Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (79) – L’autruche mâle sellé

    Une image à l’échelle réduite, assez véridique du relief de près de 1000 kilomètres de la côte méditerranéenne de l’Algérie, en général élevée et rocheuse, avec de baies largement ouvertes, parsemée ici et là avec des plages  sableuses, peut être obtenue en suivant la route asphaltée de côte, à une longueur de seulement 45 kilomètres entre Oran et Les Andalouses, qui passe par Mers el Kebir et le cap Falcon. Une variante plus courte de 20 kilomètres, mais moins pittoresque, passe par Bou Sfar.

     Le 20 Octobre 1983, un vendredi – le jour de repos hebdomadaire dans le calendrier hégirien et algérien – j’étais avec ma femme sur la plage de Les Andalouses, avec la longueur tant que je voyais avec les yeux et la largeur variable de quelques dizaines à quelques centaines de mètres. Alors, nous donnions assitance didactique dans ce pays africain. On est arrivé à la bien connue station balnéo – climatique algérienne pour faire un bain de soleil et de l’eau de mer après avoir parcouru dans la voiture “Dacia 1310” le trajet pitoresque, mais aussi risqué, dans lequel une simple manœuvre fausse peut conduire à voler… en piquage vers les vagues écumantes de la mer Méditerranée. J’avais regardé encore  une fois la partie visible des immences grottes de Mers el Kebir, où ont stationné les sous-marins nucléaires de l’O.T.A.N. dans la période précédente de 1962, jusqu’à l’Algérie est devenue indépendante et toute la base militaire navale est passée sous le commandement soviétique.

     Nous nous avons installé près d’un haut repère sur ​​la plage, facilement reconnaissable, qui  était une autruche peinte sur une construction pliante, de planches en bois renforcés à l’arrière avec de profiles métalliques, d’un photographe ambulant. Les amateurs de souvenirs excentriques montaient sur un esclalier, passaient une jambe sur l’autre côté et s’étaient assis sur une sorte de selle, en étant puis tirés dans une photo – document, du fait qu’ils ont chevauché… un oiseau en pleine course. À côté, à quelques mètres il y avait une autre construction peinte, beaucoup plus petite, où les gens prennent des photos, en chevauchant une… chèvre. Il était 15 heures et le soleil était loin, par-dessus l’Afrique, en rayonnant comme un poêle dans lequel le bois brûle lentement, avec la petite porte du  cendrier fermée. La mer était calme et seulement au rivage se formaient de petites vagues, qui déplaçaient sur une  distance de maximum un mètre, dans un movement va-et-vient de coquilles à différents stades de décomposition. La brise s’avait reduit à un souffle léger, qui venait de la terre chauffée par le soleil un peu plus rapidement que l’eau de mer. La présence de quelques touffes de palmiers rappelait le fait que nous étions dans une région au climat méditerranéen. Le rare cri de mouettes se superposait sur  un bruit de fond, caractéristique de la mer. Les quelques hommes qui sont y venus étaient divisés en deux zones principales: sur le sable ou dans l’eau. Évidemment, mon premier souci a été d’essayer la température de la mer. En estimant qu’elle était assez froide, j’ai reporté le plaisir de nager à plus tard. Au retour, je me suis arrêté à l’autruche et j’ai regardé de plus près qu’aux autres occasions. Il avait un plumage à dominante noire avec des taches blanches. La selle se trouvait plus haut du sommet de ma tête. De moi s’est approché le photographe, un vieil homme, brunet, très haut, ​​avec une chemise à fleurs, déboutonnée, avec des manches courtes et en slip. Il portait des lunettes et quand il parlait laissait  à la vue une denture jaunie et décomplétée, probablement à  cause de la pipe qu’il la tennait dans un coin de la bouche. De bouche à oreille, j’ai découvert qu’il s’appelle Tsala (n.a. Autruche) et qu’il a été un professeur de biologie avant de se retirer. “Je gagne un peu d’argent”, me s’est confessé le vieux .

     – Il existe encore d’autruches en Algérie? j’ai demandé à un moment donné au photographe.

    – Les soi-disant “struthios camelus camelus”, c’est à dire la sous-espèce d’autruche qui s’est développée en Afrique du Nord, n’est plus en Algérie, mais seulement en Ethiopie ou le Soudan. En Somalie, il y a une sous-espèce appelée “struthios camelus molibdophanes”. La faune de l’Afrique du Sud, d’une part, et en Tanzanie ou au Kenya, d’autre part, contient le soi-disant “struthios camelus australis”, respectivement. “struthios massaius camelus”. Mais pourquoi vous demandez? Voulez-vous prendre une photo?

    – Je veux prendre une photo, mais pas chevauché parce que personne ne va me croire, moi en étant très lourd, mais à côté des belles plumes de queue, j’ai répondu en hésitant..

     – Si vous prenez une photo derrière l’autruche, un spécialiste ne va pas vous croire.

     – Pourquoi? j’ai admis mon ignorance.

     – Parce que l’autruche est le seul oiseau qui élimine l’urine et les fèces séparement.

     – Je n’ai pas compri, j’ai insisté pour être éclairé.

    – Qui se trouve sous la queue de l’autruche  risque  d’être éclaboussé… d’urine. Il ne sait pas grand chose. Il y a un proverbe arabe qui dit le cerveau de cet oiseau est plus petit que… les yeux.

    – Alors, je vais prendre une photo en face de l’autruche, j’ai changé d’avis .

    – Ni comme ça un spécialiste ne va vous croire, a repliqué le photographe.

    – Pourquoi? j’ai répété la question.

   – Parce qu’il y a un risque que l’autruche va vous voler un objet et de l’avaler, comme les lunettes, ou même de vous pincer un yeux et de vous éborgner.

     – Alors, il ne me reste plus que de monter en selle et me tirer une photo dans cette position, j’ai cédé.

     – Même comme ça un spécialiste ne va pas vous croire, a prononcé l’Algérien, en souriant.

     – Pourquoi? j’ai été obligé de demander une troisième fois.

    – Parce que les autruches mâles ne se laissent pas chevauchés et se débattent comme plus fort que  les taureaux et les chevaux dans les compétitions de rodéo,  a répondu le photographe avec de clémence.

     – Mais, dans votre peinture ne se distingue pas le sexe de l’autruche, j’ai constaté avec de candeur.

    – Il faut aussi savoir que les autruches mâles ont le plumage à dominante noire avec des taches blanches, tandis que toutes les plumes des femmelles sont grises, m’a expliqué l’ancien professeur de biologie .

   – Si les choses sont comme vous dites, pourquoi vous ne pas changez la peinture? j’ai demandé avec  étonnement.

     – Initialement j’ai eu peint une femmelle, mais le plumage gris n’attirait pas de clients, ainsi j’ai peint une autruche… mâle, a. été la réponse.

     – Mais pourquoi à l’autre décor vous avez  choisi une grande chèvre avec un  grand pis et vous n’avez pas peint un bouc avec de longues et belles cornes? j’ai encore demandé contrarié .

    – C’est une question de l’inconscient collectif, acquis depuis l’époque où la plupart des gens étaient de bergers. Initialement j’avais peint un bouc, mais le résultat a été un échec commercial. Puis j’ai changé le sexe de l’animal et a constaté que les choses se sont changées radicalement. De nombreux Algériens ou touristes européens viennent avec beaucoup de plaisir pour être photographiés, en chevauchant une .. chèvre, vous avez compris?

    – S’il est vrai ce que vous m’avez dit, alors je vous recommanderais que, pour attirer plus de clients venus  sur ​​cette plage de toute l’Europe, à investir dans un autre décor, peint avec une… brebis, j’ai exprimé une opinion.

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)