Pages de l’histoire chuchotée des Roumains (2)

La Moldavie d’Étienne le Grand et le Saint,

toujours sous la suzeranité

d’un, de deux ou même de trois pays:

l’Empire Ottoman, la Pologne et la Hongrie

 

Étienne le Grand et le Saint a été le souverain de la Moldavie entre le 14 Avril 1457 et le 2 Juillet 1504, période dans laquelle, selon son témoignage, a porté 36  batailles, dont 34 gagnées.

Les plus résonantes batailles gagnées par Étienne le Grand et le Saint ont été contre l’Empire Ottoman, à Vaslui, le 10 Janvier 1475, contre la Hongrie à Baia, le 15 Décembre 1467, et contre la Pologne, à Codrii Cosminului, le 26 Octobre 1496. Parmi d’autres batailles gagnées, les plus importantes, entre autres, ont été contre l’armée de la Moldavie, à Doljesti le 2 Avril 1457, contre l’armée de la Valachie, à Bucarest, le 21 Novembre 1473, et contre l’armée du Khanat de Crimée, à Lipnic, le 20 Août 1469.

Les batailles perdues du souverain moldave se sont déployées contre l’Empire Ottoman, à Valea Alba, le 26 Juillet, 1476, et contre la Hongrie, à Kilia, le 22 Juin, 1462.

Tout au long du règne, Étienne le Grand et le Saint a été particulièrement actif et surprenant dans le plan diplomatique, il a fait cinq changements majeurs dans la politique étrangère, dans toutes non sur le pied d’égalité, mais d’infériorité, il a cherché en permanence à assurer à un pays relativement petit, comme la Moldavie, une suzeranité protectrice d’un ou plusieurs pays plus grands, les pays suzerains en étant la Pologne, la Hongrie et l’Empire Ottoman, pris par l’un, par deux ou par tous les trois à la fois. Seulement au cours des cinq dernières années de vie et de règne, Étienne le Grand et le Sain a été prévisible dans la politique étrangère, en étant constamment sous la suzeraineté ottomane.

La Moldavie a été sous la suzeraineté de la Pologne depuis le 14 Septembre 1387, quand Pierre II, nommé et  Pierre Musat, souverain de Moldavie entre 1375 et 1391, a signé à Lvov un traité à cet effet avec Vladislav II, roi de Pologne entre le 15 Août 1382 et le 1 Juin 1434.

Le 12 Octobre 1449 a eu lieu la bataille de Tamaseni, dans laquelle Bogdan II, le père d’Etienne le Grand et le Saint, aidé par Jean Hunyadi, régent de Hongrie, a vaincu Ciubar Voda, en devenant souverain de la Moldavie.

En conséquence, par deux actes, émis le 11 Février et le 5 Juillet, 1450, à Roman, respectivement, à Suceava, Bogdan II, le fils illégitime d’Alexandre le Bon (n.a. souverain de la Moldavie dans la période le 29 Juin 1400 – le 1 Janvier 1432) a reconnu la suzeraineté de Hongrie.

Comme représaille, la Pologne a aidé  Pierre Aron, le fils d’Alexandre le Bon, pour atteindre le trône. Le 16 Octobre, 1451, à Reuseni, à la tête d’une armée, Aron a réussi à attaquer par surprise Bogdan II, alors qu’il assistait à un mariage, et l’a décapité.

Pierre Aron n’a plus reconnu la suzeraineté de Hongrie. Après de batailles pour le trône de la  Moldavie avec Alexandrel (n.a. le diminutif en roumain d’Alexandre), le frère cadet de Roman II, qui  a été vaincu définitivement le 24 mai 1455, la Moldavie est allé de nouveau sous la suzeraineté de la Pologne, Pierre Aron en portant hommage de fidélité en 1455 et 1456 et en donnant, dans le même temps, de privilèges aux marchands de drap à Cracovie, de privilèges commencés pendant le règne d’Alexandre le Bon.

Le 5 Juin 1456, à la demande du sultan Mohamed II, faite un an avant, et pour être plus sûr du trône, Pierre Aron a commencé à payer tribute à l’Empire Ottoman, tribute en valeur de 2.000 ducats.

Voila, il a été un précédent, Pierre Aron a placé la Moldavie sous double suzeranité: polonaise et ottomane!

Mais la période d’anarchie, de lutte pour le trône de la Moldavie, lutte commencée le 1 Janvier 1432, quand a décédé Alexandre le Bon, n’a pas cessé. Dans la scène politique est entré Etienne le Grand et le Saint, qui a vécu à la cour de Jean Hunyadi après le 5 Juillet 1450, quand Bogdan II a reconnu la suzeranité de la Hongrie, et jusqu’au 11 Août 1456, quand a décédé le régent de Hongrie.

Dans la bataille de Doljesti, le 12 Avril 1457, Étienne le Grand et le Saint a vaincu l’armée de Moldavie, dirigée par Pierre Aron et a commencé un règne de 47 ans, le deuxième comme longueur dans l’histoire des Roumains, après celui de 48 ans de Carol I.

Dans cette bataille, Étienne le Grand et le Saint a été aidé par des soldats de Vlad l’Empaleur, mari d’Ilona Szilágyi et le gendre de Michel Szilágyi, le beau – père qui, pendant la bataille de Doljesti, a été en pleine période de régence de Hongrie. Pour plus de clarté, il faut d’ajouter que Michel Szilágyi a été le frère  d’Élisabeth Szilágyi, la femme  de Jean  Hunyadi et la mère de Mathieu Corvin, autrement dit, Michel Szilágy a été beau – frère de Jean  Hunyadi et l’oncle de Mathieu Corvin. Il est également nécessaire la précision que Michel Szilágyi a été régent de Hongrie peu après le 23 Novembre, 1456, quand a mouru le roi Ladislas VI, et jusqu’au 20 Janvier 1458, quand la diète a èlu Mathieu Corvin, comme le roi de Hongrie.

Donc, Étienne le Grand et le Saint a commencé son règne sous la double suzeranité, hongroise et ottomane, il en  payant encore le tribut de 2.000 ducats,  commencé par Pierre Aron.

Mais, ne voulant pas entrer en une alliance anti-ottomane, comme a demandé Mathieu Corvin, le roi de Hongrie, Étienne le Grand et le Saint a fait le premier grand changement dans sa politique étrangère. Ainsi, le 4 Avril 1459, lorsque le roi de  Pologne a été Casimir IV Jagellon (n.a. roi pendant la période du 25 Juin 1447 – le 7 Juin 1492), Étienne le Grand et le Saint a reconnu la suzeraineté polonaise.

Il a commencé une période dans laquelle la Moldavie a été sous une double suzeranité: polonais et ottomane. Après la deuxième siége, cette fois victorieuse, du 24 Janvier 1465, sur la forteresse Kilia, Étienne le Grand et le Saint a augmenté le tribute à la Haute Porte à 3.000 ducats.

La représaille hongroise la plus importante après l’événement du 4 Avril 1459 est venue après huit ans, quand l’armée dirigée par Mathieu Corvin est entrée dans le territoire de la Moldavie et, par conséquent, dans la nuit entre le 14 et le 15 Décembre 1467 a eu lieu la bataille de Baia, près de Suceava, avec l’armée dirigée par Étienne le Grand et le Saint. Le roi Mathieu Corvin a été blessé trois fois et son armée est sortie indemne seulement en moitié. Mathieu Corvin a échappé, sa fuite en étant facilitée par l’hésitation du grand “vornic” (n.a. haut fonctionnaire à l’époque) Crasnas,   le commandant d’un des trois corps moldaves d’armée. Cette erreur a été punie par Étienne le Grand et le Saint, qui a ordonné que ce Crasnas soit décapité, tandis que 24 autres boyards, considérés eux aussi comme des traîtres, qu’ils soient mis au suplice du pal, d’après le modèle de celui qui l’a aidé à monter sur le trône, Vlad l’Empaleur.

Le deuxième changement majeur dans sa politique étrangère a été en 1473, quand Étienne le Grand et le Saint a cessé de payer le tribut de 3.000 ducats, en renonçant ainsi à la suzeranité de l’Empire Ottoman.

De cette façon, la Moldavie est restée seulement sous la suzeranité polonaise.

Dans le même temps, a commencé la campagne d’Étienne le Grand et le Saint de soutien de Basarab III à monter sur le trône du Pays Roumain, dans le but d’une lutte unie de leurs pays contre les Ottomans. L’armée d’Étienne le Grand et le Saint et l’armée de mercenaires de Bassarab III ont passé la rivière Milcov le 8 Novembre 1473, et entre le 18 et le 20 Novembre 1473 a eu lieu la bataille de Cursul Apei, à la proximité de Gherghita, de l’actuel “judet” (n.a. unité administrative en Roumanie) Prahova. L’armée de Rodolphe le Beau, le frère de Vlad l’Empaleur, a été défaite et le souverain valaque s’est réfugié à Bucarest. Même là – bas, il n’a pas eu de la tranquilité, où le 21 Novembre a commence un siège. Rodolphe le Beau s’est retire à Giurgiu, la résidence de la raya homonyme, d’où il s’est retourné à Bucarest à la tête d’une armée de Valaques et de Turcs, qui, le 26 Novembre, a été repoussée à l’entrée de Bucarest par les armées  conduites  par d’Étienne le Grand et le Saint et  par Bassarab III.

En sentant le danger d’une grande attaque ottomane, Étienne le Grand et le Saint a fait le troisième grand changement dans sa politique étrangère. Le 12 Juillet 1474, le souverain moldave a reconnu la suzeranité de la Hongrie, dont le roi était aussi Mathieu Corvin (n.a. roi dans la période du 20 Janvier 1458 – le 6 Avril, 1490).

Ainsi, Étienne le Grand et le Saint s’est assuré de deux suzeranités dans l’intention de faire face aux représailles de l’Empire Ottoman, qui sont venues après moins d’une demi-année.

Le 10 Janvier 1975, à Vaslui, Étienne le Grand et le Saint a repoussé l’attaque des Ottomans, dirigée par Suleiman Pacha, le bey de Roumélie.

Puis, après la bataille de la Valea Alba, du 26 Juillet 1476, eue avec les Ottomans dirigés, cette fois, par le sultan Mehmet II (n.a. sultan au cours de la période le 18 Février 1451 – le 3 Mai 1481), Étienne le Grand et ce qui est resté de son armée se sont retirés dans les villes de Suceava et Hotin, en appliquant la tactique de la terre brûlée.

Le 10 Août, 1476, privés de nourriture, Mehmet II a décidé de mettre fin au siège des deux villes. Ainsi, se sont créées les conditions pour Étienne le Grand et le Saint de passer au quatrième grand changement dans sa politique étrangère. Le souverain moldave a signé un traité de paix avec Mehmet II, par lequel il a passé la Moldavie de nouveau sous la suzeranité de l’Empire Ottoman et s’est obligé de payer un tribut annuel de 3.000 ducats. En aparté, plus tard, en 1480, de sa propre initiative, Étienne le Grand et le Saint a augmenté ce tribut à 6.000 ducats, dans l’espoir que les Turcs ne vont pas occuper, principalement, la forteresse de Kilia, espoir qui a duré quatre ans, parce que, le 14 Juillet 1484, l’armée  conduite par Bayezid II (n.a. sultan dans la période le 3 Mai 1481 – le 24 Avril 1512), a conqui ce très important centre commercial de la Moldavie.

Ainsi, Étienne le Grand et le Saint est arrivé d’assurer  à la Moldavie trois pays  suzerains, l’Empire Ottoman, la Pologne et la Hongrie, fait lequel n’a pas lui été de grande utilité si de sa courone ont été déjà arrachées les perles Kilia et Akkerman.

Par conséquent, la triple suzeranité n’a pas tenu trop, Étienne le Grand et le Saint a pris le cinquième grand changement dans la politique étrangère, il a commencé à croire qu’à la Moldavie est sufissante une seule suzeranité, celle de l’Empire Ottoman.

La suzeranité hongroise sur la Moldavie s’est progressivement affaiblie, avec le début  au 10 Août 1476, quand Étienne le Grand et le Saint a passé de nouveau sous la suzeranité de l’Empire Ottoman, et s’est finie tacitement après le 6 Avril 1490, quand Mathieu Corvin est décédé.

La suzeranieté polonaise a duré, en fait, jusqu’au 26 Octobre 1497, quand a eu lieu la bataille  de Codrii Cosminului, durant le règne du roi Jean Albert (n.a. roi pendant la période le 23 Septembre 1492 – le 17 Juin 1501). Il est à préciser que la suzeranité polonaise sur la Moldavie a cessé officiellement à la suite d’un traité entre les deux pays, signé le 12 Juillet 1499.

Après la bataille de Codrii Cosminului, quand les Polonais ont été défaits, fait goûté par les  Turcs, le tribut pretendu par la Sublime Porte  a été diminué à 4.000 ducats.

Dans le même temps, on peut dire qu’Étienne le Grand et le Saint a trouvé, enfin, une suzeranité assez forte pour la Moldavie, en offrant à celui “hâtivement prêt à verser le sang innocent”, comme il a été décrit par Grégoire Ureche, les cinq derniers ans du règne et de vie sans de batailles, dans la tranquilité  si nécessaire pour son âge de 65-70 ans, très avancé à l’époque.

Aussi, Étienne le Grand et le Saint a eu le mérite d’avoir choisi une suzeranité, qui n’a pas tenté d’assimiler la population moldave avec celle de langue turque, comme c’est arrivé avec d’autres occupants des territoires roumains.

Cette vérité, qu’un pays relativement petit a besoin d’une suzeranité d’une grande puissance, politique étrangère appliquée par même  le plus guerrier souverain roumain, Étienne le Grand et le Saint, il faut la dire à haute voix, pas en chuchotement ou même passée en silence.

Le problème est la science de choisir une suzeranité qui ne nous anéantit comme peuple, en étant bien connus les cas antérieures de magyarisation et de russification d’un grand nombre de Roumains…

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Pages de l’histoire chuchotée des Roumains”,

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)