Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca (99) – L’épée de Damas

    Le 1er novembre 1984, un jeudi, j’étais à Melilla, une enclave espagnole de 12 kilomètres carrés sur la côte méditerranéenne du Maroc, plus précisément, sur ​​une petite péninsule, dans laquelle ont lieu pour vivre près de 60.000 habitants. Je suis venu avec ma femme Ella et mon fils Edy après avoir parcouru dans la voiture “Dacia 1310” la distance d’environ 400 kilomètres, qui séparent cette localité d’Oran, où j’ai accordé assitance didactique. Le but principal de la visite était de faire des emplettes, en ayant en vue que Melilla avait le règime de zone défavorisée et, ainsi, les prix des produits de base, y compris de l’essence, devenaient plus petits d’environ 40 pour cent par rapport à l’Espagne ibérique. Ce paradis fiscal je l’avais connu depuis la fin d’août de la même année, lors j’avais traversé pendant huit heures avec le ferri – boat la mer Méditerranée sur l’itinéraire Malaga – Melilla. Alors, j’étais retourné en Afrique de l’Europe Occidentale, où j’ai passé le congé durant plus d’un mois.

    Melilla faisait l’impression d’une ville – port tranquille, de province. L’architecture hétéroclite des bâtiments de la place Espagne, bordée par la Banque d’Espagne et le Casino Militair, en oscillant entre exubérance de l’art-déco espagnol et la surcharge de la surface de la pierre taillée avec d’arabesques, rappelait que là – bas coexistent depuis des siècles les civilisations catholique, musulmane et mosaïque. L’agglomération urbaine a été marquée par des murs épais avec des bastions dans les coins, vestiges de l’ancien nid de pirates de la mer Méditerranée, qui était autrefois.

     Les Espagnols juste célébraient la Journée Nationale, ainsi que de drapeaux jaune – rouges ondulaient dans la brise de la mer où il y avait une institution publique. Mais ce qu’impressionnait l’oeil d’une mannière très agréable était la tache de couleur des fleurs exposées à vendre presque dans tous les coins des rues. Les clients de ces symboles de l’amour étaient les catholiques de Melilla, qui formaient la population majoritaire. Ils rendaient hommage à leurs proches décédés à l’occasion du Jour des Morts, en portant de bouquets et couronnes florales au cimetière. La marchandise a été fournie par les Espagnols d’origine arabe, qui passaient  au Maroc route de quelques kilomètres, achetaient  pour rien les bouquets de fleurs et les vendaient à un prix dix fois plus grand. Quand je suis passé par le seule point de passage frontalier, situé sur la route qui relie Melilla de Nador, localité située à seulement 13 kilomètres au sud, j’ai vu ces commerçants, en graissant avec de la menue monnaie la patte des douaniers marocains, vigilants  jusqu’ils extorquent un petit bénéfice, pour être autorisés à passer leurs marchandises chargées dans des fourgons sans documents d’accompagnement. À cette époque, à la vue de nos passeports de service, les représentants de la douane et de la police ont voulu montrer qu’ils sont initiés dans la langue de Mihai Eminescu, peut-être et avec de pensées mercantiles, en disant quelques mots roumains tels que “buna ziua” (n.a. bonjour) et “la revedere” (n.a. au revoir).

    Quand je leur ai demandé d’expliquer comment ils sont arrivé tellement de polyglottes, j’ai reçu seulement de haussements d’épaules. Le mystère je l’ai élucidé plus tard, dans le même jour, lorsque nous avons rencontré à Melilla un groupe bruyant de touristes, qui  parlaient… roumain. Ainsi j’ai appris qu’à Nador se construisait un port sur la base de l’Accord de coopération bilatérale roumaino- marocaine dans le domain du transport et de la navigation  maritime, signé à Rabat, le 23 novembre 1979. Là- bas     travaillaient de centaines de compatriotes, dont beaucoup ont pris l’habitude de passer au moins une fois par mois la frontière entre le Maroc et l’Espagne sans passeport… et sur… de voitures de service, pour faire d’achats moins chers et supérieurs du point de vue de qualitatif. Le mot de passe – “bonjour” à aller, et “au revoir” au retour; la douane – de petites attentions en nature.

     – Pourquoi vous n’avez pas de passeports, comme maman et papa ? Edy a voulu savoir.

    – Nous avons des passeports, mais nous les avons  tout de suite remis à un camarade chargé avec ce travail dès que nois avons passé le compteur de la police de frontière, installé à l’aéroport de Nador.

     Nous étions dans la vieille ville, appelée par les habitants affectueusement “il Pueblo” (n.a. Petite Ville), située à proximité du port. De loin elle semblait à un port – avions de rocher, échoué sur le rivage. À l’intérieur, la  circulation des personnes était beaucoup gêné par l’étroitesse des ruelles et le fait que les marchandises ont été exposées même sur la route. Dans un magasin d’artisanat, j’ai vu une épée dont la lame avait incrustés de motifs floraux à lesquels l’imagination artistique était si grande qu’il m’était difficile d’identifier le modèle du monde de la nature. Le vendeur m’a dit que c’est une imitation d’une épée de… Damas, célèbre pour la dureté et la flexibilité, ainsi que pour son aspect en forme de jeu d’eaux sur lequel s’applique parfois un dessin de fils métalliques incrustés par martelage. Par curiosité professionnelle, en étant ingénieur un métallurgie, je suis entré en conversation avec le propriétaire du magasin. C’était un jeune homme avec un aspect typique de Juif, en ayant une barbe touffue, de favoris longs jusqu’à la poitrine en mèche enroulée et une calote noire.

     – Comment êtes – vous arrivé ici? je lui ai demandé à un moment donné .

   – Mes ancêtres sont venus à Melilla en 1492, quand les rois Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, stimulés par le succès de la chute du califat de Grenade dans la même année, ont encouragé l’inquisition et, implicitement, l’expulsion des musulmans et de mosaïques non convertis au catholicisme, qui se sont rendus Afrique et en Italie.

   – Comment expliquez-vous l’antisémitisme qui a existé non seulement en Espagne, mais dans l’Angleterre médiévale ou en France? je l’ai interrompu.

  – La raison en est principalement économique que religieuse, je vous le dis. L’occupation principale des Juifs était alors l’usure, ce qui était interdit aux chrétiens et aux musulmans par de conciles, respectivement, par le Coran. Mais, l’économie capitaliste, qui venait de naître,  demandait de l’argent pour se lancer en affaires et  les gens s’endettaient. Au fil du temps, une grande partie de la population voyait dans l’expulsion de pays respectifs comme un moyen de sortir de l’endettement. Ici, à Melilla, existe une cohabitation exemplaire entre les mosaïques, les chrétiens et les musulmans.

  – Combien coûte l’épée? j’au voulu entrer dans le sujet principal.

  – Elle n’est pas à vendre. Mais vous pouvez acheter un couteau espagnol, que nous l’appelons “navaja”. La lame est réalisée de façon artisanale après la technologie de l’épée de Damas, de courtes bandes d’acier à bas carbone, soudées par forgeage. Le semi – fabriqué ainsi obtenu est soumis à un traitement thermochimique d’enrichissement au carbone, appelé cémentation,  après quoi il est trempé. Le noyau avec peu de carbone ne se durcisse pas et reste flexible, tandis que la surface riche en carbone se durcisse à la suite de la trempe. Puis, par martelage, se fait l’incrustation d’un fil qui suit un certain dessin. Enfin, il est aiguisé.

   J’ai regardé le couteau espagnol, qui avait une seule lame. La longueur était impressionnante, d’environ… 40 cm .

   – À quoi est-ce qu’on peut utiliser ce couteau? j’ai demandé.

   – Au voyage, a été la réponse .

   Pas de même avis ont été les policiers algériens de la frontière, quand on est rentré, qui ont consideré  le couteau comme une… épée et l’ont… confisqué.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Les mangeuses de rouge à lèvres de Casablanca”

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)