Pages de l’histoire chuchotée des Roumains (1)

Jules Hossu, le “hérault”

de la Grande Union,

détenu dans la prison à Sighet,

dans le régime communiste “dejiste”

(n.a. de George Gheorghiu – Dej),

en résidence surveillée jusqu’à la mort,

dans le régime communiste “ceausiste”

(n.a. de Nicolas Ceausescu)

 

Les Roumains ont eu le long de l’histoire une série de moments astrals, pas trop longue, de laquelle brille de loin la Grande Union, la création de l’État nommé la Grande Roumanie, de réunion presque plénière du territoire dans lequel les Roumains ont été majoritaires. Le 1 Décembre 1918, à Alba Iulia s’est rencontrée la Grande Assemblée Nationale des Roumains de l’ancien Empire Austro-Hongrois, composé de 600 membres élus dans les 120 circonscriptions électorales comme elles ont été établies en 1910, à laquelle ont été ajoutés 628 représentants de diverses organisations culturelles, professionnelles et sociales. Dans l’enthousiasme général, la Grande Assemblée Nationale des Roumains a voté pour l’union avec la Roumanie des provinces le Banat, la Crisana, le Maramures, le Satmar et  la Transylvanie, toutes intégrées abusivement dans l’Empire Austro-Hongrois, dissous officiellement le 3 Novembre 1918, lorsque le gouvernement hongrois, conduit par Michel Károlyi, a dénoncé cette union avec l’Autriche. Le même jour, en face de la foule rassemblée à Alba Iulia, “la Résolution de l’Union” a été lu par Jules Hossu, évêque gréco-catholique à Gherla dans ce moment – là.

Il est important de metionner que le 27 Mars 1918, le Conseil du Pays à Chisinau a proclamé l’union de la Bessarabie, y compris de la Région Herta, avec la Roumanie, et le 28 Novembre 1918, le Conseil National de Tchernivtsi a décidé avec une grande  majorité l’union de la Bucovine avec la Roumanie.

La reconnaissance officielle de la Grande Union a été réalisée par le Traité de Trianon, du 4 Juin 1920, dans le cas du Banat, de Crisana, du Satmar, du Maramures et de Transylvanie, par le Traité de Versailles, du 28 Juin 1919, dans le cas de Bessarabie, y compris la Région Herta, et par le Traité de Saint-Germain, du 10 Septembre 1919, dans le cas de la Bucovine, et encore par le Traité de Neuilly, du 27 Novembre 1919, dans le cas du Quadrilatère, un territoire annexé le 10 Août 1913, par le Traité de Bucarest, mais perdu le 7 Mai 1918, à la suite du Traité de Buftea-Bucarest.

La Grande Union n’a pas été  célébrée comme elle mérite par le régime communiste, dirigé par George Gheorghiu-Dej, et Jules Hossu a été un nom interdit. Le régime communiste, dirigé par Nicolas Ceausescu, a donné une petite ampleur à cet événement qu’en 1968, mais l’histoire a été falsifiée une fois de plus, en créditant l’idée que la lecture de  “la Résolution de l’Union” a été lu par Basil Goldis.

Ni au moins le poète Adrian Paunescu, l’initiateur et le dirigeant du cénacle “La Flame” (n.a. en roumain: Flacara), dans ces 1.615 spectacles de musique et de poésie, tenus du 17 Septembre 1973 au 15 Juin 1985, spectacles sans le language de bois de la  propagande communiste, mais avec d’hommages introduit souvent subtilement, adressés à Nicolas Ceausescu, n’a pas parlê à la  “génération en jeans” sur la Grande Union et encore moins sur Jules Hossu.

La raison de cette garde en silence de la Grande Union a été la peur de la nomenclature “dejiste” et “ceausiste” de ne pas fâcher les dirigeants de l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes, l’empire communiste dans lequel a été inclue la Bessarabie et la moitié nord de la Bucovine, de provinces roumaines arrachées de la Grande Roumanie, après l’Ultimatum de Moscou du 26 Juin 1940, rapt territorial renforcé par le Traité de Paix de Paris, signé le 10 Février 1947, suivi par le Traité de Frontière entre le gouvernement roumain et celui soviétique.

Après la révolution roumaine du Décembre 1989, la Grande Union a commencé à être célébré avec le respect dû à la hauteur de cette grande réalisation du rêve des siècles du peuple roumain.

Cependant, même dans les nouvelles circonstances, le nom de Jules Hossu a été toujours gardé en silence, fait oublié. Après 2007, après j’ai écrit le livre “Au –delà du Prout et plus loin…”, j’ai été invité à participer à de nombreux événements organisés à l’occasion du 1 Décembre à Bacau où je n’ai pas entendu prononcé même une fois ce nom. À Alba Iulia, dans le cadre de même type de manifestation, mais avec la participation des représentants de toutes les communautés roumaines de la diaspora, j’ai remarqué que aussi là – bas a été omis ce nom, ni même Adrian Paunescu, le principal animateur de l’événement, ne s’est pas souvenu de lui .

Comme une parenthèse, Adrian Paunescu, né le 20 Juillet 1943, en Bessarabie, plus précisemsnt dans le village Copaceni, le “judet” (n.a. unité administrative en Roumanie)  de Balti, maintenant “raïon” (n.a. unité administrative dans la République de Moldavie) dans la République de Moldavie, n’a pas écrit aucune poésie à propos de la Bessarabie pendant le régime communiste de Nicolas Ceausescu, de qui, dans le poème de 14 strophes “Je vous remercie”, composé aprés le discours prononcé par le secrétaire général le 6 Février 1986, a déclaré, parmi d’autres: “Entier, à vôtre, comme ça je me sens à nouveau (…) Je vous vois apothéosement, comme un Voïvod ( …) Je vous remercie pour tout, Honnête et Bon Héros”.

Seulement après 1989, il a osé écrire, ce qui est vrai, dans son style déclamatif, remarquable, la poèsie “Bessarabie sur la croix”. J’ai utilisé à l’adresse  d’Adrian Paunescu le terme “a osé” dans la qualité de celui qui, en 1962, a eu le courage de déclarer  publiquement que “la République Populaire Roumaine est une sorte de prison «Sing Sing»  d’États – Unies d’Amérique”, raison pour laquel j’ai été presque à être expulsé du lycée, en étant, à la fin, seulement sanctionné avec un vote de blâme avec avertissement dans le cadre de l’Union de la Jeunesse Ouvrière. Ça a été l’une des grandes différences entre moi et Adrian Paunescu, j’ai publiquement critiqué le régime communiste, il est vrai, une seule fois, après que je suis devenu plus retenu, en recevant tout un après-midi, dans de caves des autorités d’alors, de coups de poing dans le plexus et dans la nuque, tandis que mon ancien collègue de l’Union des Écrivains de la Roumanie n’a   jamais fait, par contre, il a glorifié son dirigeant, en devenant ainsi un millionnaire en lei, même avant 1989. La plus riche culturnique (n.a. “culturnique”: militant communiste chargé de la culture)! Que Dieu pardonne les péchés de ce particulièrement inventive opportuniste politique, à mon avis!

J’ai fermé les parenthèses avec l’écrivain et l’homme politique Adrian Paunescu.

Le silence des autorités communistes, “dejiste” et “ceausiste” sur la personnalité de Jules Hossu peut être expliqué, à mon avis, en analysant la biographie des dernières 22 années de la vie du “hérault” de la Grande Union.

Jules Hossu, né le 30 Janvier 1885, à Milas, en Transylvanie, décédé le 28 Mai 1970, à l’hôpital “Colentina” à Bucarest,  depuis le 4 Décembre 1917 l’évêque à la Diocèse de Gherla de l’Église Grecquo – Catholique, celui qui a lu “la Résolution de l’Union” le 1 Décembre, 1918 et celui qui, en faisant partie de la délégation envoyée à Bucarest par le Grand Conseil National,  délégation composée et d’Alexandre Vaida – Voievod, Miron Cristea et Basil Goldis, a remis “l’Acte de l’Union” au roi Ferdinand, a été arrêté par les autorités communistes le 28 Octobre, 1948. La raison de cette arrestations a été le refus de Jules Hossu de se convertir à l’orthodoxie. Il a eu résidence surveillée à la villa patriarcale du Monastère de Dragoslavele, au  Monastère Caldarusani, puis entre 1950 et 1956, il a été emprisonné à Sighet, puis il a eu  de nouveau résidence surveillée au Monastère de Curtea de Arges, au  Monastère Ciorogarla et encore jusqu’à la mort au Monastère Caldarusani.

C’est ça la raison! Les autorités communistes, “dejiste” et “ceausiste” ont comis une crime extrêmement odieuse, laquelle  elles ont voulu la cacher. Le “hérault” de la Grande Union  a passé les 22 dernières années de sa vie – comme une ironie, exactement combien d’années a existé la Grande Roumanie – soit en prison, soit en résidence surveillée dans divers monastères pour le crime d’être conséquent dans sa foi religieuse, crime inexistant dans un pays avec une démocratie véritable.

Au même temps, beaucoup de “culturniques”, des gens de culture avant 1989, existants et après 1989, dans tous les domaines de la culture, s’acharnent pour cacher les crimes du communisme. Par conséquent, même dans les festivités annuelles depuis 1989, dédiées à la Grande Union, on a parlé, on parle et on va parler beaucoup, moins ou pas du tout de Jules  Hossu, en fonction de l’influence des anciens “culturniques” sur le déroulement de la festivité, pour qu’on évite que  les Roumains apprennent pour la première fois ou pour qu’ils s’en souvinssent à propos de la condamnation criminelle, par les autorités communistes, “dejiste” et “ceausiste”, du “hérault” de la Grande Union.

En 1995, j’ai composé une poésie intitulée “À l’inexistante statue de Jules Hossu”, parce que jusqu’à cette année – là, il n’y avait aucune statue de Jules Hossu à travers la Roumanie. La première statue de Jules Hossu a été dévoilée à Alba Iulia, le 1er Décembre 1998, pour commémorer la 80e anniversaire de la proclamation de la Grande Union. L’auteur de la statue est Simon Moldovan. Cette statue fait partie d’un groupe de statues placées en face de la Salle de la Grande Union à Alba Iulia. En 2015, j’ai publié cette poésie sur mon blog “Carturaria”, mais avec le titre “À la statue à Alba Iulia de Jules Hossu”.

Ensuite, je présente cette poésie:

 

 

À la statue à Alba Iulia de Jules Hossu   

 

Jules Hossu premier cardinal roumain, par le Vatican nommé,

L’évêque gréco – catholique de Cluj – Gherla, tu es arrivé,

L’exemple de George Sincai et Pierre Maior, tu as suivi,

Au Collège Urbain Pontifical de Rome, tu t’es instruit.

 

La Grande Union, avec d’autres patriotes roumains, tu as soutenu,

À Alba Iulia, avec pathos “la Résolution de l’Union”, tu as  lu,

A Bucarest, “l’Acte de l’Union” au roi Ferdinand, tu as  remis,

Pour une Roumanie véritablement démocratique, tu  as agi.

 

Les “dejistes”, comme l’ennemi du peuple, au cachot à Sighet t’ont fermé,

Ta résidence surveillée jusqu’à mort, les “ceausistes” ont décidé,

Les “culturniques” te font oublié, même aujourd’hui l’hommage ne te payent,

Cacher les crimes du communisme, c’est ce qu’ils surveillent.

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Pages de l’histoire chuchotée des Roumains”,

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)