Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (94) – Roses de sable

       La première fois que j’ai entendu parler de roses de sable a été dans l’été de 1982, lors de l’entrevue de sélection organisée par l’Institut de Consultation “Romconsult” de Bucarest, à  laquelle participaient les représentants du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de l’Algérie . A un moment donné, on m’a posé la question:

     – Qu’est-ce que c’est le désert du Sahara?

   – Le désert du Sahara est le plus grand désert du monde, j’ai répondu laconiquement et avec la voix tremblante, comme celui qui a étudié à l’école beaucoup le russe, un peu d’allemand et rien du tout le français. Alors, le chef de la commission étrangère a voulu me montrer, mais aussi aux autres personnes presentes qu’il possede une manière élevée de s’exprimer dans la  langue de François Marie Arouet (n.a. Voltaire), acquise lorsque l’Algérie était encore une colonie de la France:

     – Le désert du Sahara est une étendue infinie de sable, sans points de repère, des chemins ou de limites,  traversées par de caravanes et parsemée ici et là d’oasis, de peintures rupestres et de roses de sable.

     – Roses de sable? j’ai demandé intrigué pour avoir une confirmation de ce que j’avais entendu, parce que j’avais compri chacun des trois mots pris séparement, mais pas ensemble.

   – Bien sûr! s’est écrié avec satisfaction non dissimulée dans la voix l’Algérien, en remarquant mon ignorance dans ce domaine. Qui n’est pas tombé en extase, en appréciant la beauté de ces congglomerats de cristaux de gypse de couleur jaune ou rougeâtre, qui apparaissent sur certaines terres appelées en arabe “sebkha” au singulier et “sibakh” au pluriel, c’est à dire dans les marais salées au fond de certaines vallées sahariennes?

   – Aaa… il s’agit de gypse, c’est à dire de sulfate naturel sous la forme des cristaux monocliniques transparents, incolores ou de couleurs diverses, j’ai essayé de montrer que j’ai certaines connaissances dans le domain.

     – Oh, vous parlez de mieux en mieux en ene français, pas comme le précédent candidat qui, lorsqu’on lui a demandé quel âge il a, il a répondu, en indiquant… son année de naissance, m’a encouragé le même homme, en provoquant de sourires étirés jusqu’aux oreilles sur les visages des Algériens et retenus sur ceux des Roumains présents en comission.

    – Je voudrais avoir l’occasion de voir ces roses de sable, j’ai donné la parole à un désir, après que j’ai laissé l’assistance dee goûter   en tranquillité le moment joyeux.

   – Vous aurez cette occasion même cet automne m’a assuré avec beaucoup de bonne humeur le haut fonctionnaire algérien et il a eu raison: en quelques jours, j’ai découvert que j’ai été choisi pour accorder assistance didactique à  l’École Normale Supérieure d’Enseignement Polytechnique à Oran.

     …La deuxième j’ai eu la possibilité d’entrer en contact direct avec les roses de sable. Un jour en Mai 1984, j’ai été avec la voiture “Dacia 1310”, apporté par moi de la Roumanie, sur la route reliant les localités Ouargla et Touggourt. À un moment donné, j’ai du à “tirer sur la droite” pour donner passage à une longue colonne de machines militaires. Ma femme Ella a mis sur la tête le chapeau de soleil situé sur le siège arrière et a osé sortir dehors et moi, j’ai l’imité. J’ai senti sur ma peau que le soleil avait le moteur nucléaire au régim de fonctionnement au maximum. L’air vibrait et alterait  le contour des dunes, en nous donnant l’impression d’imminentes avalanches de sable. À proximité, nous avons constaté que ce que nous pensions que serait un paneau mobile de protection contre le sable venus sur la route,  était une table en bois sur laquelle – à notre surprise – ont été exposés… de roses de sable. À côté de chaque morceau de mineral a été coincé un morceau de tolle mince sur laquelle on pourrait lire le prix écrit avec de la peinture. Dans un coin de la table, il y avait une petite boîte métallique dans laquelle il y avait quelques pièces de un, de cinq et de dix dinars algériens. On a compri qu’on étai dans un espace commerciale sui generis, sans vendeur et caissier. Toutes les éxponats  étaient splendides, ce qui rendait le choix difficile. Le gypse avait cristallisé sous la forme de fleurs comme de rose de couleur jaune – brune, avec plusieures rangées de pétales tordues. Nous avons choisi l’un des plus grandes exponats, de la taille d’une demi- brique, formé de dizaines de rose de sable de dimensions de noix collées les unes contre les autres au hasard. J’ai payé cette marchandisse, en introdusant dans la boîte métallique une monnaie de cinq dinars.

     Quand nous sommes partis du “boutique”, nous nous sommes intersecté avec un groupe de touristes belges, dirigé par un guide algérien, vêtu d’un burnous, qui a commencé sa présentation comme suit:

    – Bien sûr, vous savez que les pétales de rose ont été utilisées depuis l’antiquité pour leur odeur très agréable. Par exemple, la reine Cléopâtre VII d’Egypte hellénistique (n.a. 51-49 et 48-30 av. J.-C.) a passé la première nuit de romance avec le général romain Marc Antoine sur un matelas de 45 cm d’épaisseur formé de… pétales de roses.

     À une telle introduction intéressante, moi et ma femme commencé à être attentifs aux mots de guide. À un moment donné, un monsieur longilin, avec les lentilles de lunettes très bombées, en ayant une figure d’un rat de bibliothèque, a interrompu l’Algérien par une question:

    – Pourquoi ces exponats sont appelés roses de sable et non plumes de sable, parce que, pour moi, ils ressemblent à des flocons de duvets, qui, comme vous le savez bien, sont utilisés dans la fabrication de matelas?

   – Votre question n’a pas été prévu dans le scénario de cette visite, dons je suis obligé de répondre librement. Le Le nom de roses de sable est justifié en raison que dans le désert ne poussent pas de vraies fleurs et il sonne mieux quand les bédouins offrent à leur bien-aimées “ouard el raml”, c’est-à-dire roses de sable que “richat el raml”, c’est-à-dire plume de sable, n’est-ce pas?

    – Vous avez absolument raison, mais j’ai d’autres questions confuses. Par exemple, vous avez dit que la formation de ces pièces a eu lieu par l’évaporation intense de l’eau du gypse entouré de sable chaud . Mais, je vous le demande, d’où l’eau dans le Sahara, si ici il pleut si rarement?

   – Vous avez raison, monsieur. Juste à votre question je voulais faire de référence quand vous m’avez interompu de parler. L’eau nécessaire pour la formation de ces bijoux de la nature provient de la pluie ou de… besoins naturels d’animaux ou d’hommes. Pour cette raison, la plupart du roses dee sable se trouvent sur ​​les chemins des caravane ou du rallye Paris – Dakar.

   – Je dois comprendre que la taille des roses de sable dépend du gabarit des hommes ou des animaux qui ont contribué à leur formation? a insisté touriste belge.

  – Ou de l’intensité et de la durée de la pluie, a  ressenti le besoin de préciser le guide, après quoi il a demandé: est-ce qu’il y a il d’autres questions?

   Le silence qui s’est laissé dans toute l’assistance a été la preuve du fait que le guide a très bien expliqué, dans les moindres détails. Cependant, je suis parti avec une question rhétorique fermement planté dans mon esprit: la pièce de roche pour laquelle j’ai payé cinq dinars est formée par l’évaporation de l’eau de pluie, ou pas?

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)