Pages de l’histoire chuchotée des Roumains (5)

L’adultère d’Alexandre Jean Cuza

avec Marie Obrenovitch et

le Palais de Ruginoasa,

devenu le Palais de… “Honteuse”

(n.a. en roumain, “Rusinoasa”

 

Alexandre Jean Cuza, par sa double élection comme souverain de la Moldavie, le 5 Janvier, 1859, et du Pays Roumain, le 24 Janvier 1859, a été la personnalité providentielle, qui a permis une union personnelle des deux principautés danubiennes, l’État en acquérant le nom de Principautés Unies. Bien que cette union a été reconnue à l’échelle internationale que pour la durée de vie du souverain, le fait que le 11 Février 1866, Alexandre Jean Cuza a été forcé d’abdiquer, n’a pas conduit à l’effondrement du nouveau formé État, parce que le 10 Mai 1866, fortement soutenu par les grandes puissances de l’époque, comme la France et la Prusse, Charles I a été proclamé souverain, qui, après un temps très court, le 1 Juillet de la même année, il a promulgué une constitution, par laquelle l’État nommé  Principautés Roumaines Unies est devenu l’État unitaire, nommé la  Roumanie.

La propagande communiste a construit pour Alexandre Jean Cuza une image d’un homme sans défaut, d’un défenseur des pauvres, d’un souverain qui a été forcé d’abdiquer par la soi – disant “monstrueuse coalition”, pour que le régime bourgeois – latifundiaire puisse exploiter davantage les ouvriers et les paysans, en tête avec le nouveau roi, Charles I. De cette façon, la propagande communiste a justifié l’acte politique du 30 Décembre 1947, de forcer l’abdication du roi Michel I, un successeur de troisième génération de Charles I. On se pose la question: est – ce – que le régime “dejiste” (n.a. de l’époque de George Gheorghiu – Dej)  paurait forcé, le 30 Décembre 1947, l’abdication du trône roumain d’un descendant d’Alexandre Jean Cuza? Ma réponse est définitivement oui.

J’avais relaté déjà l’adultère d’Alexandre Jean Cuza dans le roman “Le goulag de l’ombre des palmiers ” et l’une de mes tantes, une femme avec beaucoup de bon sens, après la lecture du passage en question, elle a eu un choc, elle ne pouvait pas croire, elle m’a demandé plusieurs fois si c’est vrai ce que j’ai écrit c’est vrai, après quoi elle a commencé à pleurer, de vexation qu’elle a été tellement mentie à l’école communiste.

Il convient également de mentioner qu’Alexandre Jean Cuza est devenu très populaire par les réformes réalisées, en particulier, après l’introduction de l’obligation et de la gratuité de l’enseignement du cycle primaire (n.a. par la Loi de l’Instruction Publique, le 25 Novembre 1864), après l’attribution de terrains agricoles aux 406.429 familles paysannes (n.a. par la Loi Foncière, le 25 Août 1864), après l’élargissant de la participation au vote (n.a. par la Loi Électorale, le 3 Juillet 1864) ou après avoir introduite “ocaua de Cuza” (n.a. “ocaua” a  été une ancienne unité de mesure, en fait, deux “ocale”, l’une pour les capacités et l’autre pour les poids, les deux adaptées sur la base du Décret du Systéme Métrique, du 15 Septembre 1864).

Mais la corruption, en particulier de ceux de son entourage, et la faiblesse pour les femmes ont réduit le prestige du souverain. Si au niveau de masses, ces défauts ont été regardés avec indulgence, à cel de l’élite politique, ces défauts ont été considérés comme insupportables, d’autant plus que le nouvel État était fragile, avait besoin d’un soutien international.

Un des sommets de l’adultère pour un souverain constituerait le début de l’acte sexuel comme souverain et sa fin comme simple mortel. Presque comme ça a eu lieu abdication d’Alexandre Jean Cuza, près de l’aube (n.a. entre les heures 4 et 5) du jour du 11 Février 1866!

D’officiers de l’armée, instituée même par d’Alexandre Jean Cuza, sont entrés dans la chambre à coucher, préparés avec l’acte d’abdication déjà écrit, en prennant par surprise dans le lit, le souverain et sa maîtresse Marie Obrenovitch. Avec un pistolet à la tempe, Alexandre Jean Cuza a signé l’acte d’abdication, lequel, pour ne pas perdre de temps à la recherche d’une table, a été mis sur le dos du capitaine Constantin Pillat. Dans une pièce voisine du Palais Royal dormaient Hélène Cuza et deux enfants, Alexandre Jean A. J. Cuza et Dimitri A. J. Cuza, les conséquences de l’adultère prolongé, en ayant comme  parents biologiques Marie Obrenovitch et Alexandre Jean Cuza, mais adoptés par la famille du souverain.

L’acte d’abdication, rédigé par Jean  Ghyka et Constantin Rosetti, a eu le contenu suivant: “Nous, Alexandre Jean I, conformement à la souhaite de toute la nation et à l’engagement que j’ai pris à ma montée sur le trône, je déposé aujourd’hui, le 11 Février 1866, la barre du gouvernement dans la main d’une Lieutenance Royale et d’un Ministère élu par le peuple”.

Après trois jours, Alexandre Jean Cuza, Hélène Cuza et les deux enfants, Alexandre Jean A. J. Cuza et Dimitri A. J. Cuza, ont pris le chemin vers l’étranger. Intéressant de noter que ce convoi a été rejoint par Marie Obrenovitch.

Le 11 Juin, à 13 heures, les deux chambres législatives, l’Assemblée Élective et le Corps Pondéreur (n.a. le Sénat) ont constitué une Lieutenance Royale, formé de Lascar Catargiu, de la part de Moldovie, Nicolas Constantin Golescu, de la part du Pays Roumain, Nicolas Haralambie, de la part de l’armée. La dirigeance de l’Executif a été attribué à Jean Ghyka.

Au même temps, comme  souverain des  Principautés Unies Roumaines a été nommé le prince Philippe de Belgique, le comte de Flandre, fils de Léopold I, le roi de Belgique, de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha, marié, cependant, avec Louise Marie Isabelle d’Orléans. Mais, la maison royale d’Orléans était l’ennemi de la maison royale de Napoléon, représentée alors par Napoléon III, le président de la France entre le 20 Décembre 1846 et le 2 Décembre 1852, le roi de la France entre le 2 Décembre 1852 et le 4 Septembre 1870, le principal souteneur de l’Union des Principautés, celui qui a suggéré que, dans le premier pas de ce desideratum, la Moldavie et le Pays Roumain élisent un seul et le même souverain. Mais, le même jour, par le consul belge à Bucarest, Philippe de Belgique a decliné cette nomination et Jean Constantin Bratianu a été chargé d’aller à l’Occident de chercher un autre souverain pour les Principautés Unies Roumaines; comme ça il est arrivé à Karl Eitel Friedrich Zephyrinus Ludwig von Hohenzollern – Sigmaringen, qui, après le référendum du 8 – 10 Avril 1866, a été approuvé à devenir le souverain des Principautés Unies Roumaines, avec le nom Charles I, prince de Hohenzollern – Sigmaringen.

Alexandre Jean Cuza, né le 20 Mars 1820, au Husi, est décédé le 15 Mai 1873, à Heidelberg, à cause de l’excès du tabac et du café noir. En plus de ces vices, le souverain des Principautés Unies Roumaines a été un passionné joueur de cartes  et, aussi, un notoire coureur de jupons, les deux dernières vices en le conduisant à sa fin lamentable comme  politicien.

Hélène Cuza, née le 17 Juin 1825, à Jassy, avec le nom Rosetti, décédée le 2 Avril 1909, à Piatra Neamt, s’est mariée le 30 Avril 1844 avec Alexandre Jean Cuza. Son malheur a été qu’elle n’a pas pu faire des enfants, ce qui a été une raison importante de l’adoption de deux enfants nés de l’adultère de son mari avec Marie Obrenovitch. Elle a survécu à la mort d’Alexandre Jean Cuza et des deux fils adoptifs, Alexandru Jean A. J. Cuza,  décédé en 1889, en Espagne, et Dimitri A. J.  Cuza, suicidé en 1888, dans le palais à Ruginoasa.

Hélène Marie Obrenovic, brièvement appelée Marie Obrenovitch, née en 1835, à Jassy, avec le nom Catargiu, suicidée le 16 Juillet 1876, à Dresde, a été marié trois fois, mais jamais avec Alexandre Jean Cuza. Le deuxième mariage a été avec le prince Miloch Obrenovitch, le fruit de cette union en étant Milan Obrenovitch, né le 22 Août 1854, à Marasesti, qui est devenu le roi de la Serbie dans la période le 6 Mars 1882 – le 6 Mars 1889.

Marie Obrenovitch a incité son fils, Alexandre Jean A. J. Cuza, d’entrer en politique, de devenir le roi de la Roumanie. Celui – ci, soutenu par les pro-russes, ce qui explique pourquoi il a été appelé avec le diminutif russe Sacha pour Alexandre, a  financé le journal “La Vérité” (n.a. en roumain, “Adevarul”), comme un outil de propagande contre le roi Charles I.  Alexandre Jean A. J. Cuza, après le suicide de son frère, Dimitri A. J. Cuza, est devenu héritier unique de la fortune de la famille Cuza, y compris le Palais de Ruginoasa. Sacha Cuza a épousé Marie Mourousis, née le 14 Avril 1863, est décédée le 26 Octobre 1921, à Jassy. Après le mariage, les deux jeunes époux sont partis dans un voyage en Espagne. À Madrid s’est produit le décès d’Alexandre Jean A. J. Cuza, souffrant de tuberculose pulmonaire, entrée dans une forme galopante.

Ainsi, selon le testament fait par Sacha Cuza, avant du départ pour l’Espagne, le Palais de Ruginoasa est revenu à Marie Mourousis.

Comme une parenthèse, ce palais a été acheté de la Banque de Moldavie par  Alexandre Jean Cuza, le 25 Janvier 1862, avec 52.011 pièces d’or de 24 carats, émis pendant le règne de l’empereur Franz Josef. Cette banque a mis le palais à la vente, parce qu’il a été le gage pour un prêt de 60.000 de pièces d’or fait par Alexandre Stourdza, l’un des fils  de Jean Alexandre Stourdza, qui a été le souverain de la Moldavie dans la période le 21 Juillet 1822 – le 5 Mai 1828.

Dans le Palais  de Ruginoasa a eu lieu une idylle entre Marie Cuza, la belle – fille   d’Alexandre Jean Cuza, et Jean J. C. Bratianu, idylle qui a fait que ce palais soit aussi nommé le Palais de “Honteuse”.

Jean J. C. Bratianu, né le 20 Août 1864, à Florica, est décédé le 24 Novembre 1927, à Bucarest (n.a. premier ministre dans les périodes le 27 Décembre 1908 – le 4 Mars 1909, le 9 Janvier 1909 – le 10 Janvier 1911, le 16 Janvier, 1914 – le 9 Février 1918, le 14 Décembre 1918 – le 1 Octobre 1919, le 17 Janvier 1922 – le 30 Mars, 1926, le 23 Juin 1927 – le 24 Novembre 1927), a été le fils de Jean Constantin Bratianu (n.a. premier ministre dans les périodes le 24 Juillet 1876 – le 9 Avril 1881 et 9 Juin 1881 – 20 Mars 1888), celui qui a participé à l’abdication d’Alexandre Jean Cuza et à l’aport d’un souverain de l’Occident.

Marie Cuza, attirées par le physique agréable et l’intelligence de Jean J. C. Bratianu, un peu plus jeune, ingénieur stagiaire au chantier de chemins de fer à Jassy, a invité cette descendant de la famille Bratianu, au  Palais de Ruginoasa. Le 3 Février 1898, à la suite de cette relation, a été né George J. Bratianu. Pour pouvoir recevoir le nom de Brătianu le même jour, à l’église du Palais de Ruginoasa a été officié le mariage des deux parents biologiques du nouveau-né, mariage qui a été défait le même jour. Il a été ce que dans l’histoire est resté sous le nom de “le mariage – divorce de Ruginoasa”.

De cette façon, comme une  malédiction de l’adultère, Alexandre Jean Cuza est resté sans trône, les enfants de l’adultère ont été rapidement éteints, et le Palais de Ruginoasa est arrivé dans la possession des descendants de l’un de ses principaux ennemis politiques.

Pendant la période du communisme “dejisto – ceausiste” (n.a. des l’époques de George Gheorghiu – Dej et de Nicolas Ceausescu), comme une préoccupation de tous les régimes totalitaires, on a essayé de construire l’homme de type nouveau, dans ce cas, communiste, qui doit être bien endoctriné idéologiquement,  travailleur, honnête, avec une moralité saine. Mais, cette dernière vertu ne concorde pas à l’adultère. Par conséquent, la propagande communiste, qui a fait d’Alexandre Jean Cuza un souverain digne d’être pris pour exemple, n’a pas rappeler quoi que ce soit au sujet de son adultère avec Marie Obrenovitch.

Après Décembre 1989, lorsque le règne d’Alexandre Jean Cuza a commencé à être décousu de face et de dos par des historiens et de masse – média, son mythe est tombé. Cependant, le fait que le nom d’Alexandre Jean Cuza est si fortement lié à l’Union des Principautés lors des manifestations officielles, en particulier, de celles tenues en présence d’enfants ou de jeunes, il a été évité et encore il est  évité de parler de son adultère avec Marie Obrenovitch.

Mais, le mensonge par omission a ses répercussions, parce que juste les vices d’Alexandre Jean Cuza, y compris celui pour les femmes, l’ont porté à la perdition comme  politicien, et les enfants et les jeunes doivent connaître cette vérité, comme sur n’importe quel vice.

 

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Pages de l’histoire chuchotée des Roumains”,

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)