Pages de l’histoire chuchotée des Roumains (9)

Le Quadrilatère a été cédé sans combat par

le gouvernement Jean Victor Antonescu (1),

exactement comme avait procédé auparavant

le roi Charles II dans les cas

de Transylvanie du Nord,

de Bessarabie et

de Bucovine du Nord

 

L’arrivée au pouvoir sur une vague d’un grand mécontentement populaire contre la politique de l’ancien gouvernement et, parmi les premières mesures du nouveau gouvernement, il se soit exactement la continuation de la vieille politique, qui a généré  ce mécontentement, l’une des nombreuses facettes de l’hypocrisie de la politique en Roumanie, c’est exemplairement illustrée par le gouvernement de Jean Antonescu (1).

Le 26 Juin, un mois connu en Roumanie aussi sous le nom populaire de “ciresar” (n.a. cerisier) de l’année, 1940, il est venu la cerise sur la “coliva” (n.a. plat traditionel roumain, basé sur du blé bouilli, mélangé avec du sucre et de noix, garni avec de divers produit doux, divisé en petites portions, qui sont données aux gens pour le souvenir des morts lors des funérailles) de la Grande Roumanie, la note ultimative de la part de Joseph Staline, par laquelle a été exigé la “le retournement à tout prix” de la Bucovine du Nord, de la Bessarabie, y compris de la Région Herta, jusqu’au 30 Juin, c’est-à-dire une perte de 50.762 kilomètres carrés du territoire.

Comme, généralement, un malheur ne vient pas seul, le 30 Août, un mois connu en Roumanie aussi sous le nom populaire de “gustar” (n.a. goûteur), de la même année, par le Deuxième Arbitrage, nommé aussi en Roumanie le Dictat de Vienne, commandé par Adolf Hitler, on a perdu encore  la Transylvanie du Nord, c’est-à-dire 43.492 kilomètres carrés, l’événement pas du tout sur le goût des Roumains,

La céssion sans combat de la Bucovine du Nord, de la Bessarabie, y compris de la Région Herta, a été faite pendant le gouvernement George Tatarascu (6), qui a gouverné pendant la période le 11 mai – le 3 Juillet 1940 et de la Transylvanie du Nord pendant le gouvernement Jean Giugurtu, qui a gouverné pendant la période le 4 Juillet – le 4 Septembre 1940.

Ces pertes territoriales ont conduit à d’amples manifestations de rue, confisquées par le Mouvement Légionnaire, qui, par leur chef, Horia Sima, a imposé au roi Charles II de nommer Jean Antonescu comme président du Conseil des Ministres. Le roi a accepté à la condition de former un gouvernement de coalition nationale. Les partis historiques n’ont pas voulu de rester à côté du Mouvement Légionnaire, ainsi que, le 4 Septembre 1940, Jean Antonescu a formé un gouvernement composé en majorité de membres de l’ancien gouvernement Jean Giugurtu: le général David Popescu, à l’Internes, Michel Manoilescu, à l’Éxternes, George N. Leon, à l’Économie Nationale, Jean. V. Gruia, à la Justice, Dumitru Caracostea, à l’Éducation Nationale, Jean Nichifor Crainic (n.a. né Jean Dobre), à la Propagande Nationale, Basil Gomoiu, à la Santé et la Protection Sociale, et le légionnaire Rodolphe Budisteanu, aux Cultes et des Arts; à la Défense Nationale est apparu un nouveau nom … Jean Antonescu.

Dans la période le  3 – le 6 Septembre 1940 a eu lieu la soi – disant “révolution légionnaire”, qui a conduit à l’abdication du roi Charles II, le 6 Septembre 1940.

Le même jour, Jean Antonescu a déclaré  serment en tant que membre du Mouvement Légionnaire. Horia Sima, confirmé  commandant du Mouvement Légionnaire, a créé la Police Légionnaire, d’après le modèle des Bataillons d’Assaut de l’Allemagne (n.a. “Sturmabteilung”, avec l’accronime S.A.), aussi connu comme les Chemises Brunes, avec le principal objectif de liquider les opposants politiques.

Le 7 Septembre, même si l’ambassadeur Alexandre Cretianu, chef de la délégation roumaine, s’est opposé, Jean Antonescu a incité Henri Meitani, membre de la délégation, à signer un accord – je cite de “Les lettres d’un dniestro-tiszien” (n.a. Édition Gunivas, Chisinau, 2013 ) – “par lequel la Roumanie a cédé le Quadrilatère, avec une superficie de 7.726 kilomètres carrés. Quelques jours plus tard, le 13 septembre, tu a ratifié ce traité dans les termes suivants: «Nous, le général Jean Antonescu, le Conducteur  de l’État Roumain et  président du Conseil des Ministres, en voyant et en étudiant le Traité entre la Roumanie et la Bulgarie, signé à Craiova, le 7 septembre 1940 (…) nous sommes d’accord avec le Traité, les Accords  et les lettres qui les précèdent, les approuvons, les renforçons et promettons de les rendre achevées dans leurs forme et contenu, sans les laisser à être violées en aucune manière. Avec la croyance en eux j‘ai signé le présent acte de ratification et j’ai ordonné qu’il soit investi avec le sceau de l’État Roumain. Tenu à Bucarest, le 13 Septembre 1940.»”

Voici que le gouvernement général Jean Antonescu (1) a fait au goût de Hitler et a cédé lui aussi une partie du territoire de la Grande Roumanie, dans ce cas, le Quadrilatère, c’est-à-dire, exactement ce qu’ont fait les gouvernements précédents George Tatarescu (6) et Jean Giugurtu. Mais, cette fois, il n’y a pas eu des manifestations de mécontentement de la population, parce que la Police Légionnaires a eu la précaution d’étouffer dans l’œuf toute initiative à cet égard.

Comme une parenthèse, il faut que je cite une mention, que je l’ai fait dans “Les lettres d’un dniestro-tiszien”: “Hitler n’a pas eu au cœur la Roumanie, victorieuse dans la Première Guerre Mondiale, quand elle a annexé de territoires  (…) en devenant la Grande Roumanie, tandis que l’Allemagne a été humiliée, en se convertissant de l’Empire Allemand (n.a. «Deutsches Kaiserreich») dans la République de Weimar (n.a. «Weimarer Republik»), en perdant, aussi, toutes les colonies en Afrique (n.a. Togo, Cameroun, l’Afrique de Sud-Ouest, la présente Namibie, l’Afrique Orientale Allemande, les actuelles Burundi et Rwanda), et de nombreux territoires en Europe (n.a. Alsace et Lorraine vers la France, les zones des villes Eupen et Malmedy vers la Belgique, le Schleswig du Nord, vers la Danemark, la Poméranie Occidentale, la province de Posen, la Silésie de l’Est et la Zone Soldau de la Prusse Orientale, vers la Pologne, la Zone Hulczyn de la Haute Silésie, vers la Tchécoslovaquie).”

Comme un autre parenthèse, il faut que je cite une déclaration que je l’ai fait dans “Les lettres d’un dniestro-tiszien”: “Hitler a considéré l’Allemagne comme une sœur de souffrance de la Hongrie, et elle grande perdante dans la Première Guerre Mondiale.”

Ainsi, Adolf Hitler a retourné à la Hongrie 11.927 kilomètres carrés, pris de Tchécoslovaquie (n.a. le Premier Arbitrage de Vienna, le 2 Novembre 1938, des zones de la Slovaquie de Sud et de la Ruthénie Carpatienne de Sud-Ouest), 43.492 kilomètres carrés, pris de la Roumanie (n.a. le Deuxième Arbitrage de Vienne, le 30 Août 1940, la Transylvanie du Nord), 10.123 kilomètres carrés, pris de l’Yougoslavie (n.a. l’Armistice de Belgrade, le 17 Avril 1941, Backa et Baranja).

Le fait que Jean Antonescu a posé lui aussi une cerise sur la “coliva” de la Grande Roumanie, a céssé sans combat une partie de la Grande Roumanie, n’a pas été mentionné dans la Roumanie “dejisto – ceausiste”, pour ne pas déranger l’amitié communiste entre la Roumanie et la Bulgarie et, surtout, afin de ne pas fâcher l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes, qui a englobé dans ses frontières la Bucovine du Nord et la Bessarabie, y compris la Région Herta.

En outre, le même fait est passé comme inaperçu par les très nombreux et influents nostalgiques du Mouvement Légionnaire, de sorte que dans la Roumanie post-révolutionnaire, ce sujet est contourné dans tous les événements auxquels j’ai assisté ou sur lesquels j’ai lu, consacrés à la Grande Roumanie.

 

Doru Ciucescu

 

Le texte fait parti du volume en cours de traduction

“Pages de l’histoire chuchotée des Roumains”,

(La traduction du roumain et l’adaptation sont réalisées par l’auteur lui-même)