Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (98) – Le scorpion jaune

     Au cours des huit années, dans lesquels j’ai accordé assitance didactique en Algérie et au Maroc, pays qui bordent au nord – ouest le désert du Sahara, j’ai eu l’occasion de voir le visage terrifié, archétypal des Maghrebins à la vue des scorpions.

   Le même visage effrayé je l’ai vu en Roumanie à la fin des années ’70, quand une Congolaise, une anciennne étudiante de l’année préparatoire à l’Institut d’Eenseignement Supérieur de Bacau, m’a vu, en chrchant une balle de tennis dans l’herbe haute, d’autour du court de terre battue. “Vous n’avez pas peur qu’un serpent venimeux, caché  dans l’herbe, pourrait vous mordre la main ou le pied, monsieur le professeur?” elle a demandé à une voix presque étranglée par l’émotion.

   Après deux décennies,  à Casablanca, j’ai eu une discussion avec Louis – Marie Levoisin, un coopérant français, qui était mon voisin du quartier, discussion de  laquelle je rends un fragment:

   – Monsieur Doru, Casablanca n’est pas l’Afrique. Qui est allé accorder assistance didactique dans cette mégapole  marocaine, en croyant qu’il aura l’occasion de vivre d’aventures dans le désert du Sahara ou dans la jungle équatoriale a eu tort. Ici est comme à Nice ou Monte Carlo, où la pire chose qui puisse vous arriver est qu’une araignée, par exemple, la veuve noire, pourrait vous entrer dans les souliers et vous aller les chausser sans que vous ayez les secoué en préalable. Ce territoire d’asphalte, béton et verre est contourné par les abeilles ou les guêpes. Le risque de choc anaphylactique n’existe pas, pour ne pas mentionner sur le choc toxique, qui se produit que lorsque le nombre de piqûres de ces insectes depasse 50 .

   – Contrairement à la ville de Bacau, où fourmillent tant d’insectes, que  même un recteur de l’université où je travaille a été piqué mortellement par une guêpe, en bénéficiant d’une notoriété tant grande, mais tant non désirée, j’ai interrompu Louis Marie.

   – Monsieur Doru, à Casablanca même les moustiques ne nous dérangent pas. Vous n’avez pas fait de la coopération à l’équateur, pour réaliser le danger qu’il est représenté non par les grands animaux, mais par les petits animaux .

   – Oui, j’ai eu la chance de travailler que dans de villes comme Oran et Casablanca

   – Quelle vie difficile j’ai eu au Gabon! Je n’ai pas eu la chance de vivre dans la zone résidentielle de Port -Gentil, entre les étrangers riches, qui travaillent dans les exploitations du pétrole sur la plate-forme marine de proximité, mais dans la forêt tropicale humide et dense, avec des espèces rares, où vous devez regarder attentivement où vous marchez à chaque pas. J’avais loué un appartement dans une villa dans la banlieue de Franceville, ville située sur le rivage d’Ogooué, à 700 kilomètres du déversement dans l’océan Atlantique. Le matin, avant de parcourir  l’allée longue d’environ 30 mètres jusqu’à la route, je jetais du balcon sur le sentier plus d’une douzaine de canettes de bière vides pour faire du bruit assez puissant et d’éloigner ainsi de la zone les  animaux plus ou moins grands. Le soir, le Gabonais, que nous le payions pour garder la villa, avait la tâche de recueillir les canettes de bière de l’allée et de les mettre devant ma porte, en refaisant ainsi la “munition” de la guerre sonore. Derrière la villa, à  même pas un demi- kilomètre commençait la forêt tropicale, d’où venaient de fourmis, de guêpes, de bourdons, mais surtout de vipères. La ménagère gabonaise avait la tâche de laver le grès du plancher trois fois par jour avec une solution d’ insecticide, en tant que mesure minimale de protection.

   – Monsieur Louis – Marie, comment est-ce que les vipères se montrent?

  – Elles sont longues de plus de 50 jusqu’à 60 centimètres, elles ont la tête triangulaire et une peau de couleur jaune avec des taches brunes. Elles ont la tendance à sauter de branches d’arbres sur la proie. Elles  ne  contournent pas les hommes. Dans le cas d’ une morsure, il est nécessaire de pratiquer avec un couteau une incision  au lieu respectif de façon à accélérer le saignement et l’élimination du venin. Ensuite, on nettoye la plaie avec une solution désinfectante.

   – Mais dans le Sahara, qui sont les animaux dangereux?

   – De loin, le scorpion jaune est sur la première place. Presque sous chaque pierre se cachent ces insectes. Il devient actif que la nuit. Le scorpion est une insecte défensive en relation avec l’homme. Cependant, s’il se sent menacé, il fait un geste de défense et met en fonction  l’aiguille venimeuse. Si le scorpion jaune a la longueur du corps moins de deux centimètres, ça signifie qu’il n’est pas encore mature et son venin n’est pas dangereux. Dans le cas contraire, il est bon de faire une incision, comme à la morsure de vipère, pour intensifier le saignement. Il existe dans le commerce un dispositif d’aspiration  du venin, appelé aspivenin, qui évite le contact direct de la plaie avec la bouche. Pour ceux qui s’aventurent dans le désert on a recommandé longtemps de porter un bracelet, qui  contenait une lame de rasoir pour pratiquer l’incision au lieu de la piqûre et un sachet avec de la poudre d’os,   qui joue le role de l’aspivenin.

   – Comment est-ce que se fait que vous soyez si bien informé sur les scorpions? j’ai demandé surpris.

  – Dans mon C.V., il y a une période quand j’ai travaillé en tant que professeur à l’Université de Niamey, la capitale du Niger. Ensuite, j’ai eu l’occasion de visiter la région autour de la ville d’Agadez, dans laquelle on enregistre annuellement plus d’un quart d’environ 4.000 décès dans le monde en raison des piqûres du scorpion jaune. La plupart des victimes sont d’enfants à  cause de leur innocence et d’éclairage précaire des rues. Aproximativement un tiers des enfants piqués par les scorpions ne survivent pas parce qu’ils n’annoncent pas en temps util l’événement malheureux.

   – Mais, comme même, comment se fait qu’on enregistre de très nombreux cas tragiques dans une région avec une population relativement faible? j’ai exprimé encore un étonnement.

 – En plus de piqûres accidentelles, il y a celles qui sont provoquées par des personnes en mode intentionnel, de vengeance. Ne sont pas rares les cas où certains jeunes jetent par la fenêtre ouverte de scorpions dans les chambres de ceux avec qui ils ont eu une querelle ou lorsque les femmes du harem du même homme se posent telles  insectes dans la literie.

  – Est-ce qu’il y a de telles habitudes au Maroc?

  – Je ne pense pas, parce que, non qu’ici ne seraient pas de scorpions, mais parce que les Marocains n’ont pas de harem!

  – Pourquoi n’ont-ils quatre épouses, comme permet le Coran? j’ai encore demandé.

  – Je ne sais pas, posez cette question à eux, a été la réponse de Louis – Marie.

Après quelques jours, j’ai posé cette question à un Marocain, un peu drôle de sa nature et l’un de mes partenaires de tennis, à laquelle il a répondu ainsi:

  – Doru, qu’est-ce que c’est passé? T’a piqué un scorpion et t’a paralysé ton système nerveux? Tu ne pense pas qu’avec l’argent que je dépenserais avec… la deuxième  épouse je peux payer… quatre concubines?

  J’aurais voulu lui demander si les quatre concubines se jettent de scorpions dans la literie, mais j’ai pensé que le Marocain pourrait imaginer qu’en vérité j’ai été attaqué par une de ces insectes de cauchemar, qui tient l’aiguille d’injecter du venin de bout de la queue, apportée d’une mannière tellement  menaçante au-dessus de la tête…

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)