Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (90) – Le plaisir d’acheter

     Les marchés agro – alimentaires en Roumanie sont aprovisionnés, évidemment, des produits récoltés dans l’espace carpato – danubieno – pontique, mais certains sont importés de “pays chauds” comme par éxample: les oranges… de Chypre, les pamplemousses… de Turquie, les  citrons… de  Grèce ou les bananes de… l’Équateur; de Nouvel An, même les tomates proviennent… de Jordanie. L’influence dans le coût du transport des milliers de kilomètres fait que le prix des fruits et légumes augmente. Dans les cinq ans, tant que j’ai donné assistance didactique au Maroc, un pays situé dans l’extremité   nord -ouest de l’Afrique, j’ai trouvé que tous ces fruits et légumes ne sont pas importés, et même qu’ils entrent dans les entrepôts de… l’Union Européenne.

     De la vérité de cette situation ont été concients et  certains membres des équipages des avions de  la compagnie roumaine qui est arrivée à Casablanca. Par conséquent, dans les années ’90, ils montaient une petite affaire: ils achetaient  des dizaines de kilogrammes de tomates du Maroc, lesquelles ile les vendaient en dessous du prix du marché de Bucarest, en réalisant de doubler l’argent investi. Mais, ils ont eu quelques problèmes, raison pour laquelle ils ont fait appel à l’aide des Roumains qui travaillaient à Casablanca. Le premier problème a été le manque de temps. Ils arrivaient à l’hôtel après-midi ou le soir, et le lendemain à l’aube ils étaient pris par le microbus vers l’aéroport “Mouhammad V” pour décoller vers l’aéroport “Otopeni”, actuellement, “Henri Coanda”. Un deuxième problème a été le fait que le marché le moins cher se trouvait quelque part au milieu de la vieille ville, appelée en arabe “Madina el Qadima”, un vrai labyrinthe de ruelles étroites dans lesquelles tout touriste étranger pense avec peur qu’il pourrais s’égarer ou être attaqué par de voleurs. Enfin, le dernier problème, mais pas moins importante, était le fait que les commerçants marocains…  élévaient les prix automatiquement à la vue  d’un client avec l’air d’Euopean. J’ai eu la disponibilité de résoudre les trois problèmes, mais j’ai fait une petite affaire: j’ai envoyé à  Bacau de lettres avec de timbres… roumains, qui ont été posées par ces “Icares” modernes  dans une boîte aux lettres de… Bucarest.

     Un jour Décembre je me dirigeais vers l’hôtel “Hyatt Regency”, situé dans le milieu de la place Mahomet V – le cœur du quartier commercial de Casablanca. Il était près de 16 heures et le soleil était sur ​​le point de coucher. Un fraîcheur humide, qui entrait jusqu’à l’os, me prennait  progressivement. La circulation routière présentait un maximum, qui se faisait senti dans le nez et les oreilles. Quand je suis entré dans l’hôtel, un gardien avec un fez rouge m’a accueilli cérémonieusement. L’immense hall semblait une oasis de confort urbain dans cette métropole vibrante. À l’accueil j’ai reçu une note dans laquelle j’étais annoncé que les membres d’équipage vont retarder une heure, parce que ils viennent d’entrer dans les chambres. J’ai profité de l’occasion de revoir le bar “Casablanca”, où tout autour, sur les murs étaient de grands tableaux avec des images du film homonyme et les portraits d’acteurs Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. Quand je suis arrivé à… la liste avec des prix je suis sorti du bar et je me suis assis sur un fauteil du milieu de la salle. Je regardais avce intérêt les clients de l’hôtel et je pensais qu’ils possédaient des résidences accessibles uniquement par… “Mercedes”. Enfin, sont apparus mes hommes avec… deux sacs de bagages chacun. Nous avons traversé le boulevard Tahar el Alaoui et nous sommes immédiatement entrés à la “Madina el Qadima”. J’aurais avoir la “plume” des célèbres Ilya Ilf et Evgueni Kataév (n.a. Petrov) pour décrire comment ont été parcourues à aller, mais surtout au retour, avec des sacs bourrés de tomates avec… 15 kilogrammes chacun, les ruelles étroites où nous avons rencontré d’hommes pressés, chévauchés sur d’ânes ou de motos.

…Vers 8 heures du soir, je me suis retrouvé dans le hall, mais devant un verre de thé à la menthe. Près de moi se trouvaient les maris Alma et Icare Zburatorul (n.a. Levoleur), les deux sur le poste d’hôtesse de l’air sur l’avion roumain. D’autres membres de l’équipage ont choisi d’aller au lit. À un moment donné, monsieur Zburatorul m’a demandé:

     – Combien d’années vous avez eu besoin pour apprendre l’arabe?

    – Tout d’abord, je ne suis pas arrivé au niveau même de débutant. Il est dit que l’arabe s’apprend bien dans sept ans. Au début, j’ai communiqué par de signes, c’est-à-dire dnas la langue… “gymnastique”. Maintenant, je me  debrouille en peu dans les marchés. Quand je m’adresse en arabe, même si je parle mal, le vendeur m’offre un prix même deux fois plus bas. Par exemple, aujourd’hui, vous achetez de tomates avec trois dirhams le kilogramme; sans moi le prix aurait été substantiellement plus élevé.

     – Oui, nous savons que les vendeurs du marché annoncent aux touristes le premier prix beaucoup plus élevé, m’a approuvé mon compagnon. Dites-nous comment on dit tomate en arabe?

     – En arabe on dit “bandoura”, mais les Marocains parlent un dialecte mahrebin, appelé  darija, dans lequel à la tomate on dit “tomata”.

     – Comme en roumain! s’est écriée madame Zburatorul.

    – Bien sûr, parce que “tomata” provient de “tomate”,  un mot français repris tant par les Roumains, que par les Marocains. Mais maintenant, je vous pose une question: comment pensez-vous qu’on dit à l’haricot en arabe?

     – Je pense qu’on dit “haricota”, a répondu rapidement madame Zburatorul.

     – Vous serez surprise, mais on dit “fasoulia”, j’ai précisé.

     – Comme en roumain! s’est écriée la deuxième fois ma compagnone.

     – Monsieur Ciucescu, j’ai voyagé un peu partout dans le monde et je peux vous dire que les Arabes sont de très bons commerçants. Ils sont égalisés seulement par les Juifs. Peux-je vous raconter une blague que j’ai l’entendu à Tel-Aviv?

     – Bien sûr, j’attends avec plaisir.

     – Vous savez quel a été le dilemme d’un enfant qui avait le père arabe et la mère juive?

     – Je ne sais pas, c’est vraiment difficile à imaginer.

    – Quand il a vu un vélo laissé sur le trottoir avec les rayons non liés, il ne savait pas quoi faire: de le… voler ou de le… vendre.

     Je ne connais pas la situation en Israël, mais depuis des années, depuis je suis au Maroc, je n’ai pas vu et ni entendu qu’un touriste ait  été arnaqué, ai – je dit. Vous avez déjà arrivé à un tel événement désagréable dans les marchés de Casablanca?

    – Il est vrai que personne n’a essayé de voler mes tomates de sacs de voyage, a déclaré monsieur Icare. Que vous sachiez que, chaque fois que j’en ai l’occasion, je combine le plaisir d’aller au marché avec ce de…  maigrir. Par conséquent, je prends avec moi de plus gros sacs, lesquels  je les charrie le dos pliés, comme les porteurs.

   – Moi aussi, j’associe le plaisir d’acheter avec celui de maigrir, est intervenue madame Zburatorul.. Par conséquent, je préfère parcourir de kilomètres à travers les magasins, comme le font les Américaines. Mais, vous, comment faites – vous, monsieur Ciucescu?

   – Comme vous, je combine le plaisir d’acheter avec celui de maigrir. Par conséquent, je préfère les marchés populaires, avec de vendeurs semi – analphabètes, où, pour négocier un prix convenable, je suis obligé de parler en arabe, et, si je ne me débrouille bien, de passer à la langue… “gymnastique”, comme les touristes.

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)