisme scientifique, j’ai l’approuvé.

   – Je te donne un conseil: laisse athéisme prêché dans les écoles de la Roumanie et pense… au pari de Pascal.

    – Je ne sais pas de quoi il s’agit, j’ai admis mon ignorance.

   – Tu a entendu parler de Blaise Pascal, qui a découvert la loi de la physique et la théorème homonyme de géométrie, de qui le mathématicien et l’astronome néerlandais Christiaan Huygens a dit ironiquement après l’a rencontré le 23 Septembre 1647, qu’il “a trop de vacuum  dans la tête “, n’est-ce pas?

   – Évidemment, j’ai entendu parler de mathématicien et physicien français Pascal, dont le nom est devenu une unité de pression, je suis ingénieur comme toi, j’ai répondu étonné.

   – Eh bien, vers la fin de sa courte vie de 39 ans, il s’est illustré en tant que philosophe. Ainsi, il a commencé vers 1656 à faire l’apologie de la religion chrétienne. Pour Pascal, comme est  indiqué dans son  œuvre “Pensées”, la croyance  en Dieu est rationnelle à la suit de l’argument suivant: “Si Dieu n’existe pas, celui qui croit en Lui n’a  rien à perdre, tandis que si Dieu existe, celui qui ne croit pas en Lui va perdre tout (n.a. Il ira en enfer)”. En d’autres termes, dans la vie “nous sommes obligés de faire de paris,  le jeu sur les courses de chevaux”, et dans l’un d’eux est préférable de s’appuyer sur la croyance en Allah chez les islamistes, en Dieu chez les chrétiens, ou en Jéhovah chez les mosaïques.

   – Mouhandis, l’argument de Pascal est très convaincant et, en effet, la croyance en Dieu est rationnelle indépendamment de la religion .

   – En outre, si l’on considère qu’il y a au moins 75 religions, les croyants ont une probabilité égale de 1 sur 75 d’échapper de l’enfer, tandis que chez les athées cette – là est nulle, a continué Mouhandis.

  – Tu sais que je ne suis pas un athée et ici, en Algérie, j’ai pu célébrer les Pâques sans problême, j’ai attiré l’attention à mon compagnon.

  – Pâques ou Pâque, comment c’est est mieux? a voulu savoir Mouhandis.

  – Pâque, au singulier, c’est la célébration de l’Exode d’Egypte par les mosaïques, et Pâques, au pluriel, c’est la fête de la Résurrection du Christ pour les chrétiens.

   – Oh, non, excuse-moi que je te contredis. Christ n’est pas résususcité, parce qu’Il n’a pas été crucifié, mais Son sosie.  Nous, les musulmans, ne croyons pas en l’Annonciation; Christ a été le fils de Mariame, c’est-à-dire de Marie, mais pas de Dieu. Christ est considéré comme un grand prophète, au même niveau que Moïse et Mahomet.

  – Tu sais quoi? Allons ne parlons plus de la religion pour ne pas arriver à la querelle. Je crois dans la Résurrection du Christ et je ne vais certainement pas aller en enfer, au moins si je prends en compte seulement… le pari de Pascal. Mieux vaut que nous buvions le thé jusqu’à ce qu’il ne se refroidisse complètement, j’ai conclu.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)